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Patrimoine

Des bornes à recenser... et à sauvegarder

La fédération des associations patrimoniales de l'Isère organise avec le conseil général de l'Isère un inventaire des bornes implantées dans le département. L'opération se poursuit jusqu'en mai prochain.
Des bornes à recenser... et à sauvegarder

Elles ne font pas seulement partie du paysage. Elles font aussi partie intégrante de notre patrimoine. Anciennes, secrètes, ces bornes, qui marquent notre territoire, sont aussi des témoins de notre histoire. Car, elles en disent beaucoup sur la vie des gens à travers les époques. Pour mieux connaître ce patrimoine, le valoriser auprès du grand public et contribuer à sa sauvegarde, la Fapi (fédération des associations patrimoniales de l'Isère) a lancé en mai dernier, en partenariat avec le conseil général de l'Isère, un inventaire de ces objets dans l'ensemble du département.

Un projet participatif

Le champ de l'inventaire est large. Il peut s'agir de bornes milliaires, de bornes royales (ou de corvée), de bornes de limite de départements. Il peut s'agir aussi de bornes kilométriques du XIX et du XXème siècle. Il peut s'agir encore de bornes kilométriques anciennes avec des spécificités (faute d'orthographe ou employées de manière inattendue) de bornes successives entrecoupées de bornes hectométriques, de bornes d'angle Michelin, et de bornes de limites de propriété antérieures au XIXème siècle. Selon l'association, ce patrimoine est aujourd'hui menacé. Il convient donc d'évaluer son état pour préconiser des mesures d'entretien ou de restauration et alerter les pouvoirs publics pour mettre en place les mesures de protection appropriées. « Ce projet est participatif. Aussi, même s'il sera difficile d'être exhaustif, nous invitons le plus grand nombre à s'associer à notre démarche, pour que la prise de conscience concernant la préservation de ce patrimoine soit la plus large possible. », précise Geneviève Balestrieri, présidente de la Fapi.

 

474 bornes répertoriées

Le recensement des bornes prendra fin en mai prochain. « Nous organiserons une restitution de ce travail en 2016, via de multiples outils comme des publications, des expositions, des circuits au sein des écoles et des bibliothèques », indique Geneviève Balestrieri. A ce jour, 474 bornes ont déjà été répertoriées. A l'heure du GPS, au moment de notre histoire où les limites administratives sont bouleversées, cette opération prend encore plus de sens. Et quand on commence à prêter l'oeil, on s'aperçoit qu'elles sont partout ; en plein milieu de la campagne comme en ville.

Isabelle Brenguier

Une fiche pour chaque borne

Créée en 2000, la Fapi a pour objectif de fédérer les associations à caractère patrimonial de l'Isère, pour échanger, s'entraider et promouvoir les activités de chacunes et établir des projets culturels communs. Après avoir réalisé un inventaire des fontaines et des bassins, la Fapi s'intéresse au patrimoine des bornes. Pour contribuer à cet inventaire, il suffit de remplir une fiche descriptive par borne découverte et de la retourner avec une ou plusieurs photos à l'association. Le modèle de fiche inventaire est disponible sur le site fapisere.fr.
I.B.

 

 

Les bornes de frontière du Dauphiné

Si les bornes frontière Dauphiné-Savoie ont déjà fait l'objet d'un inventaire réalisé par l'association Pontcharra Patrimoine et Histoire, elles entrent quand même dans le champ d'investigation de la Fapi. Car elles n'ont pas toutes été répertoriées.
Rattachement de la Savoie à la France
L'histoire de ces bornes a commencé à partir du XVIIIème siècle. Le 24 mars 1760, le Traité de Turin revoit les frontières entre le Royaume de France et les États de Savoie (ou États Sardes) et des bornes en pierre calcaire sont mises en place (fût pyramidal sur base rectangulaire). Celles-ci deviennent obsolètes lors du rattachement de la Savoie à la France en 1792 et beaucoup disparaissent. En 1815, le Traité de Paris attribue la Savoie au Royaume Sarde et des bornes sont rétablies sur les mêmes lignes que celles du traité de 1760. Les protocoles de bornage (1822/23) préconisent alors la réutilisation des bornes de 1761 en état et la création de nouvelles bornes.