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Elevage de poulets

Des poulets de chair à la Ferme buissonnière

Après une reconversion professionnelle, Sylvie Monbeig a débuté son activité d’élevage de poulets fermiers l’année dernière à Biol. Encore en phase de développement, elle espère pouvoir vendre plus régulièrement très bientôt.
Des poulets de chair à la Ferme buissonnière

Quelques 80 poussins s'agitent autour de l'unique poule pondeuse de l'enclos. « Elle pense que ce sont tous ses petits ! » lance Sylvie en riant. L'exploitante en attrape deux entre ses mains : « Ils n'ont que quelques semaines mais on constate déjà que les blancs feront de plus gros poulets que les cou-nus. »
Ancienne professeure de SVT, Sylvie Monbeig, 54 ans, décide de quitter l'éducation nationale en 2019. Installée à Biol depuis 2004 avec son mari Philippe, elle se lance dans l'élevage et la vente de poulets fermiers. Elle a aujourd’hui environ 200 volailles, qu’elle tue à l’âge de quatre mois. La vente a lieu une fois par mois chez elle, à « La ferme buissonnière ». Une nouvelle couvée est effectuée dans la foulée, grâce à l’achat d’œufs fécondés. « C'est ma marque de fabrique : je fais éclore mes poussins », indique Sylvie. « Cela évite de les transporter par lots et de les traiter sous antibiotiques. » Chaque poussin reste ensuite sept jours en couveuse, puis trois à quatre semaines en poussinière, avec une température maintenue à 37 degrés les premiers jours.

A tâtons pour optimiser l'exploitation

« Je suis toujours en phase de démarrage. J'apprends, je fais encore des erreurs », admet l'ancienne professeure. Elle aimerait atteindre les 250 poulets in-situ. « J'ai testé plusieurs races : cendrés, cou-nus, colorés. » Les derniers arrivés sont les poulets blancs, destinés à croître rapidement. « J'ai été surprise par la demande, très majoritaire, de gros poulets », raconte-t-elle. Pour autant, l'exploitante ne sexe pas ses bêtes, comme d'autres le font pour ne garder que les mâles, plus gros que les femelles.
Outre la race, Sylvie tâtonne également pour trouver le meilleur type d'alimentation. Un cinquième de grains pour poules pondeuses, puis du tourteau de soja, du blé, de l'avoine... « Je fais le mélange moi-même, pour vraiment contrôler ce que je leur donne », indique-t-elle. « Mes poulets étaient trop petits, donc j'ai augmenté la part en protéine. » Ses volailles sont élevées selon les normes d'élevage bio, avec la volonté de n'utiliser aucun intrant chimique. L'exploitante fabrique aussi la plupart de ses produits antiparasites, d'origine minérale ou végétale.

« Mutualiser » les produits locaux

Le jour de la vente, 20 poulets de chair sont étourdis à l'aide d'un électrochoc, puis saignés, plumés et éviscérés. Les clients, des habitants du coin pour la plupart, se rendent directement à la ferme. « Je vends aussi de la confiture et des œufs, car nous avons une trentaine de poules pondeuses. J'aimerais rapidement pouvoir proposer une vente tous les 15 jours », indique-t-elle.
L'exploitante en profite également pour proposer du miel, de l'huile de noix ainsi que des fruits et légumes cultivés par son voisin. « Je viens de m'inscrire sur cagette.net, un site qui recense les producteurs en vente directe », explique-t-elle. « L'idée est de créer du lien avec les agriculteurs locaux pour mutualiser les jours et lieux de vente. Cela a du sens de pouvoir proposer autre chose que du poulet aux clients », ajoute-elle.

Une double activité

Un an et demi après ses débuts, le bilan est plutôt positif pour la nouvelle éleveuse. « Cette activité me plaît, elle a été révélatrice : j'ai compris à quel point j'avais besoin d'être dehors », affirme-t-elle. « Même si elle nécessite un temps de travail important et en continu. » Seule difficulté récurrente : la présence de rats. « Ils tuent parfois 10 poussins sur 40. J'ai installé des grillages électriques, des dalles en béton pour les empêcher de creuser, des caméras, mais pour l'instant je n'ai pas de réelle solution », souffle-t-elle.
Outre l'élevage, La Ferme buissonnière est aussi une chambre d'hôte, gérée par Sylvie et Philippe, passionné d'équitation. « Les deux activités sont imbriquées : nous proposons des produits du jardin à nos clients, et les familles peuvent visiter la ferme, ça plaît aux enfants », sourit Sylvie.

Coline Mollard