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Elevage

Du lait en quantité et en qualité

Selon le contrôle laitier, la production iséroise moyenne par vache a atteint des records en 2016.
Du lait en quantité et en qualité

En 2016, 416 éleveurs étaient inscrits au contrôle laitier pour un total de 22 341 vaches contrôlées, en très légère diminution comparé à 2015, a annoncé le contrôle laitier de l'Isère (Ciel) lors de son assemblée générale qui s'est déroulée à Rives à la mi-mars. En revanche, le nombre de kilos de lait produits dans ces élevages ne cesse de croître pour dépasser pour la première fois les 400 000 kilos cette année. Signe que les élevages poursuivent à la fois leur agrandissement et leur travail sur la performance. La taille des troupeaux inscrits est passée en 10 ans de 36 à 54 vaches (51% des troupeaux comptent plus de 50 VL).

Mais l'Isère reste un territoire très hétérogène, où les systèmes de production sont très différents et les tailles de troupeau varient de 38 vaches en Belledonne à 67 dans les Terres froides. En termes de production laitière, Hugues Villette, le directeur d'Isère conseil élevage qualifie 2016 « d'année record » avec 7 397 kilos produits en moyenne par vache, soit 200 kg de plus qu'en 2015. « La qualité des fourrages compense un peu le prix du lait », commente le directeur. A noter que 55% des adhérents se situent au-delà de 7 000 kg de moyenne. En taux cellulaires, les choses s'améliorent considérablement depuis deux ans. « On a fait le ménage, explique encore Hugues Villette. Toutes les bêtes à cellule ont été réformées ». Il ajoute que la qualité des fourrages explique aussi les résultats dans la qualité du lait. Le Vercors détient le record de la qualité avec un taux cellulaire de 215, fruit de la politique incitative menée par la coopérative Vercors lait. Pour rappel, le seuil de 250 caractérise un lait de qualité.

Coûts de production

En revanche, « les marges de progrès sont importantes » dans le renouvellement des troupeaux, car pour 25% des éleveurs l'âge de vêlage des génisses est de 3,5 ans et le nombre de lactations par vache de 2,7 en moyenne, ce qui est peu. Le contrôle laitier a également observé une érosion des résultats économiques dans les élevages. Le coût de production du lait standard est en effet passé de 571 euros les 1 000 litres en 2014 à 574 euros en 2015 et les charges en approvisionnements (concentrés et fourrages), de 96 euros les 1 000 litres en 2014 à 99 euros en 2015. D'après une enquête de la Fidocl sur les coûts de production réalisée auprès de 380 exploitations en Rhône-Alpes, il apparaît que les charges sont les plus réduites dans les exploitations équipées de robots de traite et les plus élevées en bio. Elles varient de 500 à 750 euros les 1 000 litres, mais les systèmes où les charges sont les plus élevées (herbe, AOC, bio) sont aussi ceux où le lait est le mieux valorisé.

En 2016, la structure présidée par Raymond Riban s'est particulièrement impliquée dans les rendez-vous duo organisés par la profession dans le cadre du plan d'aide à l'élevage. Ces rendez-vous mobilisent à chaque fois une compétence technique et une compétence économique. Le Ciel a effectué 155 rendez-vous. L'objectif est de cerner l'approche globale de l'exploitation pour dégager des pistes d'amélioration. L'action sera reconduite en 2017 avec des financements du conseil départemental, du Crédit agricole sud Rhône-Alpes et des organisations professionnelles. Le reste à charge de l'éleveur sera de 150 euros. « Nous sommes tous en présence d'exploitations qui s'interrogent, a déclaré Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture. Toutes les OPA ont été contactées, quelles que soient le filières. Ces rendez-vous ne s'adressent pas aux publics en difficulté mais aux exploitations où il existe des marges de manœuvre. » Dans la même logique, le Crédit agricole sud Rhône Alpes consent une aide de 150 euros à l'éleveur qui souhaite réaliser un diagnostic coûts de productions. En 2017, le Crédit agricole Centre Est s'inscrira lui aussi dans la démarche.

Changement de laboratoire

Hugues Villette a aussi rappelé le choix du laboratoire Mael depuis janvier 2016, qui assure désormais la collecte pour les départements de l'Ain, de l'Ardèche, de la Drôme, de l'Isère et de la Saône-et-Loire. Ce changement d'opérateur a permis à la structure de réduire considérablement ses délais entre le contrôle et sa restitution (de 7,5 jours en 2015 à 4,5 jours en 2016), mais aussi d'obtenir des résultats plus fiables.
Par ailleurs, le Ciel a procédé en février 2017 à une enquête de satisfaction auprès de ses adhérents. Les premiers retours témoignent d'un indice de satisfaction sans appel. Parmi les points d'amélioration, les adhérents souhaiteraient une réduction du prix des services (58%), le développement de l'accompagnement économique (27%), l'intervention d'experts techniques (22%), davantage de publications techniques (21%), des formations, des groupes d'échanges, des journées techniques (19%) etc.
En 2017, Isère conseil élevage pilotera un projet de collecte de données pour le compte de l'OS montbéliarde et de l'Inra. Par ailleurs, l'organisation entend encore mettre l'accent sur l'innovation et les nouvelles technologies : nouvelles analyses avec le laboratoire Mael (constat de gestion, acétonémie), collecte et valorisation des données santé (vingtaine de pathologies), utilisation des outils 2D, 3D et NEC* automatisée via une application Smartphone.

Isabelle Doucet

*Notation de l'état corporel