FNPHP : « Pour un syndicalisme de projet »
Dans quel état d'esprit prenez-vous la succession de Dominique Boutillon ?
Nous allons agir dans la continuité de ce qui a été engagé. Un certain nombre de choses vont évoluer, dans le style et la politique. Je souhaite notamment donner une inflexion à certains projets, comme Cap 2020, pour amener nos entreprises à se moderniser et les aider être plus performantes face à la concurrence. Nous représentons des entreprises très différentes, qui recouvrent une grande palette de métiers. Certaines ont trois générations derrière elles, d'autres sont toutes récentes. Et il nous faut fédérer tout le monde et mettre en place des projets qui conviennent à tous.
Quels sont les axes prioritaires de votre politique ?
Nous allons travailler à la fois sur Cap 2020 et sur la réorganisation de la FNPHP qui doit s'adapter et accompagner cette évolution, tout en développant de nouvelles synergies avec l'interprofession. Il s'agit d'un véritable projet de filière pour moderniser et dynamiser la profession. Au-delà du nécessaire combat syndical, nous devons en effet mettre en place un syndicalisme de projet, qui parte du terrain, des besoins et des idées des adhérents. Nous allons par exemple développer un pôle « commerce », destiné à renforcer l'efficacité stratégique et commerciale de nos entreprises, ainsi qu'un un pôle « paysage », car nous avons un groupe de pépiniéristes très préoccupés par les questions de marché public. Nous devons également aider les entreprises à gagner en compétitivité et à moderniser leur outil de production.
Stéphane Le Foll vous a donné rendez-vous début juillet au ministère de l'agriculture. Quels sont les dossiers chauds de ce début d'été ?
Il y a bien sûr, la question de l'utilisation des produits phyto et des fameux 200 mètres sur lesquels nous avons déjà obtenu des assurances de la part du ministre lui-même lors du congrès de la FNPHP la semaine dernière. Mais il y a aussi le label « Fleurs de France ». Notre ministre est bien gentil, mais en lançant ce label sur le modèle des viandes de France, il a oublié que nous n'avions pas le réseau de transformation propre à la filière viande qui a permis de financer le projet. Nous avons donc demandé l'appui du ministère pour pouvoir utiliser les cotisations obligatoires qui financent Val'hor - l'interprofession de la filière de l'horticulture d'ornement. Le problème, c'est que l'Europe interdit l'utilisation de ces cotisations pour des programmes cofinancés par l'Etat. Or il est prévu de financer « Fleurs de France » avec des fonds Agrimer et des fonds Val'hor... Cela étant, vue la diversité de nos métiers, « Fleurs de France » ne peut être qu'une marque ombrelle. Il faudrait décliner la labellisation pour d'autres productions, les sapins comme les cyclamens.