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Cuma

Du nouveau matériel pour le compostage

Lors de son assemblée générale, la Cuma Isère compost a partagé son projet de renouveler et rénover son parc machines de retourneurs aérateurs d'andains.
Du nouveau matériel pour le compostage

La Cuma Isère Compost, présidée par Martial Durand, est confrontée à des choix d'avenir qui concernent le renouvellement et la rénovation du matériel qu'elle emploie. Ces perspectives d'évolution ont nourri les échanges lors de l'assemblée générale qui s'est tenue à Charnècles, le 7 septembre dernier.

La Cuma compte environ 300 adhérents qui utilisent ses trois retourneurs aérateurs composteurs d'andain. Ces matériels sont répartis en trois secteurs : Sud-Isère, Nord-Isère et Sud-Grésivaudan. Deux sont chez des ETA, un est à la Cuma du Piedmont et les trois fonctionnent avec une délégation de la Cuma compost. Mais ces trois engins, de génération différente ne présentent pas le même rendement et les cumistes veulent pouvoir afficher le même tarif à la minute pour cette prestation. Autre problème, les machines requièrent une homologation pour circuler sur la route et doivent être mises aux normes.

Martial Durand a donc présenté des simulations pour l'achat de deux retourneurs-aérateurs de compost neufs et une rénovation. Mais les tarifs ont flambé depuis le devis de janvier et celui d'après confinement. Il en coûte désormais 88 000 euros HT pour l'achat d'une machine, contre 73 600 euros en début d'année... Une rénovation (changement de rotor notamment sur la machine du Nord-Isère) coûte environ 15 000 euros. Quant à la reprise des deux machines, les cumistes n'en attendent pas plus de 10 000 euros. En début d'année, l'opération aurait pu être réalisable avec un prêt sur dix ans et deux années d'exercice déficitaire. Mais face à cette inflation, les membres de l'assemblée générale ont décidé de refaire des simulations, quitte à envisager plutôt deux rénovations et un achat. Martial Durand souligne que la coopérative « ne peut pas bénéficier d'aide pour du renouvellement de matériel à l'identique ».

Moins d'élevages

Pour autant, les coopérateurs doivent aussi tenir compte d'autres éléments, comme le fait que les machines ont moins tourné en 2019 (6 733 min) comparé à 2018 (7 776 min). C'est surtout dans les Terres froides qu'il y a eu moins de demande pour des opérations de retournement d'andains. Plusieurs hypothèses à cela : des tas épandus avant d'être compostés, une météo avec beaucoup d'eau et peu de retournement ? Mais les ETA signalent aussi qu'il y a moins d'élevages bovins, notamment dans le Trièves. Se pose aussi la question de la mise en route des méthaniseurs et de leur consommation de matière organique, bien que « les porteurs de projets ne sont pas forcément adhérents de la Cuma compost. » Une piste serait de se rapprocher  des collectivités pour valoriser leurs déchets verts, mais les membres de la Cuma compost y voient deux écueils : une réglementation très stricte du point de vue de l'ouverture des Cuma à d'autres professionnels que les agriculteurs et la lenteur des analyses qui ne permet de libérer les déchets que trois semaines après leur apport.

En 2019, la Cuma a observé un chiffre d'affaires de 53 300 euros en retrait de 13,5%. Cependant, son résultat reste excédentaire (+12 000 euros) et lui permet d'envisager des investissements matériels, d'autant que deux retourneurs sur trois sont déjà amortis.

Isabelle Doucet

 

Broyage / Utile, le broyeur ne fait pourtant pas partie des investissements prioritaires pour la Région.

La Cuma bois-énergie veut renouveler son broyeur

Une autre Cuma départementale a tenu son assemblée générale vendredi 4 septembre à Varacieux. Il s'agit de la Cuma bois-énergie présidée par Bruno Neyroud. A l'ordre du jour : la gestion du personnel et un projet d'investissement pour un nouveau broyeur. « C'était une année compliquée avec les salariés, explique Bruno Neyroud. Mais aujourd'hui, une seule personne est en charge du planning et du broyage ». La Cuma bois-énergie compte 180 adhérents dont quelques uns dans la Drôme et dans l'Ain. Le broyeur est stationné pour l'instant à la Cuma du Piedmont à Saint-Vérand et a affiché 500 heures de rotor en 2019. La Cuma a acquis ce matériel il y a quatre ans, qui depuis a été soumis à un rythme soutenu : 3 000 heures de broyage et 5 000 heures pour le tracteur.
Plaquettes pour le chauffage
« Nous avons prévu de le changer pour un broyeur plus autonome, poursuit le président. Nous souhaitons passer d'un ensemble tracteur + broyeur à un broyeur plus compact et intégré. Cet engin présentera les mêmes dimensions mais sera plus compact et permettra de mieux circuler sur les routes. » L'investissement pour ce nouvel engin s'élève à 650 000 euros, hors reprise de l'ancien matériel. Mais le président ne décolère pas. « Nous n'avons accès à aucune aide régionale car nous ne sommes pas prioritaires et que le budget est trop important par rapport à l'enveloppe disponible. » Les cumistes se sont tournés vers le département de l'Isère dans l'espoir d'obtenir une subvention.
Bruno Neyroud souligne tout l'intérêt de l'utilisation d'un broyeur pour une agriculture durable : l'engin sert à l'entretien des vergers de noyers ; il est utilisé par les producteurs de noix afin de valoriser les bois de taille et les déchets des vergers pour le séchage des noix ; les plaquettes servent également pour le chauffage des laiteries et des salles de traites ; elles peuvent aussi être fournies aux chaufferies locales et enfin, les agriculteurs peuvent tirer un complément de revenu de la vente de leur bois. « De plus, on observe un axe de développement avec la production de plaquettes de bois pour la litière des animaux en remplacement de la paille qui fait défaut », souligne le président de la Cuma. Les besoins de broyage sont croissants, surtout chez les producteurs de noix qui ont connu beaucoup de dégâts sur leurs vergers et les adhérents de la Cuma bois-énergies sont de plus en plus nombreux.
ID