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Gestion

Des coûts largement partagés

Hervé Annequin, du Gaec de la Gambille à Doissin, témoigne de la mise en commun du matériel d’exploitation entre deux Gaec et de la réalisation des chantiers à plusieurs afin de maîtriser leurs charges de mécanisation en élevage laitier

Des coûts largement partagés

Afin d’être efficaces pour les travaux de saison et réduire les charges de mécanisation, les Gaec de la Gambille et celui de Haut-Virieu ont mis en commun de nombreux matériels de culture ou de récolte et partagent leur temps de travail afin d’aller plus vite. Cette entraide et cette mise en commun ont ensuite été formalisées par la création d'un GIE, structure juridique indépendante.

Des associés spécialisés

Au Gaec de la Gambille, les trois associés se sont spécialisés : Hervé Annequin, conformément à sa formation initiale BEP agroéquipement, s'occupe du matériel et des travaux de saison sur les cultures. « Je suis passionné par les cultures et le matériel. Ça me plaît de l'entretenir et de le réparer si besoin. Jean-Luc Riffard trouve son bonheur avec les 80 vaches de notre Gaec. Il est responsable et autonome dans la conduite du troupeau. Avec 820 000 litres vendus et une salle de traite 2 fois 6 postes seulement, il est bien occupé... Moi, je m'occupe des veaux tous les jours et des vaches laitières un week-end sur trois, samedi et dimanche. Jean-Luc Annequin s’occupe du troupeau allaitant, des génisses et de la réalisation des foins.»

Des objectifs partagés

« Je pense que c'est plus facile de s'entendre à deux que de se fondre dans une Cuma, estime Hervé Annequin.  Avec le Gaec du Haut-Virieu, nous avons la passion de l'agronomie, de l'efficacité dans le travail et dans la façon d'utiliser le matériel. Nous travaillons depuis 2009 sans labour. Entre semis direct et strip-till, nous avons gagné du temps et nous produisons autant de fourrage et de céréales qu’avant.Il n'y a que pour casser les ray-grass italiens (RGI) avant semis de maïs que nous avons encore besoin de labourer. Notre strip-till est bien adapté pour les semis directs dans les chaumes de céréales. Derrière les RGI même en deux passages, roue dans roue (système de guidage RTK) nous avons une préparation insuffisante. »

En ce qui concerne les traitements, le jeune agriculteur ajoute : « Nous avons un pulvérisateur de 21 m de large. Nous traitons à bas volume : nous sommes  devenus plus performants en agronomie, mais le chemin est encore long... » 

Côté production, « le Gaec Haut-Virieu produit 915 000 litres et ils ont une surface comparable à la nôtre en grandes cultures. Vu que nous nous entendons bien et que nous avons des tailles comparables, nous ne faisons pas d'enregistrements précis. De toute façon, le travail, il faut le faire dans les deux Gaec... »

Du matériel performant en commun  

La liste du matériel mis en commun est longue : «  Quatre tracteurs combinés pour semis direct, semoir, épandeur à engrais de précision, du matériel de fenaison, de travail du sol, une moissonneuse-batteuse, des faucheuses frontales et latérales, pulvérisateur...En propriété, le Gaec de la Gambille ne possède finalement que le bol mélangeur, un tracteur de 15 000 heures et la bétaillère. »

En Cuma, on retrouve le matériel pour ensiler (ensileuse, faucheuse conditionneuse) et le matériel pour les déjections (épandeur à fumier et tonne à lisier). Les chantiers sont réalisés en commun par un associé de chaque Gaec, Hervé et Guillaume. Au besoin, les autres associés viennent compléter l’équipe. « Si on doit démarrer à 5 heures du matin, on le fait, précise Hervé Annequin. Avec  deux tracteurs dans le champ, ça va vite pour faire les travaux. Avec  200 ha de grandes cultures et 150 en prairie, nous devons être efficaces... »

Un GIE pour conforter la mise en commun

A partir de 2013, pour bénéficier de subventions plus avantageuses (aire de lavage de pulvérisateur) et pour mieux gérer les futurs investissements, les deux Gaec ont réfléchi à la création d'un GIE. « Nos deux Gaec ont vendu la quasi-totalité de leur matériel au GIE Avenir sol vivant. Celui-ci refacture aux Gaec. Nous en avons profité pour ré-amortir du matériel qui fonctionne encore bien, cela va nous permettre d'optimiser notre résultat comptable et donc nos charges de MSA. »

Des transmissions  à prévoir

Hervé Annequin souligne que « d'ici 2 ans, Jean-Luc partira à la retraite. On a commencé à chercher un ou deux successeurs... Selon la personne et ses objectifs, nous devrons peut-être penser à de nouveaux investissements. Le bâtiment actuel construit en 1993 avec ses logettes raclées a donné toute satisfaction et il est encore fonctionnel ».

Bâtiment et matériel, même combat : quand c'est amorti depuis plusieurs années et encore fonctionnel, cela reste une sécurité importante pour le revenu de chaque associé.

 

J.P. Goron, conseiller chambre d’agriculture et Isère conseil élevage.
 Encadré

77 euros pour 1 000 litres

Sur les six dernières années, le coût de mécanisation est en moyenne de 77 euros / 1000 litres pour le Gaec de la Gambille : 47€ d'amortissement, 13 pour entretien et 13 pour le carburant et 5 pour la Cuma. « Les charges de mécanisation sont divisées par deux avec les deux Gaec. Comme nous produisons à nos deux structures, presque 2 millions de litres de lait et que nous exploitons plus de 300 ha cumulés, les charges de mécanisation sont diluées sur ces volumes. Le coût du travail est également très bien maîtrisé (92 euros en moyenne sur 6 ans) » explique Hervé Annequin.
Le nombre de Smic par UMO lait est dépendant de certains choix stratégiques : « Certaines années, c'est plus rentable pour le Gaec de vendre le maïs grain  à plus de 200 euros la tonne et d'acheter du corn gluten plutôt que de conserver le maïs pour les bovins. Notre coût atelier lait augmente, mais notre marge grande culture progresse davantage ». Bon an mal an, la rémunération permise par l’atelier laitier et par l’ensemble de l’exploitation est très satisfaisante (>1.5 Smic/UMO).