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Jeunes agriculteurs

Faire face à l'adversité, ensemble

Les JA 38 organisent des épreuves amicales intercantonales samedi prochain. Un moment joyeux et festif pour souder les équipes.
Faire face à l'adversité, ensemble

La crise du covid a été l'élément déclencheur. « On ne peut évidemment pas dire que cela tombe bien, mais la suppression de la finale départementale de labour en raison de la crise sanitaire  nous a donné l'occasion de relancer les intercantonales », explique rapidement Jocelyn Dubost, président des JA 38.

Attente

En interne, le débat émergeait : certains se rappelaient avec nostalgie des vertus des épreuves intercantonales entre jeunes agriculteurs. Rapprochement, création d'un état d'esprit, meilleure connaissance interpersonnelle, la liste est longue. Alors le nouveau bureau cherchait à répondre à cette attente. L'absence de concours de labour, de rencontres régionales ou nationales organisées en Isère entre les syndicats départementaux des jeunes a dégagé les calendriers et les emplois du temps. Alors samedi 29 août, l'ensemble des adhérents de JA 38 se retrouvera à Biol pour des confrontations amicales et joyeuses. « La totalité du bureau se charge de l'organisation, explique Jean-Max Lebaillif, secrétaire général de JA 38. Chacun a pris en charge une part de l'organisation. Tout sera mis en place samedi matin dans une parcelle de l'exploitation de la famille Clavel à Biol. »
« Nous avons géré l'urgence pendant quatre mois, nous avons envie de faire des choses ensemble, nous voulons souder les équipes de jeunes dès le début de notre mandat de seulement deux ans, donc c'est une excellente occasion », se réjouit Jocelyn Dubost. D'autant plus qu'avec 13 cantons opérationnels dans le département, la structure syndicale connaît une nouvelle dynamique.
L'enthousiasme est donc là chez les jeunes, malgré un contexte toujours lourd. « La météo, le covid, les difficultés pour certaines productions nous préoccupent bien sûr. Mais nous faisons un métier dans lequel nous devons avoir toujours la volonté de trouver des solutions. »

Dialogue spontané

Des solutions d'ailleurs, ils en attendaient des Etats généraux de l'alimentation, « mais le soufflé est retombé », lance le représentant des JA « Nous espérons que cela ne soit qu'un mauvais passage et que les choses vont s'améliorer, nos espoirs sont un peu déçus. Mais il faut dire aussi que les industriels ne jouent pas toujours le jeu et que certains profitent même des crises sans vergogne. Ce sera à nous d'aller chercher ce que nous voulons. » Même si les formes de contestations doivent évoluer. « Les manifestations sont possibles, notamment quand le sujet est politique, la PAC peut être un élément déclencheur, analysent les deux responsables, mais il y a aussi une évolution. Aujourd'hui, le dialogue et les échanges sont plus spontanés, plus faciles à obtenir avec les représentants de la société, quand le sujet est plus concret. » L'alimentation fait partie de ces nouveaux sujets pour lesquels la profession doit beaucoup discuter. « Le regard de la société a évolué, nous devons mettre le consommateur de notre côté. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans la spirale des attaques outrancières, provocatrices, lancées par des détracteurs sans nuance. Nous nous épuiserions avant eux. Ils sont très actifs sur la communication et nous n'avons pas été formés à ça. Nous avons un petit temps de retard. En revanche, nous pouvons rattraper ce décalage et faire connaître nos messages, notre vision des choses, reprendre la main sur ce que nous avons à dire. Ne plus courir derrière les attaques. Vantons ce que nous savons faire. » Car en alimentation comme en matière de loup, « le débat est plus souvent passionné que raisonné ». Les jeunes veulent dépasser ce stade.

Jean-Marc Emprin