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Elus locaux

Face à la crise, une AMI à l'écoute

Le 29 septembre, l'Association des maires de l'Isère a réuni à Sassenage son premier comité directeur et élu son nouveau bureau. Beaucoup de têtes nouvelles pour assurer des missions souvent compliquées par la crise sanitaire.
Face à la crise, une AMI à l'écoute

Pas simple de revenouveler les équipes en ces temps troublés. Surtout quand les collectivités territoriales comptent 45% de nouveaux élus et qu'il faut respecter de subtils équilibres politico-géographiques. L'Association des maires de l'Isère (AMI) est pourtant parvenue sans peine à recruter une douzaine de volontaires pour faire partie du nouveau bureau, ainsi que 23 membres pour le comité directeur.

« Beaucoup ayant arrêté leurs fonctions après plusieurs mandats, nous nous sommes retrouvés à sept survivants, a confié avec humour le président de l'AMI, lors de l'installation des nouvelles instances. Reconduit dans ses fonctions, Daniel Vitte s'est également montré satisfait de pouvoir s'appuyer sur un comité directeur représentant « des sensibilités politiques très diverses » et comprenant 40% de femmes, soit « autant que dans le précédent ».

Marie-Claire Deschaux, adjointe déléguée à la culture et au patrimoine de La Mure, fait partie des 80% de nouvelles têtes. Très enthousiaste, l'élue a accepté de participer au bureau, « mais pas pour faire de la figuration ». Elle entend bien « être active » et « faire bouger les choses », par exemple en faveur de l'action culturelle. « C'est un volet que nous pourrions approfondir pour aider les collectivités à monter des projets », glisse-t-elle. Pour Dominique Clouzeau, maire de la commune nouvelle du Plateau des Petites roches, la motivation n'est pas moins politique : si elle a accepté d'être « en charge des relations avec les communes nouvelles », c'est pour « témoigner » et apporter à ces dernières son expérience.

Pas de schéma pré-écrit

Une solidarité bienvenue, surtout dans le contexte actuel. Car « c'est très compliqué » dans toutes les communes, petites ou grandes. Le président de l'AMI reconnaît d'ailleurs que, face à la situation, « il n'y a pas de schéma tout fait » : le rôle de l'association des maires est d'être « réactif ». Daniel Vitte rappelle qu'elle l'a prouvé au moment du confinement. « En mars dernier, quand le couperet de l'interdiction des marchés est tombé, il a fallu rapidement trouver une alternative au "zéro marché", raconte-t-il. Nous avons travaillé avec le préfet, qui a fixé des conditions draconniennes, mais qui nous laissait la possibilité de demander des dérogations. Nous avons immédiatement envoyé un mail aux maires, les invitant à demander des dérogations et à trouver des solutions, comme éclater les grands marchés en plusieurs petits. Rapidement, 80% des communes ont retrouvé leur marché. C'est comme cela que l'on s'adapte. »

Certes, personne ne peut « dire aujourd'hui ce que sera demain, car la crise sanitaire bouscule tout », ajoute Martial Simondant, vice-président de Bièvre Isère communauté. D'autant que certaines collectivités n'ont pas encore leurs équipes au complet. Mais, assurent les représentants de l'AMI, « notre mission est de conseiller et d'accompagner les communes, notamment les plus petites ». Et Martial Simondant d'appeler les élus à la vigilance : « Nous sommes là pour les aider à discerner les niveaux d'urgence dans les projets avancés. » Un arbitrage parfois délicat à réaliser pour les nouveaux élus qui se sont fait élire sur un programme bien précis.

Marianne Boilève