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Horticulture

Des idées à planter comme des arbres

Les horticulteurs du département se sont réunis la semaine dernière en assemblée générale. Ils ont dévoilé une étude sur les pratiques d'achat de végétaux des entreprises du paysage réalisée par les lycéens de Saint-Ismier.
Des idées à planter comme des arbres

« Nous sommes un des départements les plus dynamiques de Rhône-Alpes », se réjouit Dominique Bonnardon, au décompte des adhérents de l'Union des producteurs horticoles de l'Isère qu'il préside. Ils sont en effet 23 professionnels à participer au réseau. Fiscalité, coût du travail « et maintenant le compte pénibilité », le président isérois a rappelé, en assemblée générale, dans quel cadre peu porteur évoluent les horticulteurs aujourd'hui. Pour autant la profession partage de nombreux projets dont celui de Paysalia, le salon du paysage, du jardin et du sport, qui se déroulera à Lyon du 1er au 3 décembre 2015. L'événement attire plus de 400 acteurs de la filière paysage issus de 30 pays. « Nous allons créer un Village des producteurs de France réunissant, sur 500 m2, la trentaine de producteurs français, dont les 17 de Rhône-Alpes. Il s'agit d'identifier la production française et la production régionale. Nous allons apporter un soin particulier à la signalétique. Il y aura une partie commune et des stands séparés, mais non cloisonnés. La décoration ne sera composée que de plantes issues de la production régionale », annonce Dominique Bonnardon.

Réseau et qualité

L'Union travaille aussi en partenariat avec le lycée horticole de Saint-Ismier et sa licence pro gestion des aménagements paysagers, qui a présenté les résultats d'une enquête réalisée auprès des entreprises du paysage en Rhône-Alpes, entre mars et mai 2014. Une dizaine de questions ont été posées aux 108 entreprises contactées, d'une part sur leur connaissance de la Charte pour la promotion des produits horticoles de la région, d'autre part sur leur politique en matière d'achats de végétaux.
Sur les 60 entreprises de moins de cinq salariés ayant répondu, seules 15% connaissaient la charte mais 85% se fournissent exclusivement en France. Parmi ces dernières, 83% des répondants affirment se fournir en Isère, 10% en Savoie et 7% dans la Drôme. Chez ces entreprises du paysage de très petite taille, c'est surtout le réseau qui fonctionne. Même si elles ne consacrent pas plus de 5 000 euros à l'achat local de végétaux, elles sont désireuses d'investir dans de la qualité. Elle sont les premières à promouvoir les produits horticoles rhônalpins, grâce notamment à « de bons échanges entre les entreprises et les pépinières ».

Vente directe

Les entreprises de 6 à 10 salariés sont moins nombreuses : 18 ont été contactées. Elle s'approvisionnent à 83,4% dans la boucle locale, cela pour des raisons de proximité principalement. Les critères de choix évoqués sont toujours la qualité au premier plan, puis le coût, la provenance, la durabilité et l'accompagnement. Un achat sur deux concerne des arbres, le reste se répartissant entre arbustes, vivaces et annuelles. Une vingtaine d'entreprises du paysages et bureaux d'études de plus de 10 salariés ont aussi été interrogées. Ces structures connaissent très bien la charte. Elle consacrent budget annuel moyen de 65 000 euros par an à l'achat de végétaux et s'approvisionnent à 75% dans des pépinières régionales. Mais pour les gros sujets, elles privilégient l'étranger. Ces entreprises sont en quête d'abord d' un service avant de faire valoir la qualité et le coût, mais aussi la disponibilité (en quantité) des espèces recherchées. Pour les horticulteurs, ces conclusions présentent quelques éléments rassurants, mais montrent combien la promotion locale est importante et le chemin qu'il reste à parcourir pour la Charte.
Tirant un bilan de l'année horticole 2014, Dominique Bonnardon rappelle que l'activité rosier « est en repli depuis quelques années » et que les projets en conception paysagère sont moins fréquents et plus modestes. « Il y a cependant des points positifs : la Toussaint 2014 a été une bonne période et les pépiniéristes qui font de la vente directe déclarent s'en sortir ». Ce retour vers les détaillants s'explique en particulier par le besoin de conseils de la clientèle. « Les professionnels s'organisent en fonction de cette demande-là », note le président.

Isabelle Doucet