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Belledonne

Des décennies de travail en perspectives

A Hurtières, le recalibrage d'un ancien chemin et la création de pistes va permettre la reconquête de dizaines d'hectares dans un objectif de valorisation des essences présentes. La commune s'est appuyée sur le service forêt de la chambre d'agriculture.
Des décennies de travail en perspectives

Entre le moment où la mairie d'Hurtières et la chambre d'agriculture ont pris le dossier en main et l'inauguration, il aura fallu quatre ans. La programmation d'une route forestière est toujours longue. « C'est une opportunité que nous avons saisie, raconte Yannick Peillard, le maire de la commune. Il se trouve qu'il y avait à l'époque beaucoup de chablis suite à un coup de vent localisé. La communauté de communes a donc fait passer ce dossier en priorité dans son budget. » Du coup, le dynamique maire et un technicien forestier de la chambre d'agriculture sont même allés jusqu'à faire du porte-à-porte le samedi matin pour convaincre les propriétaires un à un de l'utilité de moderniser le vieux chemin existant. Car le tracé était en partie déjà réalisé, mais quasi impraticable une partie de l'année en raison de son étroitesse et de l'humidité fréquente qui en empêchaient l'accès à des camions de débardage. « On a créé une vraie route forestière de 1460 mètres, explique David Billaud, nouveau technicien forestier à la chambre d'agriculture de l'Isère. Quatre pistes de débardage la complètent pour mieux irriguer le massif (1500 mètres en tout) deux places de dépôt et de retournement permettent les manœuvres des grumiers. » Au total 46 hectares sont desservis et désormais exploitables. « Deux parties se distinguent dans notre massif, explique Yannick Peillard. La partie haute, plus homogène, est exploitée par la Coforêt et le CRPF. La partie basse est plus diversifiée en termes d'essences, avec un peu de résineux, épicéas et sapins pectinés, et des feuillus essentiellement du hêtre. Il y est plus difficile de faire des lots homogènes. Pour le moment, c'est du bois de chauffage que les gens viennent faire, mais cela va évoluer. » La promotion du regroupement de parcelles va être réalisée. D'autant plus que le conseil départemental pérennise la prise en charge des frais de notaire quand il y a achat de petites parcelles voisines pour aboutir à la constitution de zones moins morcellées. Le potentiel de bois à exploiter existe réellement. Une coupe de feuillus vient d'être réalisée et une autre est au stade du marquage en vue de la maîtrise sanitaire d'attaque de scolyte. « Les aides publiques prennent en charge 80% du coût hors taxe du chantier de construction, explique David Billaud. 20 % ont été pris en charge par les propriétaires concernés et les 20 % supplémentaires découlant de la TVA l'ont été par les deux communes concernées Hurtières et Theys. Au final la durée d'amortissement est prévue pour 2,18 années au regard des bois à sortir. C'est une opération intéressante. »

Jean-Marc Emprin