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Saint-Verand

Des candidats ont chaussé les bottes

Des prétendants aux sièges au Parlement européen, de la liste UDI-Modem, ont rencontré quelques responsables agricoles dans la ferme de Raphaël Gaillard, éleveur dans le Sud Grésivaudan.
Des candidats ont chaussé les bottes

Une rencontre informelle entre candidats de l'UDI-Modem de la région sud-est et le monde agricole a eu lieu la semaine dernière chez Raphaël et Olivier Gaillard à Saint-Vérand dans le territoire du sud Grésivaudan. Thierry Cornillet, élu drômois, Michèle Cédrin, première adjointe au maire de Vienne, accompagnés notamment d'Andrée Rabilloux, ex-présidente des maires ruraux de l'Isère, sont venus à la découverte de la ferme de Rossat afin d'évoquer les relations entre agriculture et Europe. Face à eux, des agriculteurs bien dans leur métier, mais un tantinet découragés par l'excès réglementaire qui accable le secteur aujourd'hui. Et alarmistes sur les excès d'application tatillone dont ils ressentent les effets tous les jours. Raphaël Gaillard, au titre des producteurs fermiers dénonce l'empilement incessant des textes dans tous les domaines. « On nous applique des textes élaborés pour des industriels, alors que nous sommes tous des TPE*», explique-t-il. La charge est donc proportionnellement plus lourde et même disproportionnée quand on regarde la finalité intrinsèque. « Et là-dessus, nous devons faire face à des contrôles administratifs de plus en plus intransigeants, sans discernement, comme si chaque contrôleur cherchait à justifier son poste dans un contexte de finances publiques tendu. » « La pression de l'Europe, c'est celle des consommateurs », avance Thierry Cornillet, rajoutant un peu plus tard qu'elle « sert aussi de bouc émissaire facile. » Le président de la chambre d'agriculture, Jean-Claude Darlet, temporise toutefois en reconnaissant que « les réglementations sanitaires sont nécessaires, logiques et qu'elles ne posent pas de problème a priori aux producteurs. Mais leur application et leur contrôle minutieux, oui. » Une conséquence en découle : « Certains se laissent alors aller à la facilité de rejeter l'Europe. » Une perspective qui effraie les responsables agricoles présents. Jean-Luc Revol, nuciculteur et président de la station expérimentale régionale sur la noix, la Senura insiste: « L'Europe est indispensable en agriculture. Pour notre secteur, elle représente 80% de nos débouchés, mais il faut les mêmes règles pour tous ». Car les agriculteurs européens ne sont pas logés à la même enseigne, en particulier en ce qui concerne les produits phytosanitaires, certains étant interdits d'un côté (en France), autorisés ailleurs (en Espagne par exemple), ce que visiblement les candidats aux élections européennes ignoraient.

Dans la série des mauvais coups (ou coûts), « la directive nitrates n°5, rappelle Jean-Claude Darlet, qui d'un trait de plume impose une charge supplémentaire de 50 000 euros au minimum dans les exploitations d'élevage. » Un dossier que les futurs élus devront examiner de près, quels qu'ils soient.

*TPE : très petites entreprises

Jean-Marc Emprin