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Chartreuse

Elever des oiseaux exotiques, une activité agricole peu ordinaire

ELEVAGE/ En Chartreuse, existe un élevage peu conventionnel : celui d'oiseaux exotiques. Max Gaget s'est installé en 2008, grâce au dispositif ELI. Il témoigne.
Elever des oiseaux exotiques, une activité agricole peu ordinaire
Tout a commencé quand il a eu douze ans, date à laquelle il a eu son premier couple de canaris : « La passion m'est venue naturellement, je ne saurais pas dire pourquoi ». Aujourd'hui, Max Gaget a fait de sa passion, sa profession. Un projet qu'il a pu mettre en place, grâce à la chambre d'agriculture de l'Isère et son dispositif ELI (entreprise localement innovante). « J'ai pris contact avec la chambre d'agriculture en 2004. A l'époque, je venais juste de revenir dans la région et je ne trouvais pas forcément du travail. C'était donc le bon moment pour me lancer », explique ce diplômé en ingénierie des matériaux.

Un élevage peu courant
Après avoir donc rempli un dossier ELI, les démarches s'enchaînent avec en priorité, la recherche d'un terrain. Une quête qui a duré deux ans, « car il faut respecter certaines conditions, comme celle de s'installer à 50 mètres minimum des habitations voisines. Finalement, avec mes démarches personnelles et la Safer, j'ai trouvé un terrain à Pommier-la-Placette, en Chartreuse », précise le créateur d'entreprise.
En 2007, les travaux commencent et bientôt, s'érige son bâtiment qui de loin ressemble à s'y méprendre à une maison d'habitation, une question « d'harmonie avec le paysage », selon Max Gaget.
Quant aux oiseaux, son choix se porte sur des races exotiques : canaris, diamant de Gould et calopsitte apprivoisée. Des espèces qui s'élèvent facilement, mais qui nécessitent des soins permanents et réguliers pour pouvoir assurer la survie de l'élevage. N'ayant pas suivi de formation spécifique, Max Gaget a tout appris dans les livres. Et, en 2008, quand il s'est installé, il avait déjà quelques oiseaux. « J'ai commencé à faire de l'élevage chez moi dès 2004 pour pouvoir attaquer dans de bonnes conditions et grossir petit à petit mon cheptel. Aujourd'hui, mon bâtiment de 140 mètres carrés dispose de trois salles d'élevage pour 700 oiseaux par an, mais je pourrais accueillir le double », spécifie-t-il. Soumis à la réglementation sanitaire comme la plupart des élevages, les services vétérinaires viennent visiter son exploitation, chaque année. Il ajoute : « Leurs contraintes ne sont pas forcément très difficiles à suivre. Et, je m'en suis imposé de nombreuses comme la taille de la volière et la pose de ventilation indépendante. Au départ, j'étais également parti pour installer une volière extérieure et avec la crise de la grippe aviaire, j'ai choisi de les élever dans un espace confiné pour limiter les risques ».

Anticiper les problèmes
Trois ans après son installation, Max Gaget se dit satisfait et vend ses oiseaux « sans difficulté aux animaleries et aux particuliers. Nous sommes peu de professionnels à exercer ce métier, la plupart des élevages sont faits par des passionnés, des amateurs. Les animaleries ne se fournissent pas auprès de ces derniers, mais auprès de grossistes et d'éleveurs professionnels. Le plus dur a été de se faire connaître au début de mon activité, et de monter en production. Mais maintenant, nous commençons à voir les choses sereinement ». Et, en parallèle de son activité d'éleveur, exerce celle de guide par la visite commentée de son élevage, pour les écoles, centres de loisirs, mais aussi quelques maisons de retraites et structures d'accueil pour handicapés.
Aujourd'hui, s'il fait le bilan, il pense qu'il aurait pu s'installer sans le dispositif ELI, mais assure que cela aurait été plus difficile. « Je n'aurais pas pu faire tous mes investissements en même temps. Ce dispositif m'a aidé à démarrer correctement, dans de bonnes conditions. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, mais il faut que le projet tienne la route et anticiper les problèmes pour passer les étapes plus facilement ».
Lucile Ageron