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Comices

Découverte de produits locaux

La fête du bourras le 15 août a permis aux éleveurs locaux d'organiser un comice et à la marque Is(he)re d'aller à la rencontre des producteurs et des consommateurs.
Découverte de produits locaux

Les petits essayaient d'attraper les morceaux de pain. Les grands eux se délectaient du murçon ou des morceaux de fromages. Le stand de la marque Is(h)ere qui trônait au sein de la fête du bourras, à Mens, toute la journée du 15 août, a participé au succès de cet événement comme les nombreuses autres animations. Certains visiteurs avaient déjà entendu parler de la marque, mais les plus nombreux la découvraient. « C'est normal, elle est toute récente », expliquait patiemment Thomas Huver, un des quatre animateurs du stand qui se sont succédés tout au long de la journée.

Des abricots isérois ?

Bien placé sur le chemin entre les stands locaux, la buvette et le ring des animaux - l'attraction principale du jour - le stand aux couleurs de la marque attirait l'œil et retenait l'attention. Il faut dire qu'une fois les premières timidités passées, les consommateurs goûtaient et questionnaient. Car la remarquable qualité des produits suscitaient les questions. De la caillette et du murçon fabriqués par le boucher de Mens, aux cerneaux de noix de l'Isère, en passant par les fromages et les yaourts de la fromagerie des Alpes, les interrogations et les découvertes étaient nombreuses. « Les abricots sont isérois ? », se demandait plus d'un étonné. « Bien sûr, du Gaec du Val qui rit, à Saint-Prim, près de Roussillon », répondait inlassablement Thierry Blanchet, producteur isérois venu tenir le stand quelques heures. « Les piliers essentiels de la marque tournent autour de l'origine iséroise, de la sélection par un comité d'agrément et d'une juste rémunération des producteurs », ont rappelé à tout un chacun les différents animateurs. Et les consommateurs sont repartis convaincus et heureux de cette initiative départementale répondant à leurs attentes.

Le Trièves dynamique

Le comice voisin du stand permettait de démontrer toute la diversité de productions locales. « Nous avons de tout dans notre petite région », s'enthousiasme Fabien Carton, éleveur et président du comice. « Président parce que l'on m'y a mis, mais ce genre de manifestation n'aurait pas lieu s'il n'y avait pas un groupe », précise-t-il. Un groupe soudé malgré la diversité des productions : bovins laitiers et allaitants, porcins, ovins, caprins, équin... « En plus des cultures que l'on peut faire localement », continue le jeune président de 35 ans. Le secret ? Un certain renouvellement et un noyau de quelques personnes qui s'entendent bien et font des sorties ensemble. « Ce comice avait connu ses heures de gloire, puis s'était assoupi quelques années, avant de renaître mais avec une périodicité de deux ans, c'est bien suffisant. C'est un événement qui nous permet de nous retrouver et de passer des moments ensemble, car dans nos métiers, nous nous croisons mais ne prenons plus le temps d'échanger. Là, pendant une journée, nous passons de bons moments. » Mais l'événement permet aussi aux agriculteurs d'expliquer leur métier et de répondre aux questions des badauds, voisins ou non, qui viennent passer quelques heures. « Les gens ne se rendent plus compte de ce qu'est notre activité au quotidien », constate l'éleveur.
Et de la cohésion, il en faut car les prochaines années vont être fatidiques en termes de changement de génération dans ce secteur de montagne. « Il va y avoir des départs à la retraite, confirme Marc Blais, responsable professionnel local. L'état d'esprit oscille entre espoirs pour certains parce que le lait devra bouger, les éleveurs seront obligés de faire des choix mais avec des perspectives positives, tandis que d'autres sont résignés. Ceux-là m'inquiètent car ils vivent une forme de renoncement qui n'est pas très bonne ».

Fabien Carton confirme le virage délicat que les productions devront négocier. « En lait, les exploitations sont à leur taille maximum. Il y a eu des agrandissements par le passé, mais aujourd'hui, on ne pourra pas faire plus. Chacun se pose des questions sur la transmission de l'exploitation. Faire entrer un nouvel associé dans un schéma plutôt familial est difficile. La solution du salariat est envisagée par l'entremise des Cuma qui peuvent désormais avoir un salarié qui ne travaille pas exclusivement pour elle dans le cadre de son contrat. Des réflexions sont en cours en ce sens dans deux Cuma du Trièves ».

 

Jean-Marc Emprin