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Economie

Financer son entreprise : les possibilités sont multiples

A tout de moment de sa vie, l'entreprise a besoin d'être financée. Si les banques restent un interlocuteur incontournable, elles ne sont plus les seules à pouvoir jouer un rôle. D'autres moyens se développent.
Financer son entreprise : les possibilités sont multiples

C'est une évidence. Pour créer son entreprise, il faut la financer. Mais il n'y a pas qu'au moment de sa création qu'une entreprise a besoin de financement. A chacune des étapes de sa vie est associé un besoin. Que ce soit à son démarrage, mais aussi lorsqu'elle est en rythme de croisière, et qu'elle développe de nouveaux projets de croissance. Pour les porteurs de projet, toutes les formes d'accompagnement sont donc les bienvenues, et encore plus en période de crise économique. Le Cerfrance Isère a profité de son assemblée générale tenue le 25 février à Chatte, pour mettre en parallèle les différentes opportunités de financement de la vie et du développement des entreprises.

Financement participatif

« Quel que soit leur projet, ceux qui le développent doivent s'équiper, acheter des biens de production, faire face à des frais de démarrage incontournables et se créer un fond de roulement », explique Emmanuel Grange, conseiller d'entreprise au Cerfrance Isère. Pour se lancer, d'aucuns pensent à leur banque. Mais, si les établissements bancaires restent un interlocuteur de premier plan, ils ne sont pas les seuls vers lesquels il est possible de se tourner. Il existe d'autres modes de financement qui peuvent se révéler très approprié. Les plateformes d'initiatives locales sont conçues pour accompagner les porteurs de projets de très petites entreprises (TPE) de façon financière, mais pas seulement. « Après une phase d'accueil qui nous est utile pour cerner le projet, nous intervenons sur le montage financier. Un comité d'agrément composé d'entrepreneurs et d'experts comptables permet d'échanger avec le créateur pour savoir s'il sera aidé ou non. Si tel est le cas, nous procédons à son accompagnement avec un suivi individuel et un parrainage pour lui permettre d'étoffer son réseau. Nous lui attribuons par ailleurs un prêt d'honneur, sans intérêt et sans garantie. Cela lui permet de compléter son apport personnel et cela favorise l'obtention de son prêt bancaire, », explique Frédérique Ribeyron, coordinatrice de la plateforme du Sud-Grésivaudan, Royans, Vercors.

De plus en plus utilisé, le crowfunding (ou financement participatif) est un autre moyen pour récolter des fonds. « Dans ce cas, un créateur dépose son projet sur une plateforme Internet et celui-ci est financé grâce aux contributions de ceux qui disposent d'épargne. Il peut s'agir de dons avec ou sans contreparties, de prêts avec des taux d'intérêts ou de souscription au capital », détaille Myriam Seib, consultante spécialisée en financement privé. « Les internautes peuvent ainsi contribuer durant une période dédiée. Ce mode de financement intervient surtout pour l'achat de matériel ».

Les plateformes servent d'amorce pour financer les frais de démarrage d'activités. Les banques entrent souvent en jeu dans un second temps en s'employant davantage à payer les acquisitions de plus gros matériel, de fonds de commerce, de stocks ou les bâtiments.

Garanties

L'obtention de ces financements passe systématiquement par la constitution d'un « business plan » qui présente le projet et intègre les charges, les rentrées d'argent, les bénéfices prévus. « Il s'agit de nous assurer que le porteur de projet sera bien en capacité de rembourser », précise Rodolphe Ferrier, du Crédit Agricole Sud-Rhône-Alpes. « Et comme aucune banque ne prête jamais sans regarder la viabilité du projet, tous les éléments qui peuvent garantir sa réussite sont bons à prendre. L'accompagnement par d'autres organismes fait partie des garanties que le porteur de projet peut d'ailleurs mettre en avant lorsqu'il rencontre son banquier.

Identifier la durée de son besoin

Après sa création, l'entreprise a encore souvent d'autres besoins, pour finir de s'équiper, renouveler son parc de matériel, acquérir de nouveaux locaux. Puis, plus tard, pour développer de nouveaux projets de croissance. A ce moment là, c'est souvent vers les banques que les entrepreneurs s'adressent. « D'où l'utilité d'établir une relation de confiance qui facilite grandement les nouvelles demandes, qui peuvent revêtir plusieurs formes : une autorisation de découvert, un financement à court terme, l' affacturage. Pour choisir la meilleure solution, il est nécessaire de bien identifier la durée de son besoin », assure Rodolphe Ferrier. « Il faut vraiment le mesurer, car trop vite, trop fort, cela peut être vite dangereux », insiste Emmanuel Grange. Les plateformes d'initiatives locales peuvent aussi intervenir à ce moment là. « D'autres prêts d'honneur de soutien sont aussi attribués à des entreprises qui ont entre trois et cinq ans d'existence », complète Frédérique Ribeyron. Et quand l'entreprise traverse des périodes plus difficiles, d'autres solutions existent pour pallier des besoins à court terme. Un découvert, un crédit de campagne, un escompte, une cession de créance sont autant de possibilités. « A moins qu'il ne soit plus pertinent de réaliser une restructuration à moyen terme », estime Rodolphe Ferrier.

Entre les taux historiquement bas, qui devraient le rester encore au moins quelques mois, et la croissance de l'économie participative, des opportunités existent pour la création d'entreprise. D'autant que, même si ces nouveaux modes de financement restent moins important que ceux issus du secteur bancaire, il existe une importante marge de progression. L'épargne des citoyens n'est pas tarie.

 

* Très petites entreprises

Isabelle Brenguier

Nouveau logo, nouvelle identité

Des visages qui regardent ensemble dans la même direction. Tel est le nouveau logo du Cerfrance Isère, dévoilé le 25 février à Chatte à l'occasion de son assemblée générale. « Ce nouveau visuel exprime notre objectif d'être le partenaire privilégié de la performance des entreprises, et notre attachement aux valeurs humaines. Cette nouvelle identité « Cerfrance, entreprendre ensemble » est là pour montrer notre volonté d'accompagner tous nos clients dans leurs projets : les agriculteurs, mais aussi les artisans, les commerçants, les prestataires de services, les professions libérales et les associations », indique Didier Brechet, président du Cerfrance Isère.
Si le Cerfrance garde sa position de leader sur le marché agricole (il détient 75 % de part de marché), il cherche à développer ses autres cibles. Le rachat d'un cabinet d'expertise comptable, qui compte 120 clients, tous artisans et commerçants, à Bourgoin-Jallieu début octobre 2015 va dans ce sens.
I.B.