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Du producteur à l'industriel

A Luzinay, le Gaec du Mas d'Illins recevra les visiteurs de la journée portes ouvertes de la laiterie Candia organisée par la maison mère de l'entreprise viennoise, la coopérative Sodiaal dans le cadre de la journée mondiale du lait.
Du producteur à l'industriel

La coopérative, c'est un choix, une évidence pour la famille Laval, à la tête du Gaec du Mas d'Illins à Luzinay. Cette exploitation laitière de 100 bêtes, qui affiche une production annuelle de 750 000 litres, livre son lait chez Sodiaal, à l'usine Candia de Vienne, qui ouvre ses portes au grand-public ce week-end. La ferme a accepté de faire partie du circuit de visite avec le souci permanent de mieux faire connaître le métier d'éleveur. Pour Laurence Laval, associée du Gaec avec son mari Jérôme, il importe en effet de lever les incompréhensions. Elle le mesure d'autant mieux que l'exploitation est aussi ferme pédagogique. Elle échange donc régulièrement avec les enfants, mais aussi avec leurs accompagnateurs. Sur place, elle leur explique les pratiques « environnementalement raisonnables ». Avec le public de la visite Candia, Laurence Laval s'adressera directement au consommateur. « L'objectif de Candia est de montrer que les producteurs font leur travail correctement, dans la maîtrise du cahier des charges », souligne la productrice. L'opération intitulée « dans les coulisses du lait collecté et conditionné en France » doit permettre de redonner confiance aux consommateurs. « C'est la raison pour laquelle Sodiaal a choisi une exploitation qui pratique le pâturage à proximité de l'usine », poursuit Laurence Laval.

Libérer du temps de travail

Le Gaec, qui transforme une petite partie de son lait, poursuit son évolution en construisant un système cohérent. Une démarche motivée par la recherche du bien-être animal et du bien-être humain, de l'autonomie alimentaire et de l'équilibre économique. « Nous avons procédé à d'importants investissements il y a deux ans afin de libérer du temps de travail et qu'une seule personne puisse s'occuper du troupeau le week-end », explique la productrice.

La ferme a fait le choix d'intensifier la stabulation pour accueillir les génisses prêtes à être inséminées. Il s'agissait de rapatrier une partie du troupeau de jeunes vaches jusqu'alors en pension. Une trentaine de logettes ont été ajoutées à la centaine existante. La nouvelle configuration du bâtiment limitait l'accès des bêtes à l'auge d'alimentation, de sorte que les propriétaires ont décidé d'installer un robot d'alimentation doté d'une mélangeuse pour valoriser le fourrage. « Sans rien faire, les vaches ont atteint une production de 8 000 litres. Il n'y a jamais de refus et nous avons eu beaucoup moins de problèmes sanitaires », a constaté l'éleveuse.

Un racleur expérimental

Avec l'agrandissement du bâtiment d'élevage, la dalle a été entièrement reprise et équipée d'un racleur. Ce n'est qu'une fois l'installation achevée que les éleveurs ont appris qu'il s'agissait d'un racleur expérimental qui draine sur un même niveau deux allées principales et perpendiculairement, trois secondaires. Le montant de l'investissement s'élève à 350 000 euros financé par de l'emprunt et une aide au titre du plan de modernisation des bâtiments d'élevage. « Nous arrivons à nous dégager un à deux week-end par mois et une semaine de vacances par an. Nous souhaiterions faire mieux. » Ce que Laurence Laval explique à ses visiteurs, c'est qu'un troupeau de 100 vaches, « c'est un minimum pour avoir un salarié et se libérer un peu de temps. Il faut penser au confort des hommes et pas uniquement à celui des vaches ».

Du lait avec de l'herbe

Leur réflexion stratégique sur le Gaec a fait prendre aux époux Laval un autre virage significatif. Car ce mois-ci, Sodiaal a payé 195 euros pour le lait B et 280 euros pour le A. En même temps, l'entreprise lance un vaste projet de lait bio infantile destiné à l'export. « La coopérative n'est pas responsable de la baisse du cours du lait, soutient l'exploitante. Elle fait tout pour défendre l'outil de transformation et les productions ». Si bien que les éleveurs n'ont pas hésité longtemps avant de se lancer dans une conversion bio afin de mieux valoriser son lait. La SAU de 130 hectares se répartit en 80 hectares d'herbe et 50 de cultures. Avec sa conversion, l'exploitation abandonne la culture du maïs pour le méteil en raison de contraintes de mécanisation trop importantes. Le complément alimentaire sera acheté. Laurence Laval insiste : « Nous voulons faire du lait avec de l'herbe ». Le troupeau sera converti avec une année de décalage sur les cultures.

Croisements à quatre voies

Enfin, la recherche de l'autonomie et de la simplicité dans la conduite de l'exploitation a orienté l'évolution du troupeau vers plus de mixité. Le cheptel d'origine est de race prim'hosltein. Il s'enrichit de croisements selon la technique du croisement rotatif à quatre voies, afin d'obtenir des animaux plus rustiques, supportant mieux la lactation. Les qualités visées sont l'amélioration fonctionnelle, les mamelles et les aplombs pour un troupeau qui pâture le plus longtemps possible. En première période, 50% des prim'hosltein ont été inséminées en montbéliard. Ces vaches seront ensuite inséminées en brunes des Alpes. Les femelles ainsi croisées seront à leur tour inséminées en normandes ou en simmental. La quatrième génération est à nouveau inséminée en prim'hosltein. « C'est dans notre tempérament. Les vaches qui produisent 10 000 litres, les formules 1, réclament beaucoup de suivi. Cela ne correspond pas à notre façon de conduire un troupeau. Il faut que ça se fasse facilement, et que l'on puisse déléguer sans qu'il y ait trop de technique », affirme Laurence Vial.

Isabelle Doucet

La journée mondiale du lait

La laiterie Candia, à Vienne, invite les consommateurs à tout savoir sur le parcours du lait : de la vache au verre de lait. Cette société qui appartient à la coopérative laitière Sodiaal, propose également au grand public de découvrir l’une des fermes qui lui livre son lait. 
La laiterie Candia Vienne met 300 millions de litres de lait en briques ou bouteilles chaque année. Elle emploie 230 collaborateurs dans la région et collecte le lait auprès de 1 200 fermes laitières situées à proximité.
Portes ouvertes le samedi 28 mai de 8h30 à 17h à Candia Vienne - Chemin des Mines. Tél. : 04 74 57 55 55. Inscriptions : www.journee-lait-candia.com