Des lignes budgétaires réorientées
C'est « une décision modificative budgétaire (DM1) modeste -10 millions d'euros- mais forte de symboles », estime Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental au sujet de l'ajustement budgétaire habituel à cette époque de l'année. Cette DM1 a été proposée et votée la semaine dernière en assemblée plénière à Grenoble.
Relance des investissements
Elle marque une « maîtrise des dépenses de fonctionnement » alors que, par ailleurs, les investissements ont été plus importants et engagés plus fortement que d'habitude. « On atteint un taux de 73% de réalisation, cinq points au-delà des pratiques classiques », souligne le représentant du Département. Le leitmotiv de la nouvelle majorité est d'agir fortement sur l'économie par une relance des investissements. Jean-Pierre Barbier rappelle l'incitation financière en termes de subventions auprès des collectivités locales l'an dernier qui ont engendré un volume d'investissements de 100 millions d'euros. Et voulant utiliser les recettes qui marchent, il a proposé en DM1, 22 millions de subventions d'équipement supplémentaire susceptibles d'entraîner 93 millions d'euros d'investissements locaux. « C'est grâce à une majorité soudée et unie que l'on arrive à ces résultats », se satisfait-il, taclant au passage le fonctionnement de la ville de Grenoble. C'est donc une « offensive continue pour faire redémarrer l'économie » qu'entend mener le président. L'innovation dans les hautes technologies va être soutenue du côté de Grenoble pour attirer de nouveaux investisseurs, mais également la filière bois, l'amont en particulier, car « il faut alimenter les premiers maillons de cette chaîne avec des bois locaux ». Les entrepreneurs de travaux forestiers et les exploitants forestiers vont être particulièrement choyés. Mais si une « route forestière est aidée par la collectivité départementale, il y aura obligation pour les propriétaires desservis de sortir du bois », confirme avec évidence Jean-Pierre Barbier. Toujours côté environnement, la DM1 confirme la disparition des budgets de fonctionnement pour les associations. « Il n'y pas que la Frapna qui est concernée », précise J.P. Barbier.
Les crèches mieux aidées
La politique sociale du conseil départemental prend également de nouveaux chemins. « Nous allons aborder différemment les stratégies suivies depuis 15 ans, confirme le président. On peut essayer d'autres pistes ». L'aide d'urgence, qui « avait tendance à être pérennisée », va prendre la forme d'un chéquier alimentaire ou hygiène. « Nous prônons aussi le soutien en nature auprès des associations. » La reprise de l'aide au fonctionnement des établissements accueillant des jeunes enfants marque les orientations sociales. Trois millions d'euros seront consacrés aux crèches, 2,4 millions à la formation des personnels et 600 000 euros seront affectés au développement de l'accueil des enfants en situation de handicap. « Se préoccuper du handicap est essentiel », souligne le représentant du Département.
Même s'elle n'est pas directement concerné par le sujet, l'assemblée départementale souhaite l'élaboration d'une charte pour la mise en place de projets de méthanisation. « L'Etat a pris en main le dossier et nous sommes à ses côtés. L'objectif est de faire un constat des gisements, des capacités de transformation et de la nécessité des implantations d'outils. De là, il sera nécessaire de donner des orientations pour ramener de la sérénité dans ce dossier qui soulève beaucoup de passions parmi les habitants. »