Douceur cerise défie le temps
« C'est un réseau porteur », reconnaît Brigitte Magnat, dirigeante de Douceur cerise. La petite marque de produits cosmétiques fabriqués à Sarcenas en Chartreuse a été lauréate en 2013 du cluster régional Organics (26) pour le lancement de sa gamme. Depuis, elle est toujours adhérente et s'appuie sur ce précieux réseau pour le développement de la société : R&D, communication, événementiel etc. C'est la condition même pour qu'une petite marque comme Douceur cerise puisse trouver sa place, estime la dirigeante.
L'entreprise est créée en 2008 sur la base de l'expérience d'une première société orientée autour de deux activités : la phytothérapie (plantes et compléments alimentaires) et les instituts de beauté. « Nous avions envie de développer notre gamme de produits », reprend Brigitte Magnat. Douceur cerise nait donc de la volonté d'aborder le créneau des produits cosmétiques et d'investir les magasins bio. Le coup de pouce viendra du programme Bio' innov animé par le cluster Organics et soutenu par la région Rhône-Alpes en direction de projets innovants. L'entreprise bénéficie ainsi d'un accompagnement qui lui permet de mettre ses premiers cosmétiques sur le marché en 2013 : il s'agit de deux crèmes visage (soin du jour et soin du temps, son produit phare), d'une crème pour les mains et d'un lait démaquillant. Ce dernier a reçu le prix des consommateurs bio à la Une en 2015. Cet automne, Douceur cerise a lancé deux nouveaux produits ; une lotion tonique et un lait pour le corps. Elle a encore dans ses cartons un projet de gommage à partir de noyaux de cerise.
Une sécurité
La petite entreprise avance pas à pas. Son crédo, c'est la mutualisation des services. Si la R&D est faite en interne, c'est le rayon de Guy Magnat, elle s'appuie largement sur le réseau du cluster, pour les relations presse, les rencontres organisées avec les acheteurs ou encore la participation à des événements comme Natexpo en octobre à Paris. L'entreprise travaille également avec Corabio, ce qui lui facilite le prospect de fournisseurs. « Nous recherchons des collaborations avec des gens spécialisés », détaille Brigitte Magnat, qui mesure une fois de plus la force du réseau. Ainsi, les queues de cerises, à la base de la plupart des préparations, sont le fruit soit de la cueillette sauvage mais effectuée par des cueilleurs certifiés sur les pentes de Chartreuse, soit fournis par des agriculteurs bio, producteurs de jus ou de confitures. « La seule contrainte est la certification bio », insiste la dirigeante, qui conseille « d'avoir une multitude de circuits », pour limiter les risques de rupture d'approvisionnement dans un secteur aussi pointu. « Je vais aussi à Tech&Bio pour rencontrer des producteurs d'huiles essentielles », ajoute-t-elle. Laboratoires de production, emballages, étiquettes : Douceur cerise s'est constitué un solide carnet de fournisseurs. Cette sécurité lui permet d'avancer sur la partie développement et commercialisation, même si c'est un poste qu'elle souhaite également mutualiser. « Nous voulons développer la gamme pour augmenter notre chiffre d'affaires », indique Brigitte Magnat. L'entreprise dégage aujourd'hui 70 000 euros de chiffre d'affaires, mais espère dépasser les 100 000 euros à moyen terme, en commençant par rénover son site internet qui ne donne pas tout son potentiel.
« C'est une aventure cosmétique qui démarre. Cela prend du temps. Il faut que la marque s'installe ». Douceur cerise est diffusée via deux segments : les instituts de beauté et les magasins bio. D'ailleurs, les produits sont élaborés et testés en partenariat avec les esthéticiennes des instituts qui les utilisent et donnent leurs appréciations en retour.
Isabelle Doucet
Bio'Innov
Ce programme permet de bénéficier du soutien d'un consultant spécialisé en innovation et marketing, d'échanger avec d'autres entreprises du secteur, de bénéficier d'un soutien pour la promotion de l'entreprise et d'obtenir une prise en charge des dépenses directement liées au projet (étude de marché, développement de recettes, test de produits, conception de packaging...) dans la limite de 10 000€ par projet. Entre 2007 et 2015, 87 entreprises régionales ont été soutenues.
Un travail sur les textures
Brigitte Magnat consent à délivrer quelques secrets sur la gamme cosmétique. « Nous travaillons sur les textures. Notre clientèle apprécie la fluidité et l'efficacité de nos produits », explique-t-elle. A la base, elle utilise du beurre de karité qu'elle fait venir du Burkina Fasso. Elle ajoute des plantes trouvées localement, une quinzaine environ.La cerise est appréciée dans l'univers de la minceur, en queues ou en macération. « Il existe en cosmétique des actifs incontournables », note la dirigeant d'entreprise. La crème restructurante comporte ainsi de l'huile de rose musquée aux vertus réparatrices. Pour être florale et légère, la crème de jour est composée de mauve et de mélisse. La lotion tonique bénéficie d'eau d'amaryllis favorable à la microcirculation et l'huile de noisette est utilisée comme hydratant dans le lait pour le corps.
Les plantes sont macérées ou séchées sur place dans le laboratoire familial où se déroulent également l'étiquetage et les expéditions. La mise en flacon s'opère dans des laboratoires régionaux qui travaillent à façon. Les produits sont conditionnés sous vide afin d'éviter l'ajout de conservateurs.