François Berliet, l'homme qui appuie sur le champignon
« Quand on cherche une banque, il ne faut surtout pas se contenter d'aller en voir une seule. » François Berliet, producteur et vendeur de champignons à Saint-Alban-de-Roche, est catégorique : dès que l'on monte un projet, il faut tout de suite mettre les banques en concurrence. Pour obtenir les meilleures conditions bien sûr, mais aussi pour assurer ses arrières. « Quand j'ai voulu reprendre, j'ai été voir la banque du cédant, raconte ce jeune installé hors cadre familial qui a pris la suite d'un producteur de pleurotes à la suite d'un SREA (1). Le conseiller m'a dit qu'il me suivait pour le projet. » François ne s'inquiète donc pas. Dix jours avant le passage en CDOA, coup de théâtre : la banque refuse le financement. Le chargé de clientèle soutenait le projet, mais la hiérarchie l'a bloqué. « Heureusement, j'ai trouvé une autre banque qui m'a monté le dossier en une semaine. Le conseiller connaissait l'exploitation, il a pu faire pression et c'est passé ! »
Diversification
Ce « miracle » n'est pas vraiment un. Le candidat à l'installation qu'était alors François Berliet tient la route. Titulaire d'un BPREA en volaille-cuniculture, ce jeune père de famille (il a 37 ans et cinq enfants...) a d'abord travaillé dans le maraîchage. Il sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur, surtout qu'il doit faire vivre sa famille avec les revenus de son exploitation. « Si vous n'avez pas de patrimoine, il faut présenter de bons arguments aux banques et être conscient que la banque ne vous prêtera de l'argent que si pouvez vivre de votre activité », témoigne-t-il. En Rhône-Alpes, ils ne sont que quatre à produire des pleurotes. Berliet n'a donc aucun risque de surproduction (« C'est ma force », assure-t-il). Il s'est même diversifié en produisant des shiitake (ou lentins du chêne), ces champignons parfumés japonais, très à la mode depuis quelques années. Ce qu'il n'a pas vendu aux grossistes, il le transforme en le conditionnant sous-vide et en le vendant dans des magasins de producteurs. Dernier atout : sa formation volaillère. « Avec cette formation, j'ai un plan de sortie si jamais le champignon ne marche pas. Ça a bien plu à la banque. » Qu'on se le dise...
MB
(1) Stage de reprise d'exploitation agricole.