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Accueil pédagogique

De la ferme-auberge à la ferme pédagogique

Eléonore Verdet s'est installé il y a 20 ans comme éleveuse de volailles. Pour compléter son activité, elle fait aussi de l'accueil pédagogique au sein du réseau du Chemin des fermes dont elle est la présidente.
De la ferme-auberge à la ferme pédagogique

Elle n'est pas du monde agricole, mais elle est de ce territoire du Nord-Isère, en bordure du Rhône. De Saint-Romain de Jalionas où elle a vécu ses premières années, elle est venue s'établir à Annoisins-Chatelans où elle a fait évoluer la cabane de ses grands-parents en exploitation agricole. « L'idée a germé après une discussion avec un de mes professeurs lorsque j'étais étudiante en BTS « Gestion et marketing hôtelier » au sujet des fermes auberges. Sensible au « bien manger », j'ai tout de suite pensé que si j'ouvrais un restaurant, ça ne serait que sous cette forme. Sauf que pour ouvrir une ferme-auberge, il fallait avoir une ferme... », raconte Eléonore Verdet, agricultrice au sein de la Ferme du Val d'Amby.
C'est donc par là qu'elle a commencé. Bien aidée par son père, elle a créé un atelier d'élevages de volailles plein air et s'est installée sur les terres familiales. C'était au début des années 2000.

300 volailles par an

Le projet d'Eléonore Verdet était précis. Elle voulait être présente d'un bout à l'autre de la chaîne, élever ses volailles, les nourrir avec les céréales qu'elle produisait, les abattre dans l'enceinte de l'exploitation et les commercialiser en circuits courts. C'est ce qu'elle s'est employée à faire. Jusqu'à l'année dernière, jusqu'au moment où son père pouvait encore lui prêter sérieusement main forte, la jeune femme cultivait grâce à ses 46 hectares de SAU ses propres céréales en agriculture biologique (des pois et du triticale pour ses bêtes et des légumineuses fourragères pour des éleveurs de chevaux du secteur) et abattait 30 volailles chaque semaine. Aujourd'hui, elle continue à l'identique la culture des céréales mais a réduit l'atelier d'élevage à 300 volailles par an, une production qu'elle n'a aucune difficulté à écouler en direct.

Du temps pour créer des ateliers

Depuis 2007, Eléonore Verdet dédie aussi une partie de son temps à l'accueil pédagogique. Si c'est un peu par hasard qu'elle s'est rendue à une réunion d'information sur le réseau du Chemin des fermes organisée par la chambre d'agriculture, elle a vite été convaincue. « J'avais déjà été contactée par des écoles pour faire visiter mon exploitation et j'ai considéré que mes volailles, mes poussins, le cadre privilégié de la ferme, étaient très adaptés. Comme cela ne nécessitait pas d'importants investissements financiers mais surtout du temps pour créer des ateliers correspondants à différentes tranches d'âges, aménager l'espace et sécuriser les lieux, je me suis lancée. J'ai eu la chance d'être guidée par des amis enseignants qui grâce à leur regard m'ont aidé à orienter mon accueil », explique la jeune femme. Depuis, l'agricultrice ouvre chaque année en mai et juin les portes de la Ferme du Val d'Amby aux scolaires pour leur présenter son travail. A l'aide de ses animaux et de différents ateliers et supports, en adaptant son discours à l'âge des enfants qu'elle reçoit, elle leur parle des cultures, du soin des bêtes, de l'agriculture biologique, d'environnement.
Si le travail d'Eléonore Verdet est scindé en trois activités, son chiffre d'affaires de 40 000 euros l'est aussi. Un tiers provient des cultures, un autre des volailles et le dernier est issu de l'accueil.

Isabelle Brenguier
Ouverture /
Le réseau du Chemin des fermes a tenu son assemblée générale fin janvier. 

Un réseau d'accueil pédagogique

L'envie de transmettre, c'est certainement ce qui caractérise l'ensemble des adhérents au réseau isérois de fermes pédagogiques « Le chemin des fermes ». « Nous sommes tous passionnés par notre métier. Nous avons en commun cet amour de l'agriculture, mais aussi de la nature et il nous tient à cœur de le transmettre, en particulier aux enfants, notre public de prédilection », explique Eléonore Verdet, agricultrice au sein de la Ferme du Val d'Amby, à Annoisin-Chatelans, et présidente de l'association, à l'occasion de l'assemblée générale qui s'est tenue le 28 janvier à La Tour-du-Pin.
5 618 visiteurs
C'est donc avec plaisir que les adhérents du réseau ont quitté leur exploitation le temps d'une journée pour se retrouver, échanger sur leur quotidien et travailler sur leur réseau, composé aujourd'hui de 13 exploitations réparties dans les territoires du Nord-Isère, du Sud-Grésivaudan et de Bièvre-Vienne. Le point sur la fréquentation des fermes a révélé qu'au cours de l'année 2019, 5 618 visiteurs dont 4 917 enfants, avaient pris le Chemin des fermes, permettant un chiffre d'affaires de 34 701 euros. « Nos structures sont aménagées pour recevoir des enfants dans une perspective pédagogique. Nous avons tous des élevages d'animaux, mais ils sont variés, de l'autruche à l'escargot, en passant par les vaches et la volaille. Nous mettons en avant que nos fermes sont de vraies exploitations agricoles qui cotisent à la MSA. Nous n'avons pas trois poules dans le jardin », précise l'agricultrice.
La rencontre fut aussi l'occasion de revenir sur l'année écoulée. Comme les adhérents du réseau s'étaient beaucoup investis en 2018 pour réhabiliter le site Internet de l'association, 2019 fut moins intense. Néanmoins, cinq agriculteurs ont suivi la formation « Sauveteur Secouriste du Travail ». Les perspectives du réseau furent aussi abordées. Comme l'envie d'intégrer dans leur fonctionnement l'approche coopérative. « Grâce à l'intervention de Valérie Lecurieux, de l'association « Envie Enjeux », les adhérents ont été initiés aux jeux coopératifs. Ils ont réfléchi à la manière d'intégrer ces outils dans le cadre des visites de ferme », ajoute Céline Legeay, de la chambre d'agriculture de l'Isère, en charge de l'animation du réseau. Ou comme le souhait de mettre l'accent sur le « zéro déchet ». « Cette année, nous voulons insister sur cette thématique, faire en sorte que les enfants viennent avec des pique-niques qui aient moins d'emballages », précise Eléonore Verdet.
IB