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Comice

Entre dépit et fierté

Le nouveau président du comice de Châbons revient sur ces deux journées de fête qui ne peuvent cependant pas faire oublier la crise de l'élevage.
Entre dépit et fierté

Une beau corso fleuri, de fringantes vieilles machines agricoles : certaines animations sont certaines de faire carton plein. C'est ainsi que le comice de Châbons, qui s'est déroulé les 20 et 21 août, a attiré près de 4 000 personnes. « Les vieux tracteurs, les batteuses à l'ancienne, la nostalgie attire toujours », reconnaît le nouveau président du comice, Jacky Gros. Il attribue la réussite de la manifestation aux 170 bénévoles qui se sont investis depuis cet hiver dans l'organisation de cette fête de la ruralité.
« Ce qui est moins gai, c'est le concours des animaux, ajoute le président. La pluie a ajouté à la morosité. La crise frappe tous les éleveurs. Cela s'est ressenti sur le nombre de bovins. Il n'y en avait que 53 alors que nous réunissons habituellement entre 80 et 90 bêtes. » Dans son discours, Jacky Gros a constaté avec regret combien les agriculteurs « sont à la merci de multinationales qui font des profits sur notre dos et qui ne divulguent pas leurs résultats financiers ». Il ajoute : « Celles qui le font affichent des bénéfices qui ont doublé en un an. Les éleveurs se demandent pourquoi ils sont ainsi mis de côté. Ils doivent subir les contraintes, travailler 70 heures par semaine et ne sortent pas ou peu de revenu. »

Tristesse

L'absence de solution fait que « certains éleveurs perdent pied dans le canton, poursuit le président du comice en lâchant : cette journée était d'une tristesse ! » Pour autant, il tient à souligner l'investissement de ceux qui ont fait l'effort de venir pour présenter les plus beaux spécimens en race montbéliarde et prim'holstein. « Un comice, on ne s'y prend pas la veille. Il faut apprendre aux bêtes à marcher, les laver, les tondre, faire la prophylaxie. » Jacky Gros rappelle que cette année, le GDS a pris en charge le coût des analyses. « Je suis heureux de voir que des éleveurs ont trouvé la motivation. On essaie encore de rester debout, de présenter de beaux animaux et d'être fier du métier que l'on fait ! ».

ID