Horticulture
De nouvelles mesures pour contrer la concurrence étrangère
Comme chaque année, l'union des producteurs horticoles de l'Isère a organisé sa traditionnelle assemblée générale, mi-janvier. L'occasion pour les membres de faire part de leurs difficultés, notamment celle de faire face à la concurrence étrangère.
Avec 117 entreprises, l'Isère se positionne comme le premier département de Rhône-Alpes dans le secteur de l'horticulture et de la pépinière. Des chiffres, issus d'une enquête réalisée en 2007 par AND - filière Verte conseil de Viniflhor*. Aujourd'hui, ces producteurs doivent faire de plus en plus face à la concurrence étrangère, et aux nouvelles exigences environnementales. C'est donc principalement pour cette raison que le président de l'Union des producteurs horticoles de l'Isère (UPHI), Dominique Bonnardon, a souhaité, en préambule de la traditionnelle assemblée générale de la structure, « que l'activité horticole se maintienne dans le département en 2011 ».
Favoriser les producteurs locaux
Cette assemblée générale a été l'occasion de revenir sur la charte pour la promotion des produits horticoles rhônalpins, signée en octobre dernier. Elaborée avec les services de l'Etat (Draaf, DGCCRF, le préfet de région), la Chambre d'agriculture régionale, la fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FNPHP), ainsi que l'union régionale horticole, elle affiche clairement son objectif : permettre aux collectivités locales et territoriales de mieux prendre en compte l'offre régionale des produits horticoles. « Nous voulons valoriser l'aspect local de nos productions. Grâce à cette charte, il est possible d'introduire de nouveaux critères, telle que la proximité géographique, dans les offres de marchés publics », explique François Félix, rosiériste et trésorier de l'UPHI. Un point important, « car, si nous sommes capables de faire du lobbying auprès des collectivités locales pour les convaincre de changer leurs cahiers des charges, alors nous serons capables de reprendre des parts de marchés aux concurrents étrangers », insiste-t-il. L'idée a ainsi été évoquée de proposer un modèle d'appel d'offres, conforme aux exigences de la charte. Certaines voix de l'assemblée se sont tout de même élevées, préconisant de « faire attention à ne pas trop s'enfermer sur le seul secteur géographique régional. Il ne faudrait pas que les Rhône-Alpins ne puissent plus vendre en région parisienne ».
Dans le même ordre d'idées - faire face à la concurrence - Etienne Goubersville, animateur régional de la FNPHP, a présenté les différentes étapes de la future certification horticole, pilotée par l'interprofession de la filière de l'horticulture d'ornement, Val'hor. Le but est de s'inscrire dans le cadre global de la certification environnementale des exploitations agricoles, mise en place par le Grenelle de l'environnement. « L'objectif est de faire contrepoids à l'éco-label international MPS, imposé par certains distributeurs. Nous aimerions pouvoir nous substituer à ça, car ce système livre aux mains des concurrents étrangers nos méthodes de travail », lâche François Félix. Cette nouvelle certification est en cours d'élaboration, et selon Etienne Goubersville, elle devrait être officiellement lancée en septembre 2011.
Où sont passées les fleurs ?
Les questions environnementales ont continué à faire partie du débat, lors de l'intervention d'Emmanuel Valentin, membre de l'UPHI, sur la campagne de fleurissement 2010. Un constat : « L'aspect végétal est de moins en moins pris en compte, par rapport à l'aspect environnemental. Il y a de moins en moins de fleurs dans les villes. Au niveau régional, le jury est parfois composé d'élus, seuls, et il n'y a plus de professionnels », note-t-il, concédant tout de même qu'en Isère, « le jury reste encore assez cohérent, il y a un équilibre au niveau de la représentativité de nos professions ». Une réunion doit d'ailleurs être organisée, avec entre autres, Christian Pichoud, président du comité départemental du tourisme de l'Isère, pour évoquer ces problèmes.
Lucile Ageron
* Viniflhor : office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture.
Favoriser les producteurs locaux
Cette assemblée générale a été l'occasion de revenir sur la charte pour la promotion des produits horticoles rhônalpins, signée en octobre dernier. Elaborée avec les services de l'Etat (Draaf, DGCCRF, le préfet de région), la Chambre d'agriculture régionale, la fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FNPHP), ainsi que l'union régionale horticole, elle affiche clairement son objectif : permettre aux collectivités locales et territoriales de mieux prendre en compte l'offre régionale des produits horticoles. « Nous voulons valoriser l'aspect local de nos productions. Grâce à cette charte, il est possible d'introduire de nouveaux critères, telle que la proximité géographique, dans les offres de marchés publics », explique François Félix, rosiériste et trésorier de l'UPHI. Un point important, « car, si nous sommes capables de faire du lobbying auprès des collectivités locales pour les convaincre de changer leurs cahiers des charges, alors nous serons capables de reprendre des parts de marchés aux concurrents étrangers », insiste-t-il. L'idée a ainsi été évoquée de proposer un modèle d'appel d'offres, conforme aux exigences de la charte. Certaines voix de l'assemblée se sont tout de même élevées, préconisant de « faire attention à ne pas trop s'enfermer sur le seul secteur géographique régional. Il ne faudrait pas que les Rhône-Alpins ne puissent plus vendre en région parisienne ».
Dans le même ordre d'idées - faire face à la concurrence - Etienne Goubersville, animateur régional de la FNPHP, a présenté les différentes étapes de la future certification horticole, pilotée par l'interprofession de la filière de l'horticulture d'ornement, Val'hor. Le but est de s'inscrire dans le cadre global de la certification environnementale des exploitations agricoles, mise en place par le Grenelle de l'environnement. « L'objectif est de faire contrepoids à l'éco-label international MPS, imposé par certains distributeurs. Nous aimerions pouvoir nous substituer à ça, car ce système livre aux mains des concurrents étrangers nos méthodes de travail », lâche François Félix. Cette nouvelle certification est en cours d'élaboration, et selon Etienne Goubersville, elle devrait être officiellement lancée en septembre 2011.
Où sont passées les fleurs ?
Les questions environnementales ont continué à faire partie du débat, lors de l'intervention d'Emmanuel Valentin, membre de l'UPHI, sur la campagne de fleurissement 2010. Un constat : « L'aspect végétal est de moins en moins pris en compte, par rapport à l'aspect environnemental. Il y a de moins en moins de fleurs dans les villes. Au niveau régional, le jury est parfois composé d'élus, seuls, et il n'y a plus de professionnels », note-t-il, concédant tout de même qu'en Isère, « le jury reste encore assez cohérent, il y a un équilibre au niveau de la représentativité de nos professions ». Une réunion doit d'ailleurs être organisée, avec entre autres, Christian Pichoud, président du comité départemental du tourisme de l'Isère, pour évoquer ces problèmes.
* Viniflhor : office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture.