SURTITRE
Des contrats d'abord en local
Marchés de proximité / Le partenariat entre producteurs, transformateurs et producteurs est sans doute plus facile à nouer localement, à l'échelle d'un territoire ou bien d'une région comme Rhône-Alpes, dont le président du groupe Dauphinoise a rappelé les atouts.
Même si les représentants des industries agroalimentaires et de la grande distribution ont affiché leur volonté d'aboutir à des accords avec les producteurs dans le cadre de la contractualisation lors de la table ronde organisée par la FDSEA sur ce thème, certains agriculteurs peuvent reculer face au déséquilibre des relations entre producteurs, transformateurs et distributeurs, et préférer, aux filières dites « longues », la commercialisation en circuits courts. Une productrice de Laval écoulant l'essentiel de sa production de viande bovine et de jus fruits par le biais d'une Amap (association pour le maintien d'un agriculture paysanne) a donc témoigné de son expérience lors du dernier congrès de la FDSEA. Ce faisant, Jacqueline Rebuffet a, elle aussi, évoqué la notion de contrat. « Ce mode de distribution est intéressant dans des secteurs comme celui de Belledonne, où nous n'avons pas forcément la possibilité de contractualiser, étant donnée la taille modeste des exploitations. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'en circuits courts aussi, nous avons des engagements à tenir, tout en se renouvelant afin de fidéliser sa clientèle et sans compter sur un seul débouché ».
La démographie rhônalpine, une chance
Sans enjoindre tous les agriculteurs de l'Isère à investir les marchés de proximité, le président du groupe Dauphinoise, Roland Primat, a souligné, au cours de cette même table ronde, « la chance que représente, pour les agriculteurs rhônalpins, le fait de travailler à côté de bassins de consommation importants. Sans dénigrer le Centre, la région d'origine de Xavier Beulin (le président de la FNSEA, également présent lors de cette table ronde), je ne crois pas que les agriculteurs du Loiret et alentours aient les mêmes perspectives de développement local que nous, qui sommes de plus voisins de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, abritant également une population nombreuse, alors que l'agriculture y est moins développée.
Cette chance, nous devons la saisir. Nous ne prendrons pas la place de Carrefour. Mais après avoir raté le rendez-vous des années soixante, à l'issue desquelles des responsables agricoles tels que Fréjus Michon ont regretté avoir laissé Fournier lancer seul l'aventure Carrefour à Annecy, nous avons peut-être l'opportunité de fixer un nouveau rendez-vous avec la grande distribution, que nous devons sans doute cesser de considérer comme les méchants qui n'ont aucune considération pour les producteurs. Les agriculteurs doivent prendre garde à raisonner en fonction de leurs coûts de production et à défendre au mieux leurs intérêts sur les marchés, face à des entreprises aux actionnaires relativement gourmands. Mais le rapprochement des pièces du puzzle dépend de nous ».
C.F.
La démographie rhônalpine, une chance
Sans enjoindre tous les agriculteurs de l'Isère à investir les marchés de proximité, le président du groupe Dauphinoise, Roland Primat, a souligné, au cours de cette même table ronde, « la chance que représente, pour les agriculteurs rhônalpins, le fait de travailler à côté de bassins de consommation importants. Sans dénigrer le Centre, la région d'origine de Xavier Beulin (le président de la FNSEA, également présent lors de cette table ronde), je ne crois pas que les agriculteurs du Loiret et alentours aient les mêmes perspectives de développement local que nous, qui sommes de plus voisins de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, abritant également une population nombreuse, alors que l'agriculture y est moins développée.
Cette chance, nous devons la saisir. Nous ne prendrons pas la place de Carrefour. Mais après avoir raté le rendez-vous des années soixante, à l'issue desquelles des responsables agricoles tels que Fréjus Michon ont regretté avoir laissé Fournier lancer seul l'aventure Carrefour à Annecy, nous avons peut-être l'opportunité de fixer un nouveau rendez-vous avec la grande distribution, que nous devons sans doute cesser de considérer comme les méchants qui n'ont aucune considération pour les producteurs. Les agriculteurs doivent prendre garde à raisonner en fonction de leurs coûts de production et à défendre au mieux leurs intérêts sur les marchés, face à des entreprises aux actionnaires relativement gourmands. Mais le rapprochement des pièces du puzzle dépend de nous ».