Des " drives " pour acheter ses granulés de bois
Il n'y a pas d'âge pour avoir de bonnes idées. Chloé Biard avait tout juste 20 ans quand, après avoir regardé un reportage sur les « Pellets Drive », des distributeurs de granulés de bois, elle propose à son père, Jean-Luc Biard, gérant de l'entreprise familiale « Huguet combustibles », implantée à Saint-Jean-de-Soudain, de se lancer dans cette aventure en développant ce service. « Il m' a semblé que cela pouvait être une bonne idée, car il pouvait répondre aux problématiques soulevées par nos clients concernant leurs pannes du dimanche et leurs besoins d'approvisionnement en dehors des heures d'ouverture de la société ». C'était en 2014. Chloé Biard était alors en alternance dans la société pour valider un BTS « Assistante de gestion ». Jean-Luc Biard lui a fait confiance. Ils ont rapidement pris contact avec Jérôme Peisson, de la société JMA Distribution, qui a inventé le concept, pour voir s'il était possible - et pertinent - de l'intégrer dans leur activité. « Nous avons pensé que cela pouvait valoir le coup. Nous nous sommes donc lancés », se souvient la jeune femme. « Dans une entreprise, il faut savoir prendre des risques. Nous avons commencé doucement avec deux distributeurs, mais je reconnais que l'idée me plaisait », ajoute Jean-Luc Biard.
Dans l'air du temps
Aujourd'hui, la société exploite cinq « drives », implantés à La Tour-du-Pin, Vezeronce-Curtin, Charancieu, Domarin, Veyrin-Thuellin, qui contiennent chacun huit box d'une contenance de 100 kilos de granulés en vrac, les mêmes qui sont vendus dans l'établissement, certifiés Din +, garants de la qualité des bois.
Le principe est simple. Le client fait sa réservation sur Internet, en choisissant son produit et son point de vente, paye en ligne puis vient le chercher, en ouvrant la porte grâce à un code reçu par mail. « De notre côté, des mises à jour permanentes nous renseignent sur ces ventes, de façon à ce que nous puissions les alimenter quand cela s'avère nécessaire », explique Chloé Biard.
Le granulé étant vendu en vrac, certaines portes sont équipées de dix seaux de dix kilos que le client peut acheter lors de sa première visite et réutiliser par la suite. « C'est une évolution intéressante qui plaît car elle évite d'avoir des sacs à éliminer et à recycler. C'est dans l'air du temps. Et, quand on sait que, dans une palette d'environ une tonne de granulés, il y a sept kilos de plastique, ce n'est pas neutre », souligne la jeune assistante de gestion.
indépendants des heures d'ouverture
Grâce à ce système, les clients peuvent acheter leurs granulés quand ils le souhaitent. Il pallie aussi les difficultés de stockage que certains peuvent avoir. D'autres utilisent le service de la même façon que les « drive » alimentaires en faisant une commande chaque semaine et en la récupérant sur leur trajet domicile-travail. Delphine Hartmann, de Dolomieu, utilise les « Pellets Drive » depuis leurs débuts. « Nous n'allons plus chez Huguet, mais nous savons que ce sont leurs produits que nous achetons, qu'ils proviennent d'une petite entreprise locale, mais nous ne sommes plus dépendants de leurs horaires d'ouverture. Nous apprécions aussi le système des seaux qui nous évite de gérer les plastiques d'emballage », explique-t-elle.
L'entreprise n'en a pas fini avec ses distributeurs, qui mettent également à disposition des casiers contenant des sacs de granulés, mais aussi des buches de bois densifié et du charbon de bois. « Nous cherchons aussi à développer les services qui permettraient aux « drives » de fonctionner l'été », explique encore Chloé Biard, qui a à cœur de participer au développement de l'entreprise familiale. L'initiative a été nominée aux CA d'or, une opération qui valorise les porteurs de projets présents dans le territoire Sud Rhône-Alpes.
Isabelle Brenguier
Les « Pellets drive » ont été conçus par un jeune entrepreneur du bassin oyonnaxien, dans l'Ain. L'idée innovante fait son chemin.Distribution permanente
Des granulés accessibles sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Tel est le concept des « Pellets Drive », ces distributeurs de granulés de bois, mis au point, en 2010-2011, par Jérôme Peisson, de la société JMA Distribution, installée dans l'Ain. Grâce à ce système, les clients achètent leurs granulés en quatre clics. Ils doivent simplement choisir le lieu de retrait, le type de produit, s'identifier et le payer. « Le plus compliqué a été de trouver un système simple. Il était nécessaire de trouver une combinaison économique, car, dans le granulé, les marges ne sont pas très importantes. Quand il s'approvisionne sur un distributeur, le client ne fait pas une commande. Il achète ce qui est disponible, que ce soit en vrac, ou conditionné en sacs. Quant au paiement, nous avons privilégié Internet car c'est le système le plus simple et le plus fiable », explique Jérôme Peisson. En matière de conception et d'installation aussi, la simplicité a prévalu. Les « Drives » sont des machines fabriquées dans le bassin oyonnaxien, inertes, qui fonctionnent sans aucun branchement. « Il faut plus de temps pour la remplir que pour l'installer », souligne le concepteur.5 000 clientsAujourd'hui, le développeur fait installer ses machines dans toute la France, dont une partie importante se trouve en Rhône-Alpes, Bretagne et Normandie. Il compte 5 000 clients, dont une majorité de fidèles. « La clientèle de dépannage est moins importante que celle qui s'approvisionne chaque semaine. Cela correspond à une évolution de la consommation. Les particuliers achètent leurs granulés comme ils font leurs courses. Cela évite les difficultés de stockage », analyse-t-il.Demande des mairiesRécemment, le concept a été dupliqué aux bouteilles de gaz, une façon de diversifier l'activité et de rentabiliser les distributeurs. « Nous notons aujourd'hui une forte demande émanant de mairies de communes concernées par la désertification rurale. Elles les financent même en partie. C'est un service à la population », note Jérôme Peisson.IB
Saint-Jean-de-Bournay /
De la Haute-Loire à l'Isère
Depuis une dizaine d'années, le marché des granulés en bois destinés au chauffage est en pleine expansion. Guillaume Clechet et Ghislain Perez se sont associés pour reprendre l'entreprise Bioval, en Haute-Loire. Originaires de l'Isère, ils viennent de créer un dépôt à Saint-Jean-de-Bournay pour établir un relais de croissance dans le département et permettre à la société de se développer. Ils ont aussi été nominés aux CA d'or, l'opération de valorisation des porteurs de projets de Sud Rhône-Alpes.5 à 6 000 tonnesTransformer de la sciure en provenance directe des scieries locales en granulés de 6 mm de diamètre et 20 mm de long et le commercialiser directement aux consommateurs conditionnés en sacs ou en big bags, c'est le cœur de leur affaire. Cela passe par le séchage de la sciure, qui passe de 45 à 50 % d'humidité relative à 10 % grâce à un séchoir alimenté par de la biomasse (des déchets forestiers, des écorces, des palettes...), le broyage de la matière pour qu'elle devienne plus homogène et plus fine, et sa transformation finale, grâce à une presse, en granulés. Les deux chefs d'entreprise, accompagnés par leurs sept salariés, fabriquent ainsi entre 5 et 6 000 tonnes de produit par an. Leur objectif est de doubler cette production.Convaincu de l'existence d'un marché en Isère, ils se sont rapprochés de ce bassin de consommateur potentiel en s'installant à Saint-Jean-de-Bournay. Ils veulent se démarquer en faisant valoir leurs pratiques qui tendent vers une empreinte carbone limitée (optimisation des transports, électricité produite grâce aux énergies renouvelables...).IB