Y grenoblois
Dissolution de l'Adayg : « On est tous un peu orphelins »
ASSOCIATION/ Lundi dernier, 4 juillet, les membres de l'Adayg se sont réunis en assemblée générale extraordinaire avec à l'ordre du jour le vote de la dissolution de l'association. Une décision nécessaire pour les coprésidents, mais contestée par plusieurs adhérents de l'association.
L'impression d'assister à un enterrement. C'est, en substance, ce qui a été ressenti par certains adhérents de l'association pour le développement de l'agriculture dans l'Y grenoblois (Adayg), lors de la dernière assemblée générale extraordinaire de cette dernière qui s'est déroulée mi-juin. Si le vote concernant la dissolution de l'Adayg ne s'est fait que lundi dernier, 4 juillet, en raison du quorum insuffisant la première fois, les débats ont bien eu lieu mi-juin. Et, si les coprésidents en ont profité pour revenir sur les motivations de cette décision, ils ont aussi dû faire face à l'incompréhension d'une partie de l'assemblée.
Une décision « unanime »
« Personne ne remet en cause l'action de l'Adayg et personne ne le fera. Le premier élément motivant notre position est la baisse des moyens financiers de l'association. Des décisions ont été prises par les collectivités, nous ne les contestons pas mais cela pèse fortement sur l'avenir de l'Adayg », explique Gérard Seigle-Vatte, coprésident de la structure, et président de la chambre d'agriculture de l'Isère. Et d'ajouter : « Je n'ai pas envie non plus d'entendre que cette décision vient de moi, en tant que président de la chambre d'agriculture, car ce n'est pas le cas. Elle n'a pas été prise en catimini, tous les membres du bureau de l'Adayg sont unanimes et solidaires sur ce point ».
Au total, en 2010, les ressources de l'Adayg ont diminué de 36 000 euros. Et, cette année, le conseil général de l'Isère arrête de financer l'activité de l'association. Ce qui correspond à une perte de 70 000 euros. « A cela, s'ajoute la probable perte du soutien financier du Conseil régional, soit 130 000 euros », ajoute-t-il.
S'arrêter avant de faire faillite
Des propos confirmés par Roland Revil, vice-président de la communauté d'agglomération du pays voironnais : « Personne ne conteste le travail fait par l'association depuis vingt ans. Ce travail est financé par les collectivités. Alors, quand certains se retirent et que d'autres ne veulent pas mettre plus d'argent en jeu, que devons-nous faire ? Attendre d'arriver au dépôt de bilan ? Les membres du conseil d'administration ont eu le courage d'arrêter avant de faire faillite ».
Pour autant, tous réaffirment leur volonté de soutenir l'agriculture. « Nous n'imposerons pas un mode d'agriculture fait par les collectivités. Et il n'est pas question de remettre en question la marque Terres d'ici. Au contraire, elle a besoin de se développer, et peut-être de voir son espace géographique s'agrandir, dépasser l'Y grenoblois », précise Gérard Seigle-Vatte.
Quel avenir ?
Des discours qui ne font pas forcément l'unanimité des adhérents. Thierry Blanchet, élu à la chambre d'agriculture et exploitant à La Murette, regrette cette décision. « Ce rapport d'activité sonne comme le testament de l'Adayg. On est tous un peu orphelin ce soir », lâche-t-il, avant de lire la lettre d'un ancien président, déplorant également cette prise de position. Tout en remerciant l'Adayg de les avoir soutenus et écoutés, certains agriculteurs se posent des questions quant à leur avenir, comme Sylvie Budillon Rabatel : « Une agricultrice, en apprenant la nouvelle, m'a dit qu'elle avait eu l'impression que le ciel lui tombait sur la tête. Elle n'est pas la seule, car nous n'étions pas au courant de tout cela ! L'Adayg n'a pas juste permis à l'agriculture péri-urbaine de vivre, mais d'évoluer. Il faut continuer à travailler ensemble pour réussir l'avenir ».
Tristesse et amertume des salariés
Un avenir qui reste encore flou notamment pour les salariés de la structure. Au nombre de ???, certains ont demandé un licenciement économique pour mener à bien des projets personnels, alors que les autres seront reclassés. Il ne serait plus que deux à ne pas savoir où ils seront réaffectés fin décembre, selon Christine Joy, coprésidente. Mais, lors de cette assemblée générale, ils ont tenu à exprimer leur « tristesse et amertume face à une décision prise précipitamment. En 27 ans, l'Adayg n'a eu qu'un seul bilan comptable négatif... Nous éprouvons un sentiment de blessure. Ce n'était pas un travail alimentaire, on croyait en ce que nous faisions. Nous sommes dans l'attente sur la suite de ce processus de reclassement et sur le devenir politique de l'agriculture et la forêt péri-urbaine de l'Y grenoblois ». Etre vigilants, c'est aussi ce à quoi s'emploieront les agriculteurs du réseau.
Lucile Ageron
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L'avenir des actions de l'association en questions
Créée en 1984 par les structures intercommunales de l'Y grenoblois, la chambre d'agriculture de l'Isère et la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, l'Adayg arrive aujourd'hui en bout de course. Et, face à la décision de dissoudre l'association, se pose la question du devenir de ses actions. Aide et appui aux exploitants, sollicitations des communes et intercommunalités notamment sur des questions litigieuses de foncier et d'économie, suivi de l'aménagement avec une participation forte au schéma de cohérence territoriale de l'agglomération grenobloise... « Quelle sera la prise en compte de l'agriculture dans le Scot quand plus personne ne sera là pour porter ce drapeau, a questionné Lilian Vargas, adjoint au directeur de l'Adayg, lors de la récente assemblée générale extraordinaire de l'organisme. L'Adayg avait pour particularité d'avoir une posture de médiateur entre les élus politiques et le monde agricole. Quelle stratégie devront adopter les collectivités pour ne pas braquer les agriculteurs ? Encore une fois, l'Adayg avait un pied dans chaque monde et pouvait faire avancer les choses ».
Autre questionnement : l'avenir de la marque Terres d'ici, qui regroupe 65 exploitants. Problème : « Les collectivités ne se la sont jamais réellement appropriées. Comment renforcer le lien entre le territoire et la désignation de produits ? La question de l'avenir de cette marque est cruciale, d'autant que les agriculteurs vendent une bonne part de leur production via cette marque de circuit court, soutenue par l'Adayg ». Des interrogations qui, pour l'heure, restent sans réponse, et c'est précisément ce que souhaitait mettre en évidence l'association afin d'exprimer son incertitude et ses craintes.
LA
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Une décision « unanime »
« Personne ne remet en cause l'action de l'Adayg et personne ne le fera. Le premier élément motivant notre position est la baisse des moyens financiers de l'association. Des décisions ont été prises par les collectivités, nous ne les contestons pas mais cela pèse fortement sur l'avenir de l'Adayg », explique Gérard Seigle-Vatte, coprésident de la structure, et président de la chambre d'agriculture de l'Isère. Et d'ajouter : « Je n'ai pas envie non plus d'entendre que cette décision vient de moi, en tant que président de la chambre d'agriculture, car ce n'est pas le cas. Elle n'a pas été prise en catimini, tous les membres du bureau de l'Adayg sont unanimes et solidaires sur ce point ».
Au total, en 2010, les ressources de l'Adayg ont diminué de 36 000 euros. Et, cette année, le conseil général de l'Isère arrête de financer l'activité de l'association. Ce qui correspond à une perte de 70 000 euros. « A cela, s'ajoute la probable perte du soutien financier du Conseil régional, soit 130 000 euros », ajoute-t-il.
S'arrêter avant de faire faillite
Des propos confirmés par Roland Revil, vice-président de la communauté d'agglomération du pays voironnais : « Personne ne conteste le travail fait par l'association depuis vingt ans. Ce travail est financé par les collectivités. Alors, quand certains se retirent et que d'autres ne veulent pas mettre plus d'argent en jeu, que devons-nous faire ? Attendre d'arriver au dépôt de bilan ? Les membres du conseil d'administration ont eu le courage d'arrêter avant de faire faillite ».
Pour autant, tous réaffirment leur volonté de soutenir l'agriculture. « Nous n'imposerons pas un mode d'agriculture fait par les collectivités. Et il n'est pas question de remettre en question la marque Terres d'ici. Au contraire, elle a besoin de se développer, et peut-être de voir son espace géographique s'agrandir, dépasser l'Y grenoblois », précise Gérard Seigle-Vatte.
Quel avenir ?
Des discours qui ne font pas forcément l'unanimité des adhérents. Thierry Blanchet, élu à la chambre d'agriculture et exploitant à La Murette, regrette cette décision. « Ce rapport d'activité sonne comme le testament de l'Adayg. On est tous un peu orphelin ce soir », lâche-t-il, avant de lire la lettre d'un ancien président, déplorant également cette prise de position. Tout en remerciant l'Adayg de les avoir soutenus et écoutés, certains agriculteurs se posent des questions quant à leur avenir, comme Sylvie Budillon Rabatel : « Une agricultrice, en apprenant la nouvelle, m'a dit qu'elle avait eu l'impression que le ciel lui tombait sur la tête. Elle n'est pas la seule, car nous n'étions pas au courant de tout cela ! L'Adayg n'a pas juste permis à l'agriculture péri-urbaine de vivre, mais d'évoluer. Il faut continuer à travailler ensemble pour réussir l'avenir ».
Tristesse et amertume des salariés
Un avenir qui reste encore flou notamment pour les salariés de la structure. Au nombre de ???, certains ont demandé un licenciement économique pour mener à bien des projets personnels, alors que les autres seront reclassés. Il ne serait plus que deux à ne pas savoir où ils seront réaffectés fin décembre, selon Christine Joy, coprésidente. Mais, lors de cette assemblée générale, ils ont tenu à exprimer leur « tristesse et amertume face à une décision prise précipitamment. En 27 ans, l'Adayg n'a eu qu'un seul bilan comptable négatif... Nous éprouvons un sentiment de blessure. Ce n'était pas un travail alimentaire, on croyait en ce que nous faisions. Nous sommes dans l'attente sur la suite de ce processus de reclassement et sur le devenir politique de l'agriculture et la forêt péri-urbaine de l'Y grenoblois ». Etre vigilants, c'est aussi ce à quoi s'emploieront les agriculteurs du réseau.
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Créée en 1984 par les structures intercommunales de l'Y grenoblois, la chambre d'agriculture de l'Isère et la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, l'Adayg arrive aujourd'hui en bout de course. Et, face à la décision de dissoudre l'association, se pose la question du devenir de ses actions. Aide et appui aux exploitants, sollicitations des communes et intercommunalités notamment sur des questions litigieuses de foncier et d'économie, suivi de l'aménagement avec une participation forte au schéma de cohérence territoriale de l'agglomération grenobloise... « Quelle sera la prise en compte de l'agriculture dans le Scot quand plus personne ne sera là pour porter ce drapeau, a questionné Lilian Vargas, adjoint au directeur de l'Adayg, lors de la récente assemblée générale extraordinaire de l'organisme. L'Adayg avait pour particularité d'avoir une posture de médiateur entre les élus politiques et le monde agricole. Quelle stratégie devront adopter les collectivités pour ne pas braquer les agriculteurs ? Encore une fois, l'Adayg avait un pied dans chaque monde et pouvait faire avancer les choses ».
Autre questionnement : l'avenir de la marque Terres d'ici, qui regroupe 65 exploitants. Problème : « Les collectivités ne se la sont jamais réellement appropriées. Comment renforcer le lien entre le territoire et la désignation de produits ? La question de l'avenir de cette marque est cruciale, d'autant que les agriculteurs vendent une bonne part de leur production via cette marque de circuit court, soutenue par l'Adayg ». Des interrogations qui, pour l'heure, restent sans réponse, et c'est précisément ce que souhaitait mettre en évidence l'association afin d'exprimer son incertitude et ses craintes.
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