Journées maïs 2011
Des solutions pour une meilleure irrigation
INTERVIEW/ A l'occasion de l'assemblée générale des irrigants de France, aux journées maïs 2011 à Grenoble, un débat a eu lieu sur l'irrigation. Le point avec Daniel Martin, président de cette association.
Cet été, la sécheresse a laissé place à la pluie. Quel est le bilan météo de cette année ?
C'est une année atypique pour tout le territoire français. L'hiver a été sec et sans pluie. Il n'y avait donc pas de réserves au printemps qui a été chaud, en avril et mai. Le retour de la pluie a eu lieu en juillet, et le niveau des nappes phréatiques est donc revenu à la normale. D'autant plus qu'il n'y a pas eu beaucoup de prélèvements d'eau que ce soit de la part des agriculteurs ou des particuliers.
L'irrigation des cultures est un sujet important et parfois polémique... Quels en sont les enjeux ?
Il faut déjà rappeler que l'irrigation ne concerne pas que le maïs. En Rhône-Alpes, l'arboriculture et le maraîchage en ont aussi besoin. Le premier enjeu concerne la production et sa régularité. Sans irrigation, avec les effets climatiques que nous connaissons, les produits souffrent et ne peuvent pousser de façon régulière. Tout comme ils ne peuvent exprimer l'ensemble de leurs qualités nutritives. Cette année, nous avons pu maintenir la qualité du blé avec un bon taux de protéines, celle du maïs avec un taux correct d'amidon et des fruits, qui avaient des qualités gustatives intéressantes. Si nous avions de très bons sols, nous n'aurions pas besoin de l'irrigation. Celle-ci est indispensable pour conserver les qualités évoquées précédemment, même si souvent nous sommes critiqués parce que nous avons besoin d'eau aux moments où justement, il n'y en a pas trop...
Face à ces critiques, quelle est votre position ? Quelles sont vos revendications ?
Ce que nous voulons faire savoir en premier lieu, c'est que la quantité de pluie qui tombe sur notre territoire est toujours la même depuis 1900. Problème : la répartition est plus ou moins bonne suivant les saisons, et les régions.
Notre idée serait donc de pouvoir stocker cette eau de pluie, ou de pouvoir puiser dans de grandes rivières ou fleuves comme le Rhône, l'Isère... Un travail concernant le stockage, l'utilisation et le partage de l'eau est en cours. Nous avons reçu sur ces points l'engagement du président de la République, qui nous a rencontrés deux fois. Désormais, nous devons trouver les financements et lever les contraintes administratives empêchant de créer ces réserves. Par exemple, les associations environnementales, qui sont contre nos projets, devront argumenter sévèrement pour empêcher leurs réalisations. Cela fait partie de nos demandes à Nicolas Sarkozy. Deuxième point: nous travaillons sur les besoins de nos plantes, pour déterminer avec précision les quantités d'eau à utiliser. L'irrigation ne veut pas dire que l'on balance de l'eau n'importe où, n'importe comment. Le matériel dont nous disposons doit être capable d'amener avec précision la quantité d'eau voulue. Enfin, le dernier dossier concerne des négociations, en cours avec EDF, pour mettre en place un tarif spécifique aux agriculteurs.
Propos recueillis par Lucile Ageron
C'est une année atypique pour tout le territoire français. L'hiver a été sec et sans pluie. Il n'y avait donc pas de réserves au printemps qui a été chaud, en avril et mai. Le retour de la pluie a eu lieu en juillet, et le niveau des nappes phréatiques est donc revenu à la normale. D'autant plus qu'il n'y a pas eu beaucoup de prélèvements d'eau que ce soit de la part des agriculteurs ou des particuliers.
L'irrigation des cultures est un sujet important et parfois polémique... Quels en sont les enjeux ?
Il faut déjà rappeler que l'irrigation ne concerne pas que le maïs. En Rhône-Alpes, l'arboriculture et le maraîchage en ont aussi besoin. Le premier enjeu concerne la production et sa régularité. Sans irrigation, avec les effets climatiques que nous connaissons, les produits souffrent et ne peuvent pousser de façon régulière. Tout comme ils ne peuvent exprimer l'ensemble de leurs qualités nutritives. Cette année, nous avons pu maintenir la qualité du blé avec un bon taux de protéines, celle du maïs avec un taux correct d'amidon et des fruits, qui avaient des qualités gustatives intéressantes. Si nous avions de très bons sols, nous n'aurions pas besoin de l'irrigation. Celle-ci est indispensable pour conserver les qualités évoquées précédemment, même si souvent nous sommes critiqués parce que nous avons besoin d'eau aux moments où justement, il n'y en a pas trop...
Face à ces critiques, quelle est votre position ? Quelles sont vos revendications ?
Ce que nous voulons faire savoir en premier lieu, c'est que la quantité de pluie qui tombe sur notre territoire est toujours la même depuis 1900. Problème : la répartition est plus ou moins bonne suivant les saisons, et les régions.
Notre idée serait donc de pouvoir stocker cette eau de pluie, ou de pouvoir puiser dans de grandes rivières ou fleuves comme le Rhône, l'Isère... Un travail concernant le stockage, l'utilisation et le partage de l'eau est en cours. Nous avons reçu sur ces points l'engagement du président de la République, qui nous a rencontrés deux fois. Désormais, nous devons trouver les financements et lever les contraintes administratives empêchant de créer ces réserves. Par exemple, les associations environnementales, qui sont contre nos projets, devront argumenter sévèrement pour empêcher leurs réalisations. Cela fait partie de nos demandes à Nicolas Sarkozy. Deuxième point: nous travaillons sur les besoins de nos plantes, pour déterminer avec précision les quantités d'eau à utiliser. L'irrigation ne veut pas dire que l'on balance de l'eau n'importe où, n'importe comment. Le matériel dont nous disposons doit être capable d'amener avec précision la quantité d'eau voulue. Enfin, le dernier dossier concerne des négociations, en cours avec EDF, pour mettre en place un tarif spécifique aux agriculteurs.