Formaliser et structurer ses idées pour mieux communiquer
« Cet outil est utilisé dans de nombreux domaines. Il n'y a donc pas de raison qu'on ne puisse pas l'employer en agriculture ». C'est en suivant cette idée que Guillaume Sieurin, responsable d'élevage du Gaec du Thicaud, à Herbeys, a mis en place l'utilisation de la méthode Hoshin au sein de l'exploitation. Hoshin, qui signifie en japonais « ce qui montre la bonne direction », est un système de management. Il permet à une entreprise de concentrer ses efforts et ses ressources dans la réalisation d'un objectif. « Cet outil formalise et structure les idées. C'est un travail laborieux, mais on écrit bien que ce qu'on maîtrise bien », estime cet ancien ingénieur, ex responsable qualité dans une usine de semi-conducteur. Il s'agit de partir d'un projet et de décliner tout ce qu'il y a faire pour le mettre en œuvre. « Nous partons d'un objectif global pour aller vers des actions précises. Chacun doit réaliser une tâche, qui permet, soit de vérifier que l'idée est intéressante et qu'il faut continuer en ce sens, soit qu'elle ne l'est pas, qu'il ne faut pas perdre plus de temps. C'est un bon moyen pour impliquer tout le monde dans le projet ». Pour expliquer le processus, Guillaume Sieurin détaille la méthode, en partant de l'objectif du Gaec de Thicaud de développer la vente directe, qu'il place sur une première ligne, de laquelle découle, une seconde ligne, avec plusieurs axes sur lesquels il serait possible de travailler pour permettre ce développement : le magasin, les marchés, la gamme. Une troisième ligne lui succède avec les actions concrètes à réaliser par chacun, comme chercher un nouveau marché, visiter de nouveaux sites et faire des compte-rendu aux autres. « Il ne faut pas hésiter à mettre des chiffres pour avoir des indicateurs de mesure. Cela permet d'avoir des points de repère précis et non pas des ressentis », précise Guillaume Seurin.
Un « Sommet de l'élevage »
L'utilisation de cet outil s'inscrit dans une une démarche plus globale de communication entre les neuf associés-gérants du Gaec. En plus des deux réunions hebdomadaires, tenues au cours du déjeuner, les membres de l'exploitation se réunissent une fois par an, lors d'un « Sommet de l'élevage », initié par Guillaume Sieurin. « Quand je suis rentré au Gaec, il y a cinq ans, j'ai estimé qu'il était important que le domaine de l'élevage soit bien structuré pour que tous les membres de l'exploitation soient au même niveau d'information », indique-t-il. Cette réunion nécessite à peine quatre heures de préparation et dure moins de deux heures. Elle est structurée par un ordre du jour, qui aborde toutes les questions relatives à l'élevage, telles que le rappel des objectifs de l'année, leur déroulement, les faits marquants, les projets à court, moyen et long terme... « Cet échange réalisé avec le recul permet de mettre en perspective les évènements, plutôt que de réagir sous le coup des émotions. Le but est que chacun nourrisse la réunion, dise ce qu'il a à dire. Ce petit travail aide à formaliser le quotidien de l'exploitation. Au début, ce n'était pas évident, mais maintenant, tout le monde apprécie. Et quand c'est fait régulièrement, cela fait gagner du temps, car il n'est plus nécessaire de redire ce qui a déjà été dit », analyse l'éleveur.
Isabelle Brenguier
Mind-Mapping
Jean-Luc Schillinger est responsable d'un bureau d'études chez Rolls-Royce. Il applique sa méthode de Mind-Mapping* à tous les domaines. Il l'a d'ailleurs utilisée quand son fils à créé une ferme maraîchère à Montbonnot. Il estime qu'elle permet d'avoir « une vision complète de tout ce qu'il y a à faire et de clarifier les priorités ». Car l'outil recense l'ensemble des actions à réaliser dans un service. Une fois identifiées, elles sont classées par thème et par ordre (du plus général au plus détaillé). Ainsi, tous les acteurs d'un projet ont une vision globale des tâches et participent à leur organisation. Chacun se voit attribuer une bulle avec une action et une date butoir. « Je réalise ce bullogramme à la main. Pour chaque thème, j'utilise une page. Je place une bulle au milieu et d'autres qui représentent les tâches autour. Quand une tâche démarre, je commence à l'entourer au feutre, jusqu'à ce qu'elle soit finie. C'est très visuel », souligne Jean-Luc Schillinger.*Une Mind Map, encore appelée topogramme, schéma heuristique ou carte mentale, constitue un outil d'extraction et de mémorisation des informations. Il s'agit d'une méthode créative et logique pour prendre des notes et consigner des idées, qui consiste littéralement à « cartographier » la réflexion sur un thème.I.B.