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Environnement

Ensemble, c'est mieux

Une groupe de 13 agriculteurs s'est réuni au Mottier autour d'une aire de lavage collective inaugurée vendredi 7 septembre.
Ensemble, c'est mieux

« Ce projet n'aurait pas eu lieu si les agriculteurs ne s'étaient pas engagés », lance Bruno Albert, le président de l'association des utilisateurs de l'aire de lavage et de remplissage des pulvérisateurs phytosanitaires de la Croix chevalier au Mottier. La plateforme collective réunit 13 agriculteurs des communes du Mottier, Longechenal, Eydoche, Champier et Nantoin. « Nous avons monté le projet avec la chambre d'agriculture ainsi que la communauté de communes de Bièvre Isère, raconte le président. Nous étions tous en réflexion pour des aires de lavage individuelles, qui coûtent cher. Ce qui nous a réunis, c'est l'envie de faire quelque chose.»  Ces exploitations, situées sur l'aire du captage de « la Vie de Nantoin », étaient directement concernées par la délimitation des périmètres de protection. Le captage avait été classé en 2009 en raison de sa sensibilité aux intrusions de nitrates et de pesticides. « Le premier périmètre représente environ 100 ha, ce n'est pas rien, poursuit l'agriculteur. Et nous ne voulions pas arrêter d'exploiter ces terres en cultures », reprend Bruno Albert.

Terre et paille

L'aire de lavage a été mise en service au mois de mars dernier et inaugurée le 7 septembre. Le montant de l'opération s'élève à 170 000 euros, financée à 70% par l'Agence de l'eau et pour 30 000 euros par le Département. La commune du Mottier a cédé le terrain de l'installation et le reste à charge pour les agriculteurs s'élève à 40 000 euros, financés par un emprunt sur 5 ans porté par la communauté de communes, soit un remboursement de moins de 500 euros par an et par exploitation.

L'aire se compose d'un espace dédié au remplissage ou au nettoyage des pulvérisateurs. En fonction de sa nature, l'eau est remise dans le réseau des eaux pluviales, dirigée vers les bacs séparateurs d'hydrocarbures ou bien envoyée vers le dispositif de traitement d’effluents phytosanitaires, soit les trois phytobacs de la station. Ces réceptacles, en béton hermétique et recouverts de plaques en polycarbonate, sont remplis de terre et de paille, laquelle sert de catalyseur de la matière active. Les produits phytosanitaires sont épandus sur le mélange par aspersion. Une fois par an les bacs sont brassés et réalimentés en paille. Les agriculteurs ont eu la garantie de la dégradation des matières actives par ce procédé et de la possibilité de remettre, tous les trois ou quatre ans, cette terre sur leurs exploitations.    
L'aire de lavage est dimensionnée pour accueillir une vingtaine d'exploitations. Pour l'heure, il n'y a pas encore la queue pour nettoyer les pulvés, mais chacun prend ses marques. Surtout, Bruno Albert se réjouit de disposer d'un outil utile aux jeunes exploitants qui viennent de s'installer dans le secteur.

Une démarche collective

Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture de l'Isère a recontextualisé le travail engagé depuis les années 90 pour trouver des solutions de gestion de la qualité de l'eau. « C'est la responsabilité de tous. L'agriculture a sa part, mais aussi les citoyens et les entreprises », a-t-il déclaré. Il a rappelé que ces projets concrets ne peuvent émerger sans financement et que la démarche collective  « permet de limiter les investissements ». Jean-Pierre Barbier, le président du Département, a déclaré qu'en dépit de la loi Notre qui prive le département de la compétence agricole, il serait « toujours là pour l'agriculture et l'environnement ». Enfin, Yannick Prébay, le directeur régional de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, a indiqué que depuis 2013, l'établissement avait financé plus de 1 500 aires de lavage collectives. En Isère quatre projets sont en cours, à Saint-Jean-de-Bournay et dans le Sud-Grésivaudan, mais attendent leurs financements.

Isabelle Doucet