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Emeric Barbier, un éleveur économe

Herbe et maïs/ Equipé pour l'ensilage, Emeric Barbier maîtrise le coût de production des fourrages avec un bâtiment adapté et des pâtures bien valorisées.
Emeric Barbier, un éleveur économe
Avec des pâtures limitées à 6,5 hectares du fait du peu de terrains situés autour de l'exploitation (alors qu'il détient un quota de 340 000 litres de lait correspondant à un cheptel de 40 à 45 vaches), Emeric Barbier se doit de maîtriser les coûts de production de ses fourrages, composés pour deux tiers de maïs et un tiers d'ensilage d'herbe, qu'il complète avec des céréales ou de l'alimentation azotée en fonction de la richesse du maïs. Et cette maîtrise des coûts de production des fourrages est d'autant plus nécessaire qu'« il faut compléter assez fortement l'alimentation du troupeau en juin, car la pousse de l'herbe est limitée chez nous », témoigne cet éleveur de Burcin, dans les Terres froides.
Pour Emeric Barbier, le changement climatique influence également ce phénomène. L'éleveur n'a pas d'autre choix que de s'y adapter en se contentant d'une seconde coupe « sans commune mesure avec celles d'il y a 15 ou 20 ans au printemps. Ensuite, à l'automne, je ramasse en vert avec la remorque autochargeuse et je stocke en silo pour les génisses, complète l'exploitant. Ce système s'avère particulièrement économique, car le silo et la désileuse sont amortis depuis belle lurette ».
De la luzerne pour équilibrer la ration
L'enquête sur le coût des fourrages « de la production jusqu'à la gueule de l'animal » menée par le pôle d'expérimentation et de progrès (Pep) bovins lait en 2007 dans les élevages laitiers de Rhône-Alpes (lire par ailleurs) a confirmé cette bonne performance économique. « Rien n'est plus figé en agriculture. Il y a toujours des points sur lesquels on peut s'améliorer, commente l'éleveur. Mais on ne peut remettre en cause tout un système pour suivre les cours des matières premières et cette étude m'a permis de confirmer mes choix et ceux de mes parents avant moi. Le seul changement que j'ai apporté depuis mon installation, en 2002, c'est la luzerne. J'en ai réimplanté sur 2,5 à 3 hectares depuis 2007 afin d'équilibrer la ration. Même si tout le monde est, de plus en plus, dans le court terme, nous, nous devons nous placer dans le long terme. Sinon, on se met rapidement en danger financièrement ».
Il en va ainsi, notamment, de la mécanisation. Dans ce domaine, « l'indépendance peut être un choix, mais personnel, pas économique », estime Emeric Barbier, qui préfère aujourd'hui investir dans la main-d'oeuvre. « Le nouveau bâtiment m'a permis de m'installer seul pour prendre la suite de mes parents tout en augmentant le troupeau. Mais aujourd'hui, nous touchons aux limites de cette organisation. C'est pourquoi, avec un collègue, nous envisageons de recruter en commun ».
Cécile Fandos
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Des coûts des fourrages très variables en Rhône-Alpes
L'enquête sur le coût des fourrages « de la production jusqu'à la gueule de l'animal » menée par le pôle d'expérimentation et de progrès (Pep) bovins lait en 2007 dans les élevages laitiers de Rhône-Alpes a d'abord mis en évidence des coûts très variables selon les exploitations, de l'ordre de 80 à 145 euros par tonne de matière sèche pour un ensilage en système tout herbe par exemple, bien que ce soit le coût des balles rondes enrubannées qui soit le plus variable. L'enrubannage est aussi le fourrage le plus coûteux en moyenne, la distribution représentant 12 % de son coût (contre 5 % seulement pour le foin), des chiffres qui passent après ceux de la mécanisation. « Quels que soient le type de fourrage et le système, le coût de la mécanisation (pour la production, la récolte et la distribution) constitue au minimum 50 % du coût total, soulignent les auteurs de l'étude. Toutefois, d'autres éléments difficilement chiffrables tels que la structure foncière, la main-d'oeuvre ou l'état des bâtiments et des installations peuvent influer sur les coûts des fourrages ». Pour Emeric Barbier, l'un des éleveurs interrogés lors de la réalisation de cette étude, ces résultats prouvent qu'« on peut esquisser de grandes lignes, mais chaque exploitation a son système, son histoire, son parcellaire, ses conditions pédoclimatiques, ses priorités et il n'y a pas de solution toute faite. Ce qui fait du bien, c'est de prendre le temps de se poser des questions ».
C.F.
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En pratique
Les ateliers n°3, sur le coût des fourrages et la mécanisation, et n°4, sur l'implantation et l'exploitation des prairies de fauche, seront les deux ateliers animés par des membres du pôle d'expérimentation et de progrès (Pep) bovins lait mercredi 18 mai à Biol, dans le cadre de MécaFourrages. Dans le détail, Emeric Barbier témoignera dans le cadre de l'atelier n°3, suite à une intervention de l'animatrice des réseaux Pep bovins lait de Rhône-Alpes et Paca, tandis que la chambre d'agriculture de la Drôme et le contrôle laitier de l'Isère se partageront l'atelier n°4.
Chaque atelier accueillera quatre fois un groupe de visiteurs pendant une vingtaine de minutes entre 9 h 30 et 11 heures. L'accueil du public aura lieu à partir de 9 heures. Deux autres ateliers (sur l'amélioration génétique et la production de semences fourragères ainsi que l'implantation et l'exploitation de prairies de fauches) auront lieu en parallèle (lire par ailleurs).
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