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Reseau

Des perspectives pour les races et espèces rares de Rhône-Alpes

Le réseau Div'Agri rassemble les acteurs des races et espèces rares de Rhône-Alpes. Ses échanges d'expériences ont vocation à sauvegarder la biodiversité rhônalpine et à apporter de la valeur ajoutée dans les exploitations.
Des perspectives pour les races et espèces rares de Rhône-Alpes

La villard-de-Lans, le cheval du Vercors ou la tarentaise ; les pommes du Jarez, l'épeautre de la Drôme ou encore la rose de l'agglomération lyonnaise : autant de races et d'espèces que l'on ne retrouve pas dans tous les champs, mais qui contribuent à la richesse de la biodiversité de la région Rhône-Alpes. L'association Div'Agri (Fédération pour le développement et la promotion de la diversité agricole rhônalpine), a vocation à rassembler ces races et espèces rares pour aider à la mise en place d'actions contribuant à leur sauvegarde.

Envie de faire et d'inventer

Ils étaient nombreux les opérateurs du monde animal (éleveurs, syndicats de races, associations) et du végétal ( jardiniers amateurs, horticulteurs, collectionneurs, collectivités locales, conservatoires) à œuvrer pour la valorisation de la diversité agricole. Mais ils travaillaient en ordre dispersé. Grâce au soutien de la région Rhône-Alpes, ils ont pu se structurer au sein de ce réseau. Deux pôles - un animal et un végétal - travaillent désormais en étroite collaboration pour la mise en place d'actions concrètes afin de permettre le développement et la valorisation de la richesse du patrimoine génétique rhônalpin. La fédération de ces acteurs passionnés par leur activité est propice aux échanges. « Div'Agri joue un rôle de passeur d'expériences et d'idées. Les membres de l'association peuvent se copier des initiatives. Ce qui donne encore plus envie de faire et d'inventer », indique Guy Durand, éleveur dans le Vercors et président de l'association depuis sa création en 2013. Et si la volonté de préservation de la biodiversité est importante, elle n'est pas dissociée de l'ambition économique. Comme l'indique Guy Durand, « le but n'est pas de préserver toutes les petites fleurs à tout prix. Il faut d'abord qu'elles présentent un intérêt économique pour une exploitation ou un territoire ».

Fusion avec l'Auvergne

Div'Agri intervient pour aider les organisations associées aux animaux et végétaux ou les particuliers, à exposer leur projet et leurs besoins, de façon à solliciter une aide du conseil régional Rhône-Alpes pour financer à hauteur de 50 % les actions qu'elles souhaitent mettre en œuvre. « Il ne s'agit pas de gros dossiers, mais ils revêtent une grande importance puisqu'ils interviennent là où les autres aides telles que les Crof (Contrat régional d'objectif de filière), les Pida (Programme intégré de développement agricole), le PMBE (Plan de modernisation des bâtiments d'élevage), le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural), ne sont pas mobilisables. ll peut s'agir d'initiatives en matière de génétique, de conservation, et même de promotion », assure Guy Durand. Quelques exemples : la préparation d'embryons pour venir grossir le cheptel de la villard-de-lans, insuffisant pour couvrir les besoins des éleveurs producteurs de lait valorisé en Bleu du Vercors-Sassenage ; la création d'une pépinière pour la chèvre des Savoie et les vaches tarines au sein du centre d'élevage de Poisy en Haute-Savoie, des inventaires de races et d'espèces, comme celui réalisé en 2014 avec le Laboratoire d'études rurales (LER) qui recense l'ensemble des opérateurs et des variétés cultivées en Rhône-Alpes. « 1 400 variétés d'arbres fruitiers, 60 cépages, plus de 1 000 variétés potagères, plus de 200 variétés de céréales, une centaine de variétés de fleurs et plantes ornementales ont déjà été identifiés. Cet inventaire est un travail permanent. Il n'est jamais terminé. D'où l'importance d'avoir une instance comme Div'Agri qui permet de rassembler les travaux, de les comparer, de les analyser pour renforcer les réseaux et être le plus efficace possible », indique Eric Barraud, animateur du pôle végétal de Div'Agri. En 2014, l'association a bénéficié d'un budget de 200 000 euros de fonctionnement, intégrant les appuis financiers fournis aux opérateurs et de 100 000 euros d'investissement. Le réseau ne demande désormais qu'à prendre de l'ampleur. Ce sera fait lors de la fusion des régions Rhône-Alpes et Auvergne.

Isabelle Brenguier