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Elevage

Des limousines dans le Vercors

L'assemblée générale de l'Union des éleveurs de limousines s'est déroulée dans le Vercors. L'occasion de visiter le Gaec des Quatre vents à Villard-de-Lans.
Des limousines dans le Vercors

Le bien nommé Gaec des Quatre vents surplombe la plaine de Villard-de-Lans. Trois associés, Sylvain Faure, son père Jacques Faure et Jean-Michel Raux, élèvent 70 vaches laitières de race montbéliarde et villarde, ainsi qu'un troupeau de 25 mères allaitantes de race limousine. Un deuxième fils, Adrien Faure, désire s'installer dans l'année, lorsque son père prendra sa retraite.
« Pourquoi des limousines sur un plateau de blondes d'Aquitaine ? s'amuse Sylvain Faure. Parce qu'à l'origine les blondes coûtaient trop cher en alimentation ! » Il fait partie des quatre élevages de limousines nichés dans le Vercors.

Equilibre des productions

Le Gaec des Quatre vents a été créé en 1995 lorsque les trois exploitations du hameau se sont regroupées pour permettre aux associés de se dégager un peu de temps. Les limousines étaient présentes dans les fermes depuis les années 80, dans un souci d'équilibre avec la production laitière, à une époque où le lait du Vercors n'avait pas encore trouvé sa juste valorisation. « Seul je ne ferais pas du lait. Mais j'ai toujours apprécié les deux types d'élevages », explique Sylvain Faure. Le Gaec produit 400 000 litres de lait par an livrés à Vercors lait. C'est l'atelier qui dégage le plus de ressources, mais les marges peuvent différer entre la viande et le lait, « surtout les années où la viande se porte bien. »
L'exploitation dispose d'une SAU de 166 hectares, avec un parcellaire regroupé. « Il y a une bonne entente sur le plateau, ce qui a permis d'éviter le morcellement des assolements. C'est une chance pour l'agriculture », raconte Sylvain Faure. L'exploitation produit 16 hectares de triticales destinés à l'autoconsommation. « Nous sommes presque autosuffisants en céréales à paille, mais pas en protéines », explique l'éleveur. Les bêtes sont mises à l'herbe début mai et rentrées entre novembre et décembre. « Les limousines supportent bien d'être attachées pour l'hiver. Elles deviennent dociles et ça nous oblige à être à côté d'elles. »

Atelier de transformation

Avec l'arrivée d'Adrien Faure, le Gaec prépare une petite transformation. Le jeune homme est en effet titulaire d'un diplôme de boucher-charcutier et entend développer la vente directe et un atelier viande, « pour dégager plus de revenus », attend-il. Le laboratoire d'une soixantaine de m2 sera aménagé d'ici quelques années dans une ancienne étable, dans le hameau. Les associés veulent passer toute leur production en colis et développer le veau sous la mère. Pour l'heure, ils font du broutard et vendent leurs génisses au boucher de Méaudre. Ils tablent sur les débouchés de l'agglomération grenobloise et croient davantage à la production locale qu'au bio. La réflexion sur les marges et les coûts de production porte sur tous les postes. « A mon installation, en 2012, nous sommes passés d'une aire paillée aux logettes et nous avons réduit pas cinq l'achat de bottes de pailles », explique Sylvain Faure. Les deux frères projettent de se lancer dans le séchage en grange, les volumes du bâtiment le permettant.

Isabelle Doucet
Association

Le choix des reproducteurs

L'Udelim reste une petite association dynamique. Elle compte une vingtaine d'éleveurs en Isère et cherche à recruter des jeunes installés. « Nous travaillons sur la sélection et les reproducteurs, explique Laurent Michel, le président de l'Udelim. Les gens deviennent de plus en plus professionnels. » Il rappelle que la sélection d'un troupeau doit s'opérer en fonction des débouchés du marché. « La limousine est une race orientée circuits courts, boucheries et vente directe », rapporte-t-il. La limousine est réputée pour la finesse de sa chair et ses rendements carcasse. « C'est une vache qui se travaille avec de l'herbe et ça plaît aux circuits courts », commente le président. Les éleveurs isérois pratiquent le plus souvent l'engraissement, le cours de la génisse restant acceptable. Les broutards sont vendus auprès des négociants locaux.
Lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée début mars dans le Vercors, l'Udelim avait invité Jean-Claude Martin, technicien viande bovine à la chambre d'agriculture du Rhône. Il a présenté une explication détaillée des différents index de production et des performances auxquelles ils correspondent. « Il convient de hiérarchiser ses priorités dans son troupeau, indique le conseiller. Tout est important : vêlage, vache, veau, lait etc. » Si différents taureaux sont proposés, l'éleveurs doit opérer son choix en fonction de la morphologie de son troupeau et du type de production, s'il est orienté reproduction, veaux de lait ou taurillons par exemple, s'il pratique la monte naturelle ou l'insémination artificielle.
Le technicien constate une forte hétérogénéité du cheptel isérois. Il conseille aux éleveurs un effort génétique pour valoriser leurs élevages avec des bêtes d'un format supérieur. Il pointe aussi les limites de l'IA en troupeau allaitant, les chaleurs étant plus difficiles à détecter surtout avec un veau sous la mère.
ID

 

 

 

Les prochains rendez-vous de la race limousine :

- 29 juillet : exposition-vente d'animaux sans corne à la Chapelle-d'Aurec (43)
- 6 août : Journée conviviale chez Gilles Pinet à Rochefort (73)
- 2-3 septembre : concours départemental de Pressins
- 28-29 septembre : concours inter-régional de Sauges
- 4-6 octobre : concours national de Cournon (63)