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Députés, tranchez !

Les syndicats agricoles étaient mobilisés pour la venue des eurodéputés.
Députés, tranchez !

Les éleveurs ont profité de la venue des eurodéputés dans le Vercors pour s'exprimer et faire valoir quelques modifications du plan loup 2018-2023. « Aujourd'hui, les aides sont gérées par la commission agricole. On a l'impression de piquer des sous aux collègues céréaliers. On voudrait que les aides du plan loup soient prises sur l'enveloppe environnementale », explique Baptiste Blanc, représentant des jeunes agriculteurs. « C'est vous qui pouvez trancher sur le dossier de la gestion du loup et la modification de la directive habitat », lance aux parlementaires Jérôme Crozat, président de la FDSEA de l'Isère. Du côté des associations pro-loups, en revanche, on a boycotté la visite. « Le programme consacrait 45 minutes à France nature environnement, l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et Ferus contre une journée et demie avec les éleveurs. Si c'est juste pour dire qu'ils auront vu tout le monde, ce n'est pas la peine », explique Jean-David Abel, vice-président de France nature environnement.

Les pro-loups absents

Cela ne signifie pas que le débat est clos. « On ne minimise pas la contrainte réelle pour les éleveurs et on accepte qu'il est permis de tuer des loups. Mais il ne faut pas oublier les moyens de protection à mettre en place avant de favoriser le tir », ajoute-t-il. « On peut mettre plus de chiens, de clôtures et de bergers mais les attaques sont toujours là. On est venu à bout des moyens de protection », répond Baptiste Blanc. Pour Madline Reynaud, directrice de l'Aspas, il faudrait privilégier les tirs d'effarouchement et non pas ceux mortels : « Si le loup est mort, il ne peut pas passer le message à sa meute. Sans mesure de protection, les loups reviendront toujours ». Selon Jérémy Jallat, secrétaire des Jeunes agriculteurs de l'Isère, il faudrait plutôt que le nombre de tirs soit basé sur le nombre d'attaques et non pas le nombre de loups. Pour Jérôme Crozat, la solution serait de confiner le loup dans différents endroits mais selon les environnementalistes, le loup est là de façon structurelle et non pas ponctuelle.

VM