Zone de montagne
En altitude, l'enjeu est la survie
Aides à l'agriculture / Le dernier congrès de la FDSEA comprenait une intervention de Paul-Dominique Rebreyend, président de l'union cantonale Grenoble-montagne, afin de sensibiliser le président de la FNSEA, Xavier Beulin, à cette problématique.
« Malgré les beaux discours, les montagnards voient les soutiens spécifiques à la zone de montagne, destinés à compenser ses handicaps naturels, se diluer petit à petit, a dénoncé Paul-Dominique Rebreyend, le président de l'union cantonale Grenoble-montagne de la FDSEA, lors du dernier congrès du syndicat, le 18 mars à La Côte-Saint-André. La quasi-disparition de l'aide à la mécanisation (alors que les fortes pentes sont bien restées, elles !) et la dilution de l'aide à la construction ou à la rénovation de bâtiments d'élevage à l'échelle nationale (au point que certains agriculteurs, faute de soutien, ont été obligés d'abandonner leur projet) sont deux exemples illustrant ce phénomène global, se traduisant aussi par le fait, pour ceux qui ont eu la chance d'être pris en compte, que le différentiel de soutien par rapport au reste du territoire ne compense en rien les surcoûts liés à l'altitude, à la pente, ni à la durée de la période hivernale ».Une inquiétude montante
Dans un département dont la moitié de la superficie est classée en zone de montagne, l'inquiétude des montagnards (et du reste des agriculteurs) est forte. « Pour l'avenir de l'agriculture de montagne, il est essentiel de revenir aux fondamentaux qui ont justifié la mise en place des aides spécifiques, a donc estimé Paul-Dominique Rebreyend. Aux facteurs immuables (altitude, pente et durée de l'hiver), on peut rajouter une sensibilité accrue aux changements climatiques.Certes, de nombreuses évolutions économiques viennent aujourd'hui fragiliser l'ensemble de l'agriculture. Mais ces facteurs fragilisent aussi la montagne. Il est donc totalement injustifié de diluer les soutiens en prétendant résoudre les problèmes d'autres secteurs !
Arrêtons de battre en brèche la spécificité de la montagne, a demandé le responsable professionnel. L'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) est devenue quasiment le seul soutien spécifique. Elle doit être maintenue, amplifiée et sanctuarisée, à part des autres aides. »
Les revendications de la montagne
Pour Paul-Dominique Rebreyend, également responsable de la section viande du syndicat, « les éleveurs de montagne doivent aussi retrouver des aides à la construction ou à la rénovation de bâtiments capables de compenser les surcoûts.
La prise en charge des surcoûts liés à la collecte du lait et d'autres produits animaux doit continuer et d'autres dispositifs être mis en place.
L'herbe étant la principale culture en montagne, le soutien à l'herbe doit aussi être conforté, car du fait des différences de chargement et du plafond par hectare imposé, actuellement, l'hectare d'herbe en plaine est mieux aidé qu'en montagne.
Enfin, les troupeaux bovins allaitants et ovins représentant le dernier rempart contre la friche en montagne, ces zones doivent conserver le couplage d'aides animales », a notamment revendiqué le responsable professionnel.
Le président de la chambre d'agriculture, Gérard Seigle-Vatte, a alors souligné que, « les responsables politiques français ayant globalement admis qu'il fallait maintenir une activité économique sur l'ensemble du territoire, l'élément fondamental pour le devenir de la politique de montagne [était] la discussion européenne actuelle ». C'est bien pour cela que l'intervention de Paul-Dominique Rebreyend a eu lieu en présence de Xavier Beulin, le président de la FNSEA, principal invité du dernier congrès de la FDSEA, avec l'espoir qu'il se fasse le relais des problématiques montagnardes à l'échelle nationale et au-delà.
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« La loi montagne de 1985 impose un principe général d'adaptation des règles de droit commun aux spécificités montagnardes, notamment en matière agricole et d'urbanisme, informe l'association nationale des élus de montagne (Anem). Aussi, un zonage juridique spécial est-il nécessaire pour délimiter très précisément le champ géographique d'application de cette loi. De par sa nature, ce zonage est assez peu évolutif, a fortiori parce que l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) délivrée aux agriculteurs s'y gère à enveloppe constante. Un élargissement de la zone de montagne se traduirait donc, mécaniquement, par une baisse du montant de cette aide par bénéficiaire… Il peut néanmoins se produire que certaines communes demandent leur classement en zone de montagne, généralement pour permettre à leurs agriculteurs d'accéder à l'ICHN. D'autres, parfois, souhaitent être déclassées, le plus souvent parce qu'elles ne sont que partiellement en zones de montagne et que les contraintes inhérentes à la loi montagne, notamment dans le domaine de l'urbanisme se révèlent trop pesantes ».----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------