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Agronomie

Des leviers agronomiques pertinents pour bien implanter les céréales à paille

Préparation du sol, choix variétal, date et densité de semis... Beaucoup de facteurs peuvent être déterminants dans l'implantation et la conduite globale des cultures de céréales.
Des leviers agronomiques pertinents pour bien implanter les céréales à paille

Semis des céréales à paille : quelques conseils pour la bonne conduite des cultures.

Préparation du sol

Pour la gestion de l'interculture avant l'implantation d'une céréale, différentes techniques sont possibles.

En TCS :
L'intérêt est de multiplier les déchaumages avant le semis en alternant les profondeurs de travail. Par exemple un déchaumage profond pour faire lever en majorité les dicotylédones, puis un désherbage superficiel (herse étrille) pour faire lever les graminées.

En labour :
L'idée est de labourer quelques jours avant le semis pour offrir de bonnes conditions d'implantation au blé (sol frais et ressuyé). Dans tous les cas, il sera nécessaire d'assurer une préparation fine pour le semis avec un outil type déchaumeur ou sur un combiné de semis.

En semis direct :
Possibilité de semer du blé dans un couvert en place avec un semoir combiné (disques ou dents).

Choix variétal

S'adapter au contexte local et aux débouchés.

 

Stress thermique et hydrique :
La précocité à épiaison (note de 7 à 8) est incontournable sur les sols superficiels de notre région. À l'inverse, dans des sols profonds des variétés plus tardives à l'épiaison (note de 4,5 à 5,5) sont recommandées: le potentiel de la culture est augmenté par l'allongement du cycle de végétation. Pour éviter les risques de gel d'épis, seules les variétés tardives à la montaison (notes de 0 à 2) autorisent des semis précoces.

Type de sol et itinéraire technique de la parcelle :
En cas de risque élevé de fusariose des épis, derrière un maïs ou un sorgho grain sans labour, seules les variétés les plus résistantes (notes de sensibilité à l'accumulation de mycotoxines supérieures à 5,5) sont préconisées, tandis que les plus sensibles (notes ≤3) sont à proscrire. Dans les situations à risque piétin-verse (limon, semis précoce, seconde paille), les variétés résistantes (notes ≥5) sont aussi efficaces, sinon plus, qu'un traitement.

Débouchés :
La plupart des collecteurs demandent du poids spécifique et de la teneur en protéines. À potentiel de rendement équivalent, l'enjeu variétal est d'environ un point de protéines entre les variétés les plus riches et les plus pauvres. Les blés améliorants ou de force ont des teneurs en protéines nettement plus élevées que les autres, mais leur potentiel de rendement est plus faible. Pour la meunerie, la classe qualité est également importante, tout comme la force boulangère, centrale dans la plupart des cahiers des charges à l'export.

Adapter ses pratiques à sa variété :
Le comportement des variétés s'apprécie avec la perte de rendement en l'absence de traitement fongicide. Ces pertes traduisent une sensibilité globale des variétés aux maladies présentes dans les essais. Une variété résistante permet de retarder les dates d'intervention et de diminuer les doses, jusqu'à diviser par deux le coût des fongicides foliaires par rapport à une variété sensible. Attention, les variétés ne sont pas résistantes à toutes les maladies, il est donc capital de bien cibler les types de maladies pouvant se développer dans la parcelle (influence rotation, type de sol,...). La pression des maladies sur les variétés sensibles peut être diminuée par un semis tardif. Du fait de leur caractère explosif, les rouilles doivent être prises en compte.

Date et densité de semis : Gérer le désherbage !

Différents leviers agronomiques sont activables pour gérer au mieux l'infestation d'adventices dans la parcelle.

Décaler la date de semis :
Semer plus tard assure la levée d'une partie des adventices avant le semis et la possibilité d'une destruction non sélective avant l'implantation.
L'efficacité de cette technique est d'autant plus importante qu'elle est couplée à plusieurs faux-semis. Le recul de la date de semis est relativement efficace sur les adventices qui ont des pics de levée très « centrés » autour du début de l'automne. C'est notamment le cas des bromes, ray-grass et vulpins pour les graminées et du gaillet, voire de la véronique, pour les dicotylédones (avec une efficacité toutefois plus limitée pour ces dernières). Les pratiques avec des décalages importants des dates de semis sont à prioriser sur des parcelles historiquement très infestées (échec de désherbage et/ou problèmes de résistance notamment) afin d'appliquer les solutions chimiques herbicides dans les meilleures conditions, c'est-à-dire sur des populations réduites.

Augmenter la densité de semis :
L'intérêt est limité car l'inter-rang n'est en général couvert par les céréales à paille qu'en sortie d'hiver, à un moment où les adventices ont déjà pu s'installer. Majorer la densité de semences de 10 à 20 % reste pertinent dans l'optique de réaliser un désherbage mécanique

Alexis Verniau, chambre d'agriculture de l'Isère, avec Arvalis– 06 64 20 93 91