" Des endroits auxquels on ne pense pas pour développer des activités culturelles "
Pourquoi avoir désigné 2020 année de la culture en Isère ?
L'année sera ponctuée de beaucoup d'événements. Nous avons donc désigné 2020 année de la culture. Des choses se mettent en place comme le plan lecture ou le nouveau schéma départemental d'enseignement artistique. La culture est le meilleur rempart contre l'obscurantisme et l'intolérance. Et le département consacrera cette année un budget de 35 millions d'euros à l'action culturelle et au patrimoine.
Quels seront les événements phares ?
Le début de l'été verra la remise en route du train de La Mure. C'est du tourisme, mais aussi un élément de patrimoine majeur pour ce territoire de moyenne montagne. Ce sera aussi la 40e édition de Jazz à Vienne, un moteur en matière de festivals que j'ai vu évoluer depuis les années 80 alors que j'étais bénévole ! La fin de l'été sera marquée par le festival Berlioz à La Côte-Saint-André où sera interprétée la deuxième partie des Troyens. Le thème cette année sera les musiques méditerranéennes. L'ouverture aura lieu à Saint-Antoine-L'Abbaye et l'on saisit bien entendu le parallèle avec saint Antoine l'Egyptien ou le clin d'œil à l'ouverture du musée Champollion à Vif : le 11e musée départemental gratuit. Sans oublier la livraison du bâtiment des archives départementales à Saint-Martin-d'Hères et la quatrième édition de Paysage-paysages. Il y aura un minimum de 12 événements labellisés année de la culture.
En quoi consiste le plan lecture du Département ?
Ce plan lecture pour 2020-2026 prend en compte la lutte contre l'illétrisme. En France comme en Isère, 7% des gens sont touchés par l'illétrisme. Ce sont des personnes qui exercent une activité professionnelle, mais qui ne peuvent pas lire un document, un mode d'emploi, une consigne. 7% c'est trop ! Nous allons mettre en place des dispositifs dans le réseau des bibliothèques et des médiathèques pour détecter ces personnes en situation d'illétrisme et leur permettre d'acquérir la capacité de lire. Ces personnes peuvent être identifiées par les travailleurs sociaux ou au cours d'un rendez-vous dans les maisons du département et sont orientées vers le dispositif.
Et le schéma départemental des enseignements artistiques ?
C'est une compétence des départements en matière culturelle, avec les lectures publiques. Elle prend en compte le développement des enseignements comme les arts plastiques ou la sculpture qui sont peu présents dans les territoires. Mais il y a aussi un plan consacré aux harmonies et aux fanfares. Il reste peu de fanfares en France car elles sont considérées comme désuètes contrairement à d'autres pays. En revanche les harmonies sont très développées en lien avec les écoles de musique municipales et associatives. Notre rôle est d'aider les gens à dépasser les difficultés pour qu'ils puissent jouer ensemble, ce qui n'est pas évident dans certains secteurs ruraux.
Comment rendre la culture accessible à tous ?
Notre slogan, c'est la culture pour tous et partout. Car il existe des territoires ruraux et de montagne mal desservis. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons favoriser le développement des pratiques amateurs, de l'accès aux expositions et aux représentations théâtrales, mais aussi les résidences d'artistes.
Notre principe est que chacun des 13 territoires de l'Isère bénéficie d'une compagnie d'artiste en résidence, que ce soit du théâtre, du chant, du conte, de la sculpture, des compagnies de clown ou des musiciens. Cela permet aux habitants, les enfants comme les adultes, de s'intéresser à ces activités et d'en bénéficier. Par exemple, la dernière édition de Paysage-paysages qui s'est clôturée à Lavaldens, a réuni 4 à 500 personnes ce jour-là en dépit d'une météo épouvantable. Il existe différents endroits, dans le département, auxquels ont ne pense pas forcément pour développer des activités culturelles.
Le Département inscrit aussi son action au niveau du patrimoine ?
Oui, et pas seulement le patrimoine monumental comme l'abbaye de Saint-Antoine-l'Abbaye dont l'inauguration de la première phase de la restauration de la façade aura lieu à l'automne. C'est aussi tout un patrimoine de proximité qui compose le paysage. Ce sont des lavoirs, des croix de chemin, une ancienne école qu'il convient de restaurer. Nous venons en aide aux communes ou aux porteurs de projets. En 2018-2019, nous avons mis l'accent sur le patrimoine religieux. En 2020-2021, ce sera le patrimoine civil. La condition est de faire appel à un architecte du patrimoine.
Propos recueillis par Isabelle Doucet