Du nouveau en 2020
« Le Pôle agroalimentaire n'est pas une construction intellectuelle : c'est un outil au service de nos entreprises. » En soufflant la première bougie de l'association qui regroupe agriculteurs, transformateurs et distributeurs isérois, Pascal Denolly a rappelé sa vocation première : faire émerger des filières de proximité et accompagner la coopération entre des acteurs qui, jusqu'à présent, au mieux se méjugeaient, au pire s'exécraient. Lors de la première assemblée générale, le 29 novembre, le président du Pôle ne s'est donc pas contenté de mettre l'accent sur « ce qui a déjà été enclenché ». Il a également invité ses partenaires à « aller plus vite et plus loin, tout en développant une stratégie à long terme », signalant au passage que « si le soutien des collectivités est précieux, il n'est que transitoire. Il nous est interdit de nous installer dans une logique de confort : à nous de construire quelque chose de solide pour que nous puissions voler de nos propres ailes ».
835 références commercialisées sous la marque IsHere
C'est en bonne voie. Dix-huit mois après le lancement de la marque IsHere, bras armé du Pôle agroalimentaire, une centaine de producteurs sont d'ores et déjà agréés (1), ce qui ne représente pas moins de 835 références commercialisées (fruits, légumes, miel, produits laitiers, viandes et charcuterie, alcools et bières, crèmes glacées, pâtisseries...). Ces produits sont disponibles chez les distributeurs partenaires, dont deux grossistes, soit une trentaine d'enseignes en tout.
Pour Pascal Denolly, ce début encourageant ne doit pas occulter le chapitre de la qualité. « L'absence de cahier des charges qualitatif nuit gravement à la santé de la marque, a tonné le président du Pôle en présentant le rapport moral de l'association. Je veux qu'avant le mois de février, nous ayons enclenché la démarche. » L'appel intervient alors que l'association vient de lancer un audit pour vérifier que les entreprises agréées IsHere honorent bien deux des trois « promesses » de la marque, à savoir l'origine iséroise des produits et la juste rémunération des producteurs. Dix audits test ont été réalisés en décembre. Une trentaine devraient être pratiqués chaque mois dès janvier. Mais dans ces audits, il n'est point question de qualité.
Site web dédié
Autre nouveauté attendue pour 2020 : le lancement du site web. Mis en ligne en janvier, l'outil servira à communiquer sur le Pôle, sa marque dédiée (avec une carte interactive recensant les produits IsHere et les points de vente) ainsi que sur les AOP/IGP iséroises. Une partie de l'interface, réservée aux professionnels adhérents du Pôle, permettra de mettre en relation producteurs et distributeurs. Une enseigne pourra ainsi effectuer une recherche selon différents critères (catégorie de produits, territoire de livraison, circuit de distribution souhaité...), poster une demande et obtenir la liste de produits correspondants. Une fois qu'il aura sélectionné ceux qui l'intéressent, un mail sera automatiquement adressé au porteur de l'offre qui prendra contact – ou non – avec le demandeur. Développée grâce à un financement du Département (60 000 euros), cette plateforme devrait booster le « business » que le président Denolly appelle de ses vœux.
Marianne Boilève
(1) 73 agriculteurs et groupements, 4 moulins et 26 artisans.
Egalim, un débouché pour les produits IsHere ?
Lors de l'assemblée générale du Pôle agroalimentaire, un adhérent a soulevé la question de l'intégration des produits agréés IsHere dans les quotas de produits locaux imposé par l'article 24 (objectif de 50% de produits issus de l'agriculture biologique, sous signe de qualité ou locaux à l'horizon 2020). Comme la loi ne reconnaît pas forcément les marques de territoire, les membres du Pôle se demandent « comment faire pour rentrer dans l'objectif de la loi ». Les services de l'Etat sont en train de plancher sur la question...MB