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Clôtures

Du bois dont on fait les piquets

Au cœur de la forêt des Chambaran en Isère, la scierie Combalot fabrique des piquets pour l'agriculture depuis 70 ans.
Du bois dont on fait les piquets

La scierie est en pleine effervescence. « Notre activité connaît un pic de février à mai, au moment des travaux dans les champs », avance François Brun-Buisson, le dirigeant de la scierie Combalot à Viriville.
Au cœur des Chambaran, l'entreprise existe depuis plus de 70 ans. Son activité historique est la fabrication de piquets et d'échalas, principalement en châtaigniers. « Nous faisons aussi du robinier faux acacia et quelques feuillus comme le chêne ou le peuplier », précise le dirigeant qui a repris l'entreprise en 2007. La scierie emploie 13 salariés pour un chiffre d'affaires de 1 million d'euros.
Les arbres, la plupart du temps prélevés dans la forêt de taillis alentour, arrivent en grumes et sont découpés de façon à optimiser toutes les longueurs, « quitte à faire du stock de billots ». Avec un parc de deux hectares, l'entreprise peut s'assurer un stock tampon. « Nous anticipons nos achats de bois en fonction de l'activité de l'année précédente puis nous ajustons », explique François Brun-Buisson. La scierie découpe ainsi 5 à 6 000 tonnes de bois local par an. Les billots sont soit écorcés pour la production de piquets haut de gamme, comme par exemple les échalas employés dans les vignes du mâconnais. Soit il sont taillés bruts pour servir de clôture traditionnelle agricole.

Conditionnement

Les clients de la scierie sont les coopératives agricoles et viticoles, les négociants, et quelques agriculteurs en direct. « Nous livrons jusqu'en Suisse et en Allemagne », précise le dirigeant qui réalise un chiffre d'affaires significatif à l'export.
Les piquets de clôture représentent 25% de l'activité de la scierie. « Les agriculteurs utilisent beaucoup les piquets en bois, pour leur facilité d'utilisation, de mise en place, de durabilité, pour la simplicité de fixation des fils, grillages ou palissades électriques. Nous proposons en outre un produit très bien conditionné, en palette libre-service, qui permet à l'agriculteur de manipuler sa palette sans risque », avance le dirigeant.

La scierie, qui évolue dans un environnement très concurrentiel, sait que des piquets droits, de bonne qualité et soigneusement conditionnés font la différence. « Nous avons mis en place cette démarche depuis plus de trois ans et ça fonctionne bien », reconnaît le scieur. Les piquets les plus courants mesurent entre 1,50 m (pour une circonférence de 24/28) et 2 m (en 28/32). Il en coûte entre 1,10 euro et 1,75 euro HT, à raison d'un piquet planté tous les 2 mètres.
Aujourd'hui, le bois n'a toujours pas été concurrencé par la clôture métallique. « Bio dégradable, on peut le recycler dans le poêle », ajoute François Brun-Buisson. « De toute façon, le monde agricole reste au piquet bois », qu'il s'agisse de clôtures permanentes, en place pour 20 ou 30 ans, ou temporaires. Mais avec la crise il observe que les exploitants marquent le pas. Le renouvellement des clôtures est moins fréquent.

Marché suisse

L'entreprise a cependant su se diversifier. Le secteur vigne représente 30% de son activité, les petits piquets pour les plantations forestières, 20%, et le secteur de la palissade, à 25% est en fort développement. « Nous pensions qu'il y avait de gros marchés en bord de mer, mais finalement la demande vient plutôt de la campagne et de l'étranger. » La scierie est toujours à la recherche de nouveaux marchés. Elle propose depuis peu des piquets fraisés en châtaignier haut de gamme qui font fureur en Suisse. Elle est également positionnée sur le marché du bois énergie. La vente en ligne est aussi porteuse.
En revanche elle a pratiquement abandonné sont activité d'entrepreneur de travaux forestiers. Trop compliqué d'un point de vue opérationnel et juridique. « Trop de problèmes », regrette François Brun-Buisson, échaudé aussi par l'épisode de la ZAD* du Center parcs de Roybon, qui le prive d'un chantier de 7 000 hectares.

Isabelle Doucet

*ZAD : zone à défendre