Des vergers de cerises protégés
Les années se suivent mais ne ressemblent pas. Pascal Arquillière, producteur de cerises et de prunes à Bessenay sur 11 ha, dont 5,5 ha de cerisiers et 0,5 ha de pruniers en production est d'accord avec cet adage. Pour sécuriser une partie de sa production de cerises issues de 18 variétés et notamment celles qui sont très sensibles à l'éclatement, il a investi dès 2013 dans un système de couverture des vergers.
« J'ai participé en 2013 à un voyage d'études en Allemagne organisé par Califruits, notre interprofession, où nous sommes allés voir des vergers protégés par une couverture anti-pluie et paragrêle (système Voën). Ce partage d'expérience m'a convaincu et j'ai décidé de me lancer sur 3 500 m2, notamment sur des variétés très sensibles à l'éclatement (folfer par exemple). Ce système consiste à installer une seule bâche qui protège à la fois contre la pluie et la grêle au-dessus des arbres. La bâche est maintenue à l'aide de câbles qui forment un quadrillage, ces câbles sont fixés à des poteaux en bois. En début de saison, la bâche est dépliée et amarrée au-dessus des arbres, elle sera repliée à la fin. Avec ce système, j'ai tout de suite obtenu de bons résultats au niveau qualitatif, avec moins de déchets (5 à 8 %). Ces variétés sont sensibles à l'éclatement mais donnent de gros fruits. »
Après quelques années...
L'investissement est conséquent : 40 0000 à 50 000 € par hectare, avec des aides pouvant atteindre 50 %. Pascal Arquillière a continué à couvrir ses vergers : 4 500 m2 en 2015, puis 4 500 autres en 2018. « Je me suis orienté cette fois vers le système français Filpack. Il se compose d'une bâche anti-pluie et d'un filet paragrêle indépendant. Par exemple, je suis en train d'installer les filets paragrêles ces jours (reportage réalisé le 17 mai). Pour les bâches anti-pluie, j'attends un peu : juste avant que les fruits ne changent de couleur. »
Après quelques années d'expériences, le producteur est satisfait de son investissement. « Cette protection me garantit une récolte, j'ai remarqué aussi que les fruits étaient plus brillants, on peut attendre la pleine maturité pour les cueillir. Le bémol : le matériel reste très sensible au vent violent. Dès lors que les rafales dépassent 80 km/h, les poteaux peuvent être arrachés et les bâches abimées voire déchirées. Ces derniers jours par exemple, le vent en a soulevé certains donc il faut rester vigilant en cas de grosses rafales et bien renforcer l'ancrage pour éviter d'endommager les structures et les bâches. »
Autre bémol : le temps de travail pour mettre en place ces dispositifs. « Deux journées à deux sont par exemple nécessaires pour installer les bâches anti-pluie, même chose pour les replier. Pour le filet paragrêle, c'est de l'ordre d'un jour et demi par hectare à deux. Heureusement pour le montage initial, il y a eu de l'entraide entre voisins ! Cette année, nous allons pouvoir utiliser une nacelle électrique grâce l'investissement de la Cuma des Bigarreaux, pour monter nos structures de protection et également tailler les arbres. Cet outil nous permet d'économiser de la main-d'œuvre, (une personne), d'être davantage en sécurité et d'effectuer ces tâches dans de meilleures conditions, au niveau du confort de travail. »
Pour la suite, Pascal Arquillière n'envisage pas forcément de couvrir davantage ses vergers, ni de les protéger contre la drosophile suzukii comme d'autres confrères du secteur.
Emmanuelle Perrussel