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Rétropsective 2016

Des chantiers et des hommes

Des chantiers et des hommes

Janvier

Roland Primat quitte La Dauphinoise

Après vingt ans de présidence et 35 ans au conseil d'administration, Roland Primat tourne la page de la coopérative Dauphinoise. « Un sentiment de lassitude peut gagner », confie celui qui a œuvré pour la structuration, la modernisation, la diversification et la croissance externe de l'entreprise de 1 360 collaborateurs. « C'est une grosse coopérative locale, mais petite à l'échelle nationale », expliquait l'ex président. Roland Primat a passé la main à la veille du rapprochement entre La Dauphinoise et Valsoleil. C'est Jean-Yves Colomb qui lui succède, poursuivant le développement de la coopérative régionale, notamment en scellant l'union, en juillet dernier, avec la coopérative Terre d'Alliances.

 

Février

Des députés isérois peu empressés

Alors que la crise agricole dure déjà depuis neuf mois et que les députés isérois avaient été rencontrés au cours de l’été 2015, les avancées législatives ou les ajustements réglementaires tardent à venir. La FDSEA a donc provoqué des rencontres de parlementaires dans deux exploitations agricoles, à Luzinay et à Saint-Paul-lès-Monestier. Seuls trois députés s’étaient déplacés. Pourtant la situation est grave, souvent ce sont les femmes d’exploitant travaillant à l’extérieur qui permettent de nourrir l’ensemble de la famille, les éleveurs n’ayant plus de revenus, surtout ceux qui ont de nombreux remboursements en cours suite aux contraintes lourdes qui leur sont imposées. Les éleveurs attendent des avancées sur les déséquilibres des forces vis-à-vis de la grande distribution, les sur-réglementations environnementales qui mettent les producteurs français en mauvaise posture avec de nombreux pays. La liste n’est pas exhaustive.

 

Mars

Les entrepreneurs des territoires à Grenoble

Réunie pour son 84e congrès à Grenoble début mars, la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) s'est interrogée sur l'attractivité de ses métiers et ses difficultés à recruter des travailleurs saisonniers. La Fédération regroupe les entreprises de travaux agricoles, forestiers et ruraux, soit 21 000 PME et TPE qui emploient 95 000 salariés. En local de l'étape, le PDG de Radiall et président du Medef, Pierre Gattaz était l'invité d'honneur des EDT. Il les a qualifiés de « héros de la nation » en raison de leur capacité à créer de l'emploi.

Avril

Un dessert pour l'Isère

La Confédération des pâtissiers de l'Isère a organisé le 1er Concours du meilleur pâtissier, le 23 avril, au Grand séchoir de Vinay. Il s'agissait de combler une carence d'importance car jusqu'alors, il n'existait pas de gâteau typique de l'Isère. Les participants (10 amateurs et 10 professionnels), avaient pour consigne d'incorporer dans leur préparation
un minimum de deux ingrédients choisis parmi six produits, représentant l'Isère : la noix de Grenoble, la liqueur de Chartreuse, l'Antésite, le sureau, les fraises de la région et l'alcool de poire Colombier. C'est Alexandre Gratian, de la pâtisserie des Écrins à Grenoble, qui a remporté le 1er prix dans la catégorie professionnels.

Mai

Pas de caravane dans les légumes

Coup de sang à Muriannette au retour des beaux jours. Dans un imbroglio indescriptible, préfecture et Métro jouent à une partie de poker menteur pour tenter de trouver une solution temporaire à l’implantation d’une aire de grand passage. 300 caravanes viennent chaque année à la même époque envahir un terrain public dans le secteur de l’agglomération grenobloise. Un terrain agricole au sein de la zone maraîchère de Muriannette a été désigné. Coup de colère des habitants et des agriculteurs locaux qui sont venus manifester quelques heures devant la préfecture et le siège de la Métro. Au final, le terrain visé sera épargné.

Juin

Au pays de Candia

Les chiffres sont stratosphériques : 315 millions de litres de lait transformés chaque année (soit 1,5 millions de litre par jour), 2 300 exploitations collectées, 600 salariés, l'usine Candia de Vienne est une très grosse unité industrielle. Elle a ouvert ses portes au public le 28 juin dernier à l'occasion de la journée mondiale du lait. Les 600 visiteurs ont pu découvrir les six lignes de production en continu débitant chacune, 24h/24 et 7j/7, entre 11 000 et 18 000 briques par heure. Le site va en outre bénéficier d'un investissement de 15 millions d'euros pour remplacer deux lignes. L'usine du groupe coopératif Sodiaal compte quatre entités : Sodiaal Union Sud-est pour la collecte, Candia pour la production de lait UHT, Yoplait pour les produit frais et Logoplaste fabricant de bouteilles.

Juillet

Une nouvelle carte des zones vulnérables

L'Etat a engagé la procédure de révision des zones vulnérables en vue de l'application de la directive nitrates n°5. L'occasion de remettre à plat les résultats obtenus suite à la campagne de surveillance nitrates lancée en 2014-2015 et de proposer de nouvelles cartes.
La concertation, lancée au mois de juillet, a permis aux agriculteurs de faire remonter leurs argumentaires. En Isère, où la profession a été particulièrement vertueuse en dépit de l'étranglement normatif qu'elle dénonce, 33 communes ont été retirées du périmètre qui comptait 243 communes initialement classées. Douze communes font encore l'objet de discussions dont huit nouvellement classée.

 

Août

Loup : la peur n’a pas encore changé de camp

Les attaques de loup sur troupeaux en alpage ont été incessantes durant tout l’été. Un de plus. Mais une prise de conscience politique est en train de prendre corps que ce soit au niveau départemental, régional et même national. Le rendez-vous désormais établi au col du Glandon sur la cohabitation entre activités pastorales et préservation du loup marquera peut-être le début d’une nouvelle ère, celle où le loup n’a plus un soutien total des politiques. Les promoteurs d’une régulation, de la recherche d’une solution équilibrée et de la préservation d’une activité économique deviennent plus nombreux. Du chemin reste à parcourir. A pas de loup.

Septembre

Le méthaniseur d'Apprieu au beau fixe

Le projet de méthaniseur d'Apprieu devrait sortir de terre en 2017 après avoir surmonté nombre de difficultés techniques et d'incompréhensions. Les 14 agriculteurs associés sont confiants après avoir reçu le soutien du sous-préfet de La Tour-du-Pin, du président du conseil départemental et du président de Bièvre Est. Situé en zone agricole mais à proximité de l'échangeur autoroutier de Rives sur l'A48, le méthaniseur a dû s'affranchir d'une certaine pression foncière et s'assurer l'acceptation sociale. A taille humaine, il sera alimenté par 15 000 tonnes d'effluents d'élevage et pourra produire annuellement 876 000m3 de biogaz.

Octobre

Ils ont bon goût les produits d’ici

L’agro-alimentaire de proximité est devenu très à la mode, notamment chez de nombreux élus qui en parlent très souvent. Des réalisations prennent peu à peu corps notamment autour d’un pôle agro-alimentaire dans l’agglomération grenobloise. Le marché d’intérêt national (MIN) a accueilli une journée entière des producteurs, des restaurateurs, des artisans des métiers de bouche et le grand public pour promouvoir la valorisation des produits locaux sous toutes leurs formes. Grand succès. 

Novembre

Les Cuma investissent dans l'immatériel

Eric Greffe-Fonteymond, président de la fédération départementale des Cuma de l'Isère le déclarait lors de l'assemblée générale en novembre dernier : « L'investissement individuel n'est plus possible aujourd'hui. Dans le contexte économique actuel, la mutualisation, c'est une obligation ». Si les Cuma ont fait leurs preuves en termes d'optimisation du matériel et des charges, elles sont souvent un peu plus que cela. Justement depuis le 1er janvier 2016, le Dina ou Dispositif national d'accompagnement des Cuma est composé de deux aides. L'une porte sur les investissements matériels et l'autre sur les investissements immatériels pour permettre l'accompagnement du développement et la structuration des Cuma. En Isère, une dizaine d'entre elles ont déjà souscrit au dispositif.

Décembre

Influenza aviaire : menace hautement pathogène

Alors que les élevages avicoles sont invités à mettre en place le plan de biosécurité qui leur permettra de se prémunir en cas de menace de grippe aviaire, un nouvel épisode « hautement pathogène » inquiète les pays européens. Des foyers du virus H5N8 ont d'abord été découverts début décembre en Allemagne et en Suisse avant de s'étendre en France dans le Sud-Ouest, le Pas-de-Calais et en Haute-Savoie. Des mesures de protections renforcées sont mises en place sur tout le territoire : confinement des élevages pour éviter le contact avec les oiseaux sauvages, interdiction de rassemblement de volailles vivantes etc.

Rétrospective réalisée par Isabelle Doucet et Jean-Marc Emprin