De la persévérance et des animaux bien préparés
« Ce n'est pas normal qu'en faisant le plus beau métier du monde, certains se donnent la mort. Les ventes de bovins viande sont en dessous des coûts de production. Pourtant, notre système d'élevage est incomparable aux systèmes outre-Atlantique », déclarait Raphaël Loveno, président du syndical des éleveurs charolais de l'Isère, en ouvrant leur assemblée générale. Ces passionnés de belles bêtes s'étaient réunis mi-mars à Saint-Savin pour discuter activités, mais aussi génétique et état sanitaire du troupeau.
L'année a été marquée par plusieurs temps forts. Les éleveurs de charolais sont traditionnellement présents à la foire de Beaucroissant de printemps, sous leur chapiteau de restauration, où sont servis plus d'un millier de repas. En septembre, ils sont encore plus nombreux, réunis autour du concours inter-départemental Charolais Sud-Est. Sur les 138 animaux présentés sur le ring lors de la dernière édition, 48 étaient Isérois, soit 11 élevages. « De nombreux premiers prix et prix d'honneur ont été remportés par les éleveurs du département, souligne Raphaël Loveno. Avec du travail, notamment sur la génétique, de la persévérance et des animaux bien préparés, on peut se confronter aux éleveurs des autres départements et monter sur le podium. » La prestation a été d'autant mieux réussie que les années où elle est précédée d'un concours départemental en Isère, la qualité de la présentation des animaux est accrue.
Au mois de septembre prochain, charolais Sud-Est envisage l'acquisition de stalles pour accueillir les animaux du concours de Beaucroissant. Habituellement louées au sommet de l'élevage, elles représentent en effet un coût élevé en raison des frais liés au transport. Claude Rey a aussi présenté de nouvelles pistes pour la restauration, où il est question de créer un stand de vente de burgers de charolais. Cette restauration rapide permettrait de répondre à une demande de la clientèle tout en générant des marges acceptables.
Lafayette
Les éleveurs charolais sont aussi revenus sur le concours départemental de Biol, où sept d'entre eux ont présenté 42 bovins. Le prochain concours départemental aura lieu en 2017 à Pressins, a confirmé David Rivière, qui a accepté la présidence de l'association des éleveurs de l'Isère, succédant ainsi à Jean-Michel Noël-Baron. « La seule dérogation porte sur la date, fixée au premier week-end de septembre. Pour Beaucroissant, cela suppose un montage et un démontage dans la foulée. En revanche, il n'y aura pas besoin de faire de nouvelles prises de sang », a expliqué David Rivière. Enfin, les années sans concours départemental, il est envisagé d'organiser une journée autour de l'élevage. Portes ouvertes dans une exploitation, avec ou sans le syndicat limousin : la réflexion est en cours.
Stéphane Billoux, du Herd book charolais, a fait part aux Isérois des nombreux mouvements qui traversent l'organisation du système d'évaluation génétique et du contrôle de performance des races. Le système français, qui repose sur un organisme de sélection (OS) regroupant l'ensemble des acteurs (herd book, unité de production et de sélection etc.) sera ouvert à la concurrence en 2019. Tous les partenaires ont manifesté leur désir de continuer à travailler ensemble en race charolaise.
D'autre part, depuis le 22 mars, les deux entreprises de sélection Midatest et Ucear se sont regroupées sous la dénomination Auriva-Elevage. La nouvelle union couvre le sud de la France (32 départements) et regroupe dix coopératives.
Les éleveurs ont poursuivi leur assemblée générale chez Raphaël Loveno, à Saint-Savin, où ils ont retrouvé le taureau Lafayette acheté par le syndicat à la vente aux enchère de Charolles, en septembre 2015. Le naisseur n'est autre que l'élevage Cadoux, dans l'Yonne, où était organisée la journée des adhérents l'été dernier. Pas moins de 2 000 doses ont déjà été prélevées sur Lafayette.
Isabelle Doucet