De nouvelles stratégies d'alpages
La besnoitiose se transmet entre bovins par le taon, en particulier par les mélanges de cheptel. « En alpages, on est en plein dedans », explique Céline Barrère, chargée de mission à la FAI durant l'assemblée générale à Bourg d'Oisans le 4 avril dernier. Cette maladie, à l'origine de problèmes de reproduction et d'immunodépression engage des pertes financières lourdes. En quatre à cinq ans, elle peut toucher la majeure partie du troupeau. Le GDS de l'Isère a mis en place depuis l'année dernière un kit alpage pour permettre aux éleveurs de vérifier à la montée la besnoitiose et la BVD et à la descente la besnoitiose et la brucellose.
Outre l'aspect sanitaire, la gestion de l'alpage est aussi un moyen de lutte. Plusieurs stratégies sont alors possibles. Certains alpages peuvent être divisés en deux, d'un côté les bovins positifs, de l'autre les négatifs. L'alpage du Sénépi va tester cette séparation durant cet été. « C'est la première fois que l'on teste cette technique. Selon des études menées, l'espacement entre bovins suffit à limiter le risque de transmission », explique Aurore Totsi, du GDS de l'Isère. Une autre stratégie est de laisser les négatifs à l'exploitation et de ne monter que les positifs. La dernière stratégie serait une gestion concertée de plusieurs alpages pour constituer un alpage de bovins négatifs et un autre pour les positifs. « Adopter une de ses solutions engage des coûts d'analyse qu'il n'y a pas si on ne fait rien. Mais il y a un risque fort de propagation de la maladie », précise Céline Barrère. « Il faut réfléchir sa stratégie pour prendre en compte les surcoûts. C'est le choix de chaque groupement pastoral », ajoute Denis Rebreyend, président de la FAI.
Signaler les alpages
La commission tourisme patrimoine est revenue sur le festival du pastoralisme mais pas que. Cette année, elle prend en charge l'installation d'une signalétique en alpages. « Les alpages ne sont pas très connus. Il faut mieux signaler le pastoralisme », explique Céline Barrère. Chaque groupe pastoral pourra sélectionner les pictogrammes qui l'intéresse. « Les panneaux seront livrés en juin pour le lancement de l'opération cette année » précise l'animatrice. Tous les alpages ne seront peut-être pas équipés avant l'été mais une partie de la signalétique sera installée. Les alpages seront également visibles sur l'application « jour de chasse Isère » en lien avec les fédérations de chasse. « Il faut aussi utiliser ces moyens modernes pour montrer qu'on est là », confirme Bruno Caraguel, directeur de la FAI.
245 attaques indemnisées
Dernier sujet à l'ordre du jour : la prédation. Avec 245 attaques indemnisées dans le département et 700 victimes recensées, « le nombre de victimes stagnent mais le nombre d'attaques augmentent », commente Julien Vilmant, chargé de mission à la FAI. En Isère, 14 meutes de loups sont confirmées et 4 seraient interdépartementales. « Le futur plan loup va stabiliser la population à 500 loups. Plusieurs mesures ont été décidées dont la hausse du nombre de loups pouvant être détruits de 10% à 17% », rappelle Jérôme Patrouiller, responsable de la cellule pastoralisme et prédation à la direction départementale des territoires (DDT). « On ne sait pas de quoi sera fait la saison 2019, explique Clémentine Bligny, directrice du service environnement à la DDT. L'évolution du protocole est en cours de réflexion et sera publié en juin. Des arrêtés existent déjà et il faut s'assurer de leur mise en œuvre, c'est la première étape » Pour certains éleveurs, la situation n'est pas tenable. « Depuis plusieurs années, le loup coûte entre 300 et 400 millions d'euros et seulement 10% revient au monde l'élevage, c'est une honte ! » D'autres éleveurs ont témoigné de la difficulté de la mise en place de moyens de protection. « Je pense abandonner l'utilisation des chiens de troupeaux, c'est trop de problèmes », témoigne un éleveur. Sans oublier que certaines notions restent encore floues... « La zone non protégeable est dans le plan loup mais il n'y a pas encore de définition réglementaire », confirme Clémentine Bligny. A la veille de la montée en alpages cela devient urgent.