Sud-Isère
Egalement candidat à la calamité agricole
Déficit fourrager/Les visites de terrain organisées dans le cadre de la procédure accélérée de déclenchement du fonds de calamités agricoles se poursuivent jusqu'au début du mois de septembre. Les dernières ont eu lieu en Matheysine-Oisans.
Après les Terres froides il y a un mois, les visites de terrain organisées par la direction départementale des Territoires, dans le cadre de la procédure accélérée de déclenchement du fonds de calamités agricoles, se sont poursuivies, mardi 26 juillet, en Matheysine et en Oisans. La directrice du service agriculture de la DDT, Valérie Isabelle, et sa collègue chargée du dispositif, Cécile Gallin-Martel, se sont rendues chez Paul-Dominique Rebreyend, à Pierre-Châtel, au Gaec du Taillefer, à Ornon, puis au Gaec de Sainte-Luce. Elles étaient accompagnées d'un représentant de la chambre d'agriculture, Alain Haret, et d'un autre de la FDSEA, Jean-Paul Prudhomme.
Ces visites de terrain se justifient par la difficulté d'appliquer de façon homogène un barème prédéfini dans un département aussi divers que l'Isère. Elles doivent permettre de préciser les pourcentages de perte de fourrages avant la saisine de la commission nationale en septembre. « Nous dressons un bilan fourrager approximatif, car il faudrait prendre trois jours par exploitation et attendre la fin de la saison pour en établir un complet, indique Valérie Isabelle. Un nouveau comité départemental permettra de compiler toutes ces données dans un mois ».
CF
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Pierre-Châtel
La sécheresse puis le froid
Témoignage/Paul-Dominique Rebreyend estime déjà la perte liée au déficit de fourrages consécutif à la sécheresse à plus de 20 000 euros.
« En termes de rendements, nous sommes à un bon moins quarante pour cent pour les foins, témoigne Paul-Dominique Rebreyend, éleveur bovin allaitant à Pierre-Châtel. J'ai commencé les regains, qui sont moins pires que la première coupe, mais restent faibles par rapport à d'habitude, car nous avons souffert de la sécheresse, mais aussi du froid. S'il se met à faire plus de sept ou huit degrés la nuit, la situation s'améliorera.
En attendant, les céréales n'en finissent pas de mûrir, alors qu'elles ont commencé à épier dès le premier mai ! Même si cela m'a fait perdre les grains et la paille correspondants, j'ai donc sacrifié neuf hectares d'avoine de printemps, qui ont donné 140 boules.
J'ai aussi planté du trèfle ray-grass dans les dix hectares dédiés au blé de printemps, pour créer une prairie sous couvert de céréales. Il ne s'est pas mal débrouillé.
J'ai quand même dû réguler mon troupeau de 85 mères à 8 % en sacrifiant une quinzaine d'unités de gros bétail, car je n'avais aucun stock, l'année 2010 ayant déjà été mauvaise. Cela se ressentira à moyen terme, mais ce serait une erreur de négliger le troupeau alors qu'il représente 95 % du chiffre d'affaires. Il vaut mieux décapitaliser en éliminant les animaux qui ne sont pas indispensables.
Basée sur un système extensif, mon exploitation souffre moins que celles qui poussent leurs potentialités au maximum. Mais, entre l'incidence de la non-vente de grain et celle de l'achat de cent tonnes de paille s'ajoutant aux cinquante tonnes annuelles habituelles, j'estime la perte à 20 000 euros, sans compter le manque à gagner lié aux réformes anticipées.
Et il est trop tôt pour dire si nous pourrons aller au bout de la saison d'alpage. La situation actuelle n'a rien à voir avec celle du début de l'année, où c'était pire qu'en bas. Mais nous ne savons pas encore si nous rentrerons les animaux mi-août, ou plus près de la date habituelle (c'est-à-dire la première semaine d'octobre), car, avec le manque de chaleur, la luzerne se met au repos. Il n'y a plus que le dactyle qui continue de se développer un peu. Nous perdons des jours de pousse ».
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ces visites de terrain se justifient par la difficulté d'appliquer de façon homogène un barème prédéfini dans un département aussi divers que l'Isère. Elles doivent permettre de préciser les pourcentages de perte de fourrages avant la saisine de la commission nationale en septembre. « Nous dressons un bilan fourrager approximatif, car il faudrait prendre trois jours par exploitation et attendre la fin de la saison pour en établir un complet, indique Valérie Isabelle. Un nouveau comité départemental permettra de compiler toutes ces données dans un mois ».
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
« En termes de rendements, nous sommes à un bon moins quarante pour cent pour les foins, témoigne Paul-Dominique Rebreyend, éleveur bovin allaitant à Pierre-Châtel. J'ai commencé les regains, qui sont moins pires que la première coupe, mais restent faibles par rapport à d'habitude, car nous avons souffert de la sécheresse, mais aussi du froid. S'il se met à faire plus de sept ou huit degrés la nuit, la situation s'améliorera.
En attendant, les céréales n'en finissent pas de mûrir, alors qu'elles ont commencé à épier dès le premier mai ! Même si cela m'a fait perdre les grains et la paille correspondants, j'ai donc sacrifié neuf hectares d'avoine de printemps, qui ont donné 140 boules.
J'ai aussi planté du trèfle ray-grass dans les dix hectares dédiés au blé de printemps, pour créer une prairie sous couvert de céréales. Il ne s'est pas mal débrouillé.
J'ai quand même dû réguler mon troupeau de 85 mères à 8 % en sacrifiant une quinzaine d'unités de gros bétail, car je n'avais aucun stock, l'année 2010 ayant déjà été mauvaise. Cela se ressentira à moyen terme, mais ce serait une erreur de négliger le troupeau alors qu'il représente 95 % du chiffre d'affaires. Il vaut mieux décapitaliser en éliminant les animaux qui ne sont pas indispensables.
Basée sur un système extensif, mon exploitation souffre moins que celles qui poussent leurs potentialités au maximum. Mais, entre l'incidence de la non-vente de grain et celle de l'achat de cent tonnes de paille s'ajoutant aux cinquante tonnes annuelles habituelles, j'estime la perte à 20 000 euros, sans compter le manque à gagner lié aux réformes anticipées.
Et il est trop tôt pour dire si nous pourrons aller au bout de la saison d'alpage. La situation actuelle n'a rien à voir avec celle du début de l'année, où c'était pire qu'en bas. Mais nous ne savons pas encore si nous rentrerons les animaux mi-août, ou plus près de la date habituelle (c'est-à-dire la première semaine d'octobre), car, avec le manque de chaleur, la luzerne se met au repos. Il n'y a plus que le dactyle qui continue de se développer un peu. Nous perdons des jours de pousse ».
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------