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Pays Roussillonnais Matériel

Des outils pour limiter la pression de l'ambroisie

La chambre d'agriculture de l'Isère a organisé le 31 juillet une journée de démonstration de matériels de déchaumage pour lutter contre l'ambroisie, à Agnin.
Des outils pour limiter la pression de l'ambroisie

C'est au sud d'Agnin que se sont donné rendez-vous agriculteurs et élus de la communauté de communes du Pays roussillonnais (CCPR). Pour échanger sur les techniques de lutte contre l'ambroisie mises en œuvre par les agriculteurs sur les chaumes de céréales et de colza. Il était nécessaire d'expliquer également les freins économiques et techniques auxquels les professionnels sont confrontés.
La lutte contre l'ambroisie, qu'elle soit chimique ou mécanique, représente une charge importante. A titre d'exemple, Audrey Tabone, conseillère agronomie-environnement à la chambre d'agriculture de l'Isère estime en fonction du matériel utilisé un coût hectare entre 30 et 40 € auquel il faut ajouter la main-d'œuvre. Le coût final grimpe donc entre 50 et 60 €/ha. Ces coûts peuvent doubler voire tripler, si le nombre de passages pour détruire l'ambroisie sont plus nombreux. En effet, en fonction des conditions climatiques, les interventions mécaniques peuvent se révéler moins efficaces et nécessitent alors plusieurs passages.
Les traitements chimiques ont, eux aussi, leurs limites car leur efficacité dépend de l'hygrométrie et de la température de l'air. Pour qu'un désherbage soit efficace, l'hygrométrie de l'air doit être supérieure à 60 % et les températures inférieures à 20°C. Ces conditions sont souvent difficiles à réunir en période de canicule comme cet été. Comme le font remarquer les agriculteurs présents, « on essaye de faire au mieux pour limiter le développement de l'ambroisie dans nos parcelles car on est conscient des enjeux, mais nous n'avons pas de solutions miracles. » « Si nos parcelles sont infestées c'est aussi un manque à gagner car une culture de tournesol, de soja ou autre envahie par l'ambroisie, c'est une perte de rendement et donc de revenu. ».

A chaque outil son efficacité

Cinq déchaumeurs ont été présenté :
- Amazone Cénius 3002 : cultivateur porté de 3m (3 rangées de dents droites + 1 rangée de disques + 2 rouleaux de rappui)
- Razol Phénix : cultivateur trainé de 3m (2 rangées de disques en X)
- Quivogne maxiculteur : cultivateur porté de 3m (2 rangées de dents pattes d'oies + 1 rangée de disque + 1 rouleaux de rappui)
- Green Néo-Plow : charrue déchaumeuse (profondeur de travail jusqu'à 40cm)
- Pottinger Synkro : cultivateur porté de 3m (3 rangées de dents + 1 rouleau de rappui)

L'efficacité de ces cinq outils sur l'ambroisie est variable et dépend des conditions climatiques. En conditions séchantes, les outils à disques ont du mal a pénétrer dans le sol et forme des blocs de terre favorable au redémarrage de l'ambroisie. Les outils à dents et notamment ceux à pattes d'oies sont plus efficaces car ils pénètrent mieux dans le sol et arrivent à briser les mottes. La charrue déchaumeuse présenté par Green Vision permet quand à elle, de réaliser un travail profond de type labour (30-40cm) qui détruit une grande partie des adventices présentes, mais elle nécessite une puissance de tracteur élevée (plus de 200 CV).
Le passage de ces différents outils illustre bien le fait que la destruction de l'ambroisie n'est pas une opération évidente et peu nécessiter plusieurs passages pour être efficace.

Une préoccupation commune

La politique de lutte alliant les organismes professionnels et les collectivités locales permet de limiter le développement de l'ambroisie. Tous les milieux sont concernés (urbain, industriel, agricole) et chacun doit agir.
Comme le rappelle Chrystèle Ménétrieux, chargée de mission au service environnement de la CCPR, « le partenariat entre la chambre d'agriculture de l'Isère et la CCPR mis en place depuis une dizaine d'années, a permis de créer une vraie dynamique sur le territoire et de mettre en place des actions pour freiner le développement de l'ambroisie ».
A l'échelle du département de l'Isère, la chambre d'agriculture travaille depuis l'an dernier pour le compte du conseil départemental afin de créer des supports de communication à destination des collectivités et des agriculteurs. Une action sur la gestion des bords de route est également en cours pour gérer la fauche de l'ambroisie.

Audrey Tabone, CA 38