Sud-Isère
Des réticences à lever
Hésitations/L'accord trouvé au début de l'année entre Biolait et les trois collecteurs déjà présents dans le Sud-Isère a été accueilli de façon mitigée par les agriculteurs du secteur. La plupart y voie toutefois une occasion d'interroger leur pratiques et leur organisation.
Le calendrier des laiteries n'est pas nécessairement celui des éleveurs. Toutefois, au-delà de la date butoir du 31 décembre fixée par Biolait (en lien avec les trois collecteurs déjà présents dans le Sud-Isère) pour réunir les trois millions de litres de lait nécessaires à la mise sur pied d'une collecte de lait bio, l'Adabio* et Sitadel (le comité de territoire du Sud-Isère) souhaitent s'appuyer sur ce projet pour inciter les agriculteurs à « se poser les bonnes questions » sur le devenir de leurs fermes. « Si nous poussons au diagnostic de conversion, en lien avec le contrôle laitier et le syndicalisme agricole, c'est parce qu'il permet d'envisager des solutions susceptibles de faire gagner du temps et de l'argent », commente Jean-François Perret, le technicien polyculture élevage de l'Adabio, qui regrette de n'avoir reçu que quelques demandes depuis la présentation du projet au printemps, à Saint-Jean-d'Hérans.
La participation aux deux visites d'exploitations organisées à Saint-Sébastien et Lans-en-Vercors les 6 juillet et 10 août (lire par ailleurs, ainsi que notre édition du 21 juillet) était modeste, mais des formations animées par des vétérinaires seront proposées dans le courant de l'hiver afin de permettre aux éleveurs de poursuivre la réflexion.
Un enjeu majeur
En effet, pour Alain Haret, le président de Sitadel, comme pour la plupart des responsables agricoles du département, l'enjeu est de maintenir une collecte laitière dans le Sud-Isère, qui représente actuellement 23 millions de litres de lait, mais où les laiteries ne collectent, en moyenne, que quarante litres de lait par kilomètre parcouru, contre dix fois plus dans d'autres secteurs.
Le projet de collecte de lait bio porté par Biolait n'est sans doute pas l'unique réponse à apporter à ce constat. Mais la garantie d'un prix de 410 euros par tonne de lait sans obligation de quitter sa laiterie d'origine constitue une bonne occasion de s'interroger sur l'opportunité d'un passage en bio.
« Il faut prendre le temps de la réflexion », a prévenu Jean-Michel Bouchard, le co-président de la section laitière de la FDSEA de l'Isère. C'était il y a déjà trois mois.
CF
*Adabio : association pour le développement de l'agriculture biologique dans l'Ain, l'Isère et les deux Savoie.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Les éléments du débat
Rhétorique/Le thème de la bio suscite de véritables parties de ping-pong verbales entre agriculteurs. Extraits choisis des échanges du 10 août au Gaec de la Daille, à Lans-en-Vercors.
« - Quand on rembourse un emprunt, on a intérêt à produire pour dégager un maximum de chiffre d'affaires.
- Rien ne sert de gagner si c'est pour donner aux autres ».
Questions de stratégie économique
« - L'une des limites au développement de la collecte de lait bio dans le Vercors, c'est le poids de la double activité, car les agriculteurs qui travaillent à l'extérieur sont à la limite du réel et craignent que le passage en bio les fasse sortir du forfait.
- Dans le Sud-Isère, on ne nous pose plus la question car, rapidement, on ne gagne pas plus en restant au forfait. Et il n'est pas si compliqué que ça d'être imposé au réel ».
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La participation aux deux visites d'exploitations organisées à Saint-Sébastien et Lans-en-Vercors les 6 juillet et 10 août (lire par ailleurs, ainsi que notre édition du 21 juillet) était modeste, mais des formations animées par des vétérinaires seront proposées dans le courant de l'hiver afin de permettre aux éleveurs de poursuivre la réflexion.
Un enjeu majeur
En effet, pour Alain Haret, le président de Sitadel, comme pour la plupart des responsables agricoles du département, l'enjeu est de maintenir une collecte laitière dans le Sud-Isère, qui représente actuellement 23 millions de litres de lait, mais où les laiteries ne collectent, en moyenne, que quarante litres de lait par kilomètre parcouru, contre dix fois plus dans d'autres secteurs.
Le projet de collecte de lait bio porté par Biolait n'est sans doute pas l'unique réponse à apporter à ce constat. Mais la garantie d'un prix de 410 euros par tonne de lait sans obligation de quitter sa laiterie d'origine constitue une bonne occasion de s'interroger sur l'opportunité d'un passage en bio.
« Il faut prendre le temps de la réflexion », a prévenu Jean-Michel Bouchard, le co-président de la section laitière de la FDSEA de l'Isère. C'était il y a déjà trois mois.
*Adabio : association pour le développement de l'agriculture biologique dans l'Ain, l'Isère et les deux Savoie.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
« - Quand on rembourse un emprunt, on a intérêt à produire pour dégager un maximum de chiffre d'affaires.
- Rien ne sert de gagner si c'est pour donner aux autres ».
Questions de stratégie économique
« - L'une des limites au développement de la collecte de lait bio dans le Vercors, c'est le poids de la double activité, car les agriculteurs qui travaillent à l'extérieur sont à la limite du réel et craignent que le passage en bio les fasse sortir du forfait.
- Dans le Sud-Isère, on ne nous pose plus la question car, rapidement, on ne gagne pas plus en restant au forfait. Et il n'est pas si compliqué que ça d'être imposé au réel ».
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------