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Transition énergétique

Dépasser les expériences isolées

La transition énergétique ne doit plus faire l'objet d'initiatives orphelines. Elle doit se développer massivement, grâce à des financements et des moyens dédiés.
Dépasser les expériences isolées

Les initiatives de transition énergétique existent. Un peu partout, des exemples émergent. Mais il arrive un temps où il faut changer de dimension et dépasser l'étape des expériences isolées pour les multiplier en masse. C'est le propos qu'a tenu Stéphane Baly, conseiller municipal de Lille, délégué aux énergies, à l'occasion du colloque « L'innovation énergétique au cœur des territoires », organisé par GEG (Gaz électricité de Grenoble), le 7 juillet à Grenoble.

Valoriser les économies d'énergie

Cette intention de développement pose la question du financement et des moyens dont on se dote pour y parvenir. Selon Stéphane Baly, « Cela fait - trop - longtemps que l'on parle d'objectifs. Maintenant, il faut que l'on s'intéresse aux moyens de les atteindre. Dans les collectivités, il faut que nous nous donnions une trajectoire par mandature et un rythme de modernisation pour passer à l'action. Nous avons des obligations de répondre au dérèglement climatique ». Mais l'élu estime parallèlement qu' « il ne peut y avoir d'obligations sans moyens, sans mécanismes de fonctionnement ». Pour autant, même s'il pense que l'Etat ne pourra pas être absent de la transition énergétique et qu'il devra respecter ses engagements, notamment financiers, il ne veut pas se restreindre aux subventions.

Convaincu que la transition énergétique est source d'économies, il propose leur réaffectation pour la financer. Il cite comme exemple le plan lumière de Lille. Depuis 2004, la ville consacre 210 euros par point lumineux par an. Auparavant, un tiers était dédié au fonctionnement, un tiers à la maintenance et un tiers aux investissements. Mais aujourd'hui, 55 % du budget est consacré à l'investissement, 25 % à la maintenance et 20 % au fonctionnement. « Le budget n'a pas changé mais la qualité du service a augmenté », estime-t-il.

L'opération n'est pas si facile à réaliser. « L'investissement permet des économies de fonctionnement, mais il faut s'affranchir de difficultés d'écriture dans les comptabilités des collectivités ». Un fonds d'investissement interne dédié à l'investissement énergétique, créé pour être utilisé par les différentes sources de la collectivité et alimenté par les économies réalisées, est en cours de constitution, mais il se heurte au même problème. Il ne rentre pas dans les comptes administratifs de la collectivité. Pour l'élu, « il faut sortir l'investissement de la transition énergétique de la dette, car il n'y a pas la même utilité sociale à investir dans un rond-point que dans une école ». Il estime aussi qu'il faut davantage valoriser les économies d'énergie. « Certaines collectivités consacrent plus de 10 % de leur budget à leur facture énergétique. Les économies réalisées leur permettrait de garantir leur solvabilité », explique ainsi Stéphane Baly.

IB