Fier de son travail... et de ses volailles
En ce moment, si Nicolas Brouquisse pense aux fêtes de fin d'année, c'est surtout à celles des autres. Avec 500 dindes (des petites noires de Crémieu...), 400 pintades et 150 chapons à abattre, le mois de décembre n'est pas de tout repos pour l'éleveur. Mais comme le réveillon lui permet de réaliser 15% de son chiffre d'affaires annuel, il n'est pas d'humeur à se plaindre. D'autant que son entreprise, l'Earl des Noirettes, tourne plutôt bien. Installé depuis peu à Saint-Chef, grâce à une attribution Safer, Nicolas élève, abat et transforme ses volailles dans son propre laboratoire, au sein de son exploitation de trois hectares. Autodidacte, il élabore des terrines et des spécialités festives qu'il commercialise dans deux magasins de producteurs. « Je valorise bien mieux ma production depuis que je suis ici, explique le jeune éleveur. Avant, je faisais abattre et j'avais trois locaux différents pour transformer. A présent, en faisant tout moi même et regroupant toutes les activités dans un seul et même lieu, je m'y retrouve. Les 30 à 35 000 euros que je dépensais chaque année pour l'abattage me paient mon projet complet sur 15 ans. »
Chapons en plein air
Tout en étant conscient de ses limites, et notamment de son manque de formation, Nicolas Brouquisse s'efforce de développer une gamme de plus en plus étoffée pour satisfaire une clientèle régulière et conséquente qui apprécie ses volailles, qu'elles soient transformées ou non. « Mes produits sont bons : le retour des clients est sans appel. Non que mes volailles soient meilleures que celles de quelqu'un qui les élèverait dans les mêmes conditions, mais j'ai envie de faire les choses bien. Chez moi, il y a la fierté de sortir un bon produit, mais pas de prétention. » Pour diversifier sa gamme, l'éleveur s'est lancé dans la production de chapons il y a trois ans. Son accouveur de Bougé-Chambalud lui apporte les poulets chaponnés à six semaines, qu'il élève en plein air, comme ses autres volailles, dans un parc équipé d'une douzaine de bâtiments en bois déplaçables, parc qu'il aimerait agrandir d'un demi-hectare. Mais autour de Saint-Chef, la concurrence est rude pour la terre agricole... Ce qui n'empêche pas Nicolas de penser à l'étape d'après. L'an prochain, il compte bien apprendre à chaperonner lui-même ses cous nus rouges. « Pas pour gagner, mais pour maîtriser tout le cycle de production », précise-t-il. La fierté du travail bien fait, vous dit-on.
MB