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Aménagement de bâtiment

Des génisses bien servies

L'arrivée d'un jeune dans le Gaec de La Bathie a été l'occasion pour les associés d'investir dans un bâtiment adapté aux nouvelles conditions de travail satisfaisant également une recherche de rentabilité.
Des génisses bien servies

L'endroit n'est accessible que par de tous petits chemins étroits et sinueux. Mais cela n'a pas empêché le Gaec de La Bathie de construire un bâtiment ambitieux par la modernité dont il fait preuve.

Intégré

Le toit, presque entièrement recouvert de panneaux photovoltaïques, ne se voit pas de loin tant la nouvelle bâtisse est bien intégrée au paysage. Son aménagement n'est d'ailleurs pas tout à fait fini. « Il faut que nous soyons prêts avant l'hiver, pour que nous puissions installer nos 70 génisses dessous », s'inquiète Sébastien Lombard, un des trois associés du Gaec. « Notre projet a pris un peu de retard au début car nous avons acheté non seulement la parcelle sur laquelle le bâtiment est construit, mais Enedis a aussi exigé que nous soyons propriétaires de l'emprise de la liaison entre le bâtiment et le transformateur électrique. Heureusement, il n'est pas loin. » Moins de 300 mètres précisément.  Au-delà, le coût aurait été prohibitif car c'est cette liaison qui coûte le plus cher dans la plupart des projets, selon les promoteurs du projet mais aussi selon la société Le Triangle, fournisseuse du bâtiment et de toute la partie photovoltaïque.

Moment d'investir

« Notre exploitation est répartie entre La Forteresse et Serre-Nerpol, explique Sébastien Lombard. La partie production laitière est centrée à La Forteresse, tandis que les génisses sont regroupées à Serre-Nerpol. Nous devions moderniser nos installations à cet endroit, surtout depuis l'installation d'un ancien stagiaire, Bastien Kocik, au sein de notre Gaec. Cette arrivée redonne du souffle et de la visibilité à long terme. C'était le moment d'investir. Mais, à construire un nouveau bâtiment, tant valait-il aussi en profiter pour utiliser les dernières technologies. » L'installation photovoltaïque vient de cette réflexion. 780 mètres carrés de toiture idéalement orientée au sud, soit 380 panneaux, qui sont en fonction depuis début août. Et avec l'ensoleillement quasi continu, l'installation fonctionne à plein. « Nous regrettons que les jours raccourcissent », s'amuse Sébastien Lombard. La mise en œuvre de l'ossature du bâtiment et de la partie solaire a été réalisée par le groupe Le Triangle originaire du centre de la France, mais qui commence à essaimer ses réalisations dans tout l'Hexagone. « Historiquement, nous sommes constructeurs de bâtiments métalliques, donc aussi pour l'agriculture, et la partie photovoltaïque est un développement de notre activité. Nous réalisons l'ensemble pour être garant de la bonne adéquation entre les éléments et obtenir un bâtiment de qualité. L'aménagement intérieur est souvent réalisé par le client », expliquent les représentants de la marque lors d'une journée portes ouvertes récente à Serre-Nerpol.

Alléger des trajets

Ainsi, Sébastien et son frère Thierry Lombard, et Bastien Kocik aménagent l'aire de paillage, le couloir d'alimentation et l'aire de stockage. Mais ils en profitent pour aller encore plus loin dans l'innovation. « Nous ne sommes pas très loin à vol d'oiseau de la partie laitière, mais il nous faut une bonne vingtaine de minutes pour joindre les deux par la route. Nous ne voulons pas multiplier les aller-retour. Nous installons donc un robot d'alimentation automatique qui servira une ration trois fois par jour à nos génisses, nous mettons en place des râteliers à balle ronde, et nous sécurisons le tout avec une surveillance vidéo par caméra. Tous les angles intérieurs du bâtiment seront visibles. Notre surveillance du troupeau sera certainement meilleure qu'aujourd'hui. Avec tout cela, nous pourrons venir sur place seulement tous les trois ou quatre jours. En hiver ou lors des périodes hautes en activité, cette fréquence sera appréciable ».

 

Jean-Marc Emprin

Quelques chiffres

- Le Gaec de La Bathie regroupe trois associés et une conjointe collaboratrice.
- 240 hectares, dont 70 ha à Serre Nerpol.
L'installation photovoltaïque
- 380 panneaux associés à 3 onduleurs : 780 m2 de panneaux rigides, origine chinoise.
- Rachat de l'électricité à 0,1177 euros/kwh (supérieur aux cours actuels)
- Investissement de 300 000 euros (bâtiment + photovoltaïque) financés sur 17 ans, avec des aides du PCAE notamment.
- Le budget prévoit le changement des onduleurs en cas de panne.
- Durée de vie des panneaux : 25 ans à 80% de la puissance d'origine. Ils peuvent durer beaucoup plus longtemps mais les techniques vont également évoluer et devenir plus performantes d'ici là.
- Un projet de méthanisation des effluents d'élevage dans une démarche territoriale coordonnée par Bièvre Isère communauté.