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Assemblée de territoire

Foncier et dégâts de gibier récurrents

La FDSEA a rassemblé les agriculteurs du Nord-Isère lors de la réunion annuelle du secteur. Les sujets locaux ont occupé une bonne partie des débats.
Foncier et dégâts de gibier récurrents

La réunion de territoire de la FDSEA qui s'est tenue le 19 décembre à La Verpillère fut l'occasion pour les agriculteurs du secteur d'aborder de nombreux sujets. Pour une large part d'ordre locaux.

Dans ce territoire du nord-Isère, les enjeux en matière de foncier sont importants. Un point sur les différents dossiers en cours a donc été fait. Concernant le projet de renaturation de la Bourbre, deux avis, correspondants aux deux parties du site (celui de la station d'épuration de Bourgoin-Jallieu et son prolongement jusqu'à Villefontaine) ont été rendus par la CDPenaf (Commission départementale pour la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers). « Sur le premier volet, la commission a donné un avis favorable pour suivre la proposition qui avait été faite de compenser l'emprise de la station avec dix hectares pris au sein de terres qui n'étaient pas cultivables car elles étaient déjà inondables. Quant au second volet dans lequel il avait été proposé de prendre entre 20 et 30 mètres de large sur la rive gauche de la Bourbre dans des terres à fort potentiel agricole, la CDPenaf a décidé un report, faute de financements pour la concrétisation du projet », explique André Coppard, élu à la chambre d'agriculture en charge de l'aménagement. Sur le site « The Village », le village de marques de Villefontaine-La Verpillière, la décision de compensation environnementale conforte l'usage agricole des parcelles concernées pendant 20 ans. Sans contraintes supplémentaires pour les agriculteurs. « Cette délibération montre que la compensation environnementale peut tout à fait être réalisée au sein de terres agricoles, dans la continuité de pratiques classiques », se réjouit André Coppard.

Au sujet de la gestion et de la valorisation des fonciers de l'Etat en Nord-Isère (issus de la création de la ville nouvelle autour de l'Isle-d'Abeau et de Villefontaine), la cession des 500 hectares de parcelles à enjeu unique agricole est lancée. Elle se fera par tranche de 100 hectares. La vente du premier lot aura lieu au cours du printemps. « Actuellement, la chambre d'agriculture rencontre tous les agriculteurs qui exploitent plus de cinq hectares pour qu'ils puissent les acquérir », explique l'élu consulaire. Enfin, concernant le futur PAEN (Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains) porté par la Capi (Communauté d'agglomération portes de l'Isère), le périmètre, qui s'étend sur huit communes (Domarin, Four, L'Isle d'Abeau, La Verpillière, Saint-Alban-de- Roche, Saint-Quentin-Fallavier, Vaulx-Milieu et Villefontaine) a été validé. Le plan d'actions proposé par les agriculteurs sera mis en place dans les prochains mois.

Nuisibles

La rencontre a aussi permis de parler dégâts de gibier. Ceux des sangliers sont importants dans les parcelles des deux unités de gestion qui couvrent les environs de Villefontaine. Ils sont accentués par la présence d'une réserve régionale dans laquelle il est interdit d'intervenir. Les nuisances des sangliers concernent les terres agricoles, mais aussi les fossés du marais de Bourgoin-Jalllieu pour lesquels il n'y a pas de prise en charge. La FDSEA rappelle la nécessité de déclarer ces dégâts auprès de la Fédération départementale de chasse, car ils attestent l'existence des problèmes. Il est même important de réaliser deux déclarations, une au moment des semis et une autre avant la moisson, pour estimer le volume de rendements impactés. Dans le secteur, et notamment du côté des communes de La Verpillère, Vaulx-Milieu et Rochetoirin, les corbeaux aussi sont à l'origine de nombreuses pertes depuis 15 ans. « Même s'ils sont classés nuisibles, on ne s'en sort plus », assurent les agriculteurs du secteur. Et bien qu'il y ait déjà une autorisation de régulation et de chasse, le problème demeure, puisque il est interdit de détruire les nids. Comme les corbeaux nichent au moment des semis de maïs, les cultures s'en trouvent très pénalisées. Des demandes de destruction des nids en période de nidification sont faites, mais pour qu'elles soient acceptées, il est, là encore, important que des déclarations de dégâts soient effectuées auprès de la Fédération de chasse. « Les agriculteurs ont tendance à ne pas faire de déclaration car les dégâts causés par les corbeaux ne sont pas indemnisés. Mais il faut les faire, car en l'absence de déclaration, la fédération (de chasseurs, ndlr) pense qu'il n'y a pas de problème », insiste Serge Bouvier, agriculteur et chasseur. C'est aussi vrai pour les dégradations causées par le blaireau. S'il y avait davantage de déclarations, il se pourrait qu'il soit classé nuisible.

Isabelle Brenguier
Perspectives

Pour permettre aux agriculteurs isérois une meilleure rémunération de leur travail, la FDSEA travaille sur la mise en oeuvre de nouvelles productions.

Des opportunités pour des nouvelles filières

Jérôme Crozat, président de la FDSEA de l'Isère, a profité de cette assemblée générale de territoire de La Verpillière pour rappeler les opportunités et les enjeux de la loi Egalim. Dans ce secteur où les cultures de céréales occupent une place prépondérante, il a déploré que les filières ne soient pas plus rémunératrices. « La production de blé est divisée en trois marchés (l'alimentation humaine, animale et l'export). Ce n'est pas normal que ce soit le tiers destiné à l'export qui serve d'étalon pour le paiement. On peut être d'accord qu'il y ait une partie moins bien payée parce que les cours ne sont pas bons. Mais pas la totalité. Parce qu'il y a bien un tiers qui reste bien vendu : le consommateur paye toujours le même prix. Cette façon de procéder n'est pas juste et équitable », regrette le responsable agricole. A l'image des pains artisanaux de la Maison François Cholat élaborés avec des farines labellisés IsHere, il encourage les autres organisations spécialisées à s'engager dans ce type de démarche. Dans toutes les productions, il incite aussi les OP (organisations de producteurs) et coopératives à « faire le boulot » pour que les indices de coûts de production soient pris en compte.
Produire ce qui se vend
Animé par la volonté de proposer aux agriculteurs du département des pistes de rémunération, Jérôme Crozat souhaite qu'ils soient accompagnés pour « produire ce qui se vend ». Selon Christian Olles, directeur de la FDSEA, « avec la marque IsHere, il y a des marchés qui ne sont pas satisfaits. Au niveau des légumes de plein champ, des steaks hachés, du lait... » Il y a certainement aussi de nouvelles diversifications à chercher. La FDSEA organisera donc en début d'année une journée orientée sur la mise en place de nouvelles filières susceptibles de répondre à une demande. Il pourrait s'agir de plantes aromatiques et médicinales, de lavandes et lavandin pour la montagne, de légumes... « Les collectivités veulent jouer la carte de la proximité. L'objectif de 50 % de produits locaux, bio et de qualité dans la restauration collective à compter du 1er janvier 2022 représente une opportunité. Il faut donc s'organiser. Mais, avant, il faut expertiser la faisabilité de tels projets », annonce Jérôme Crozat.
IB