Des coûts en baisse pour les producteurs de saint-marcellin
Quand une baisse des charges se produit, il faut le dire et vite, ce n'est pas si fréquent ! C'est ce que vont connaître les producteurs de saint-marcellin, en ce qui concerne le coût des contrôles réalisés par l'organisme certificateur. Avec une baisse significative pour tous les acteurs (producteurs ou transformateurs) mais surtout pour les producteurs fermiers : - 81%. Cette bonne nouvelle a été donnée lors de l'assemblée générale du comité isérois du saint-marcellin (CISM) le 25 juin à Saint-Sauveur. En se rapprochant des producteurs de bleu du Vercors, ceux de saint-marcellin ont constaté des coûts de contrôle extrêmement différents. Des négociations ont été entamées et ont abouti à des propositions allant du presque simple au double entre les coûts totaux proposés par Certipaq, organisme chargé des contrôles jusque-là, et ceux de Qualisud (prestataire pour le bleu). « Nous n'avons pas fait de rabais spécifique pour remporter le marché, explique le représentant de la société lors de l'assemblée générale. Nous adaptons les contrôles aux volumes de production et pouvons également regrouper des visites avec celles que nous faisons dans le cadre du bleu du Vercors. Nous obtenons ainsi des économies d'échelle. » Par ailleurs, Bruno Neyroud, président du Cism indique que l'organisme Certipaq s'était éloigné géographiquement de l'Isère ce qui pouvait expliquer ces coûts plus importants. Décision a donc été prise de changer de prestataire à partir de 2016, avec un gain appréciable pour les acteurs de la filière.
Tour de vis
Les coûts considérés jusque-là comme prohibitifs par certains les freinaient dans leur volonté d'adhérer à l'IGP. « Avec cette nouvelle tarification applicable dès 2016, il est clair que le comité fera la chasse aux copieurs, prévient Bruno Neyroud. Leur attitude n'était pas tolérable, mais nous faisions preuve d'une certaine compréhension, par rapport à ce prix exagéré. Dorénavant, ce ne sera plus le cas, ces tarifs étant accessibles à tous ».
Même tour de vis vis-à-vis des dérogations temporaires octroyées pour les silos. Une prorogation de six mois a été obtenue jusqu'au 19 juin 2016 pour les installations qui n'étaient pas aux normes. Mais certaines voix s'élèvent quant à la réelle volonté de certains. Des producteurs n'ont pu réaliser la dalle bétonnée imposée lorsqu'ils utilisent de l'ensilage, par manque de temps ou de moyens financiers. « Nous allons clairement poser la question à tous les intéressés sur leurs réelles intentions », précise Bruno Neyroud. Une attitude « équitable » qui permettra de « ne pas pénaliser les efforts de ceux qui ont réalisé ces équipements depuis longtemps », la prime correspondante étant délivrée à tous les litrages, donc davantage diluée entre les producteurs. La procédure de rééchelonnement des contrôles devant être redéposée devant l'INAO, il n'est d'ailleurs pas certain que la dérogation de six mois obtenue récemment soit reconduite.
Identité
Si les problèmes de coût sont importants et incontournables, la production de saint-marcellin souffre également d'une appropriation insuffisante de la démarche par les producteurs eux-mêmes. Ces derniers doivent cultiver leur fierté par rapport à leur production estiment plusieurs participants, notamment Pascal Vaucher, trésorier du Cism. Une attitude qui est loin d'être répandue alors que le fromage est apprécié par les consommateurs. « C'est grâce à lui que nous garderons la production laitière dans notre territoire », rappelle Jean-Michel Bouchard, producteur de lait à Thodure. Pour réactiver ce sentiment, des discussions sont entamées avec le comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING) qui a pris des initiatives dans la promotion de son produit depuis quelques années. La confrérie du saint-marcellin avance aussi que des démarches communes à ces deux produits, ainsi qu'au bleu du Vercors et éventuellement à la raviole, pourraient donner une identité dauphinoise et porter un message valorisant en termes de qualité alimentaire. Le sujet est urgent car le dénigrement des produits laitiers par une partie des acteurs de la santé fait baisser la consommation globale de fromages depuis quelques années. Raison de plus pour s'y mettre rapidement.