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Economie

Garder le cap et la confiance

A l'image du navigateur Marc Thiercelin, invité à l'assemblée générale de La Dauphinoise, la coopérative garde son cap. Les temps sont durs mais le groupe a des projets et des perspectives.
Garder le cap et la confiance

C'était leur première assemblée générale. Pour le nouveau binôme à la tête de la coopérative Dauphinoise, Jean-Yves Colomb et Georges Boixo, respectivement président et directeur du groupe, le rendez-vous donné aux adhérents à Montmélian, en Savoie, le 20 janvier, était important. Jean-Yves Colomb a été clair sur le message qu'il souhaitait délivrer à cette occasion : « J'ai envie qu'en repartant vous pensiez qu'il y a une équipe à la Dauphinoise qui suit un cap afin que vous accordiez encore un peu plus de confiance à la coopérative ». 

Rester compétitifs

A l'image de ceux des exploitations, « les résultats de l'exercice 2015-2016 de La Dauphinoise, marqué par une météo contrastée, dans un contexte agricole préoccupant, ne sont pas bons ». Pour y faire face, le groupe a réduit ses investissements à 5,8 millions d'euros, contre 19 millions en moyenne sur les trois derniers exercices. « Le bon sens a prévalu pour cette année. Nous réinvestirons lors de la campagne 2017-2018 », note le président. « Car, s'il est nécessaire que nous ayons des résultats, ce ne sera pas au détriment des adhérents. Mais il faut que nous restions compétitifs, que nous continuions d'avoir un outil performant », ajoute Georges Boixo. 

Résister

Le nouveau président n'a pas souhaité s'étendre sur la conjoncture agricole. « Elle est ce qu'elle est. Vous la connaissez. Nous voulons vous parler de perspectives et vous apporter des solutions », a-t-il indiqué en préambule. D'où l'exposition du cadre général du projet d'entreprise du groupe « Cap 2020 ». « Ce projet est le résultat d'un an de travail collectif. Elaboré avec l'ensemble des administrateurs, nous avons voulu placer l'adhérent au cœur de ses ambitions. Personnellement et professionnellement, j'ai toujours accordé une place prépondérante au collectif. La confiance, l'écoute, le partage, l'exigence mutuelle, sont les valeurs qui ont guidé mon engagement. J'estime que c'est le bonheur des personnes qui fait la réussite d'une entreprise », indique, avec enthousiasme Jean-Yves Colomb. « Notre objectif est de nous adresser à tous les adhérents. Nous voulons leur proposer un nouveau modèle coopératif basé sur l'investissement. Nous voulons leur donner la possibilité d'intégrer des filières pour qu'ils aient une meilleure valeur ajoutée », affirme Didier Crost, vice-président de La Dauphinoise. « Nous voulons renforcer les filières de qualité et les productions plus confidentielles, organiser un nouvel accompagnement autour du conseil et de l'expertise », ajoute Dominique Vial, directeur du pôle production.

Concernant les métiers liés aux semences, Jean-Yves Colomb l'affirme : « Nous partageons tous les mêmes inquiétudes quand aux retournements de situations passés en quelques années. Mais nous allons continuer à placer cette activité au cœur des filières. Le contexte est difficile, mais les opportunités vont revenir. Nous devrons être présents. Notre ambition est de rester le partenaire privilégié des semenciers par notre performance déjà reconnue ». Et de marteler : « Les difficultés sont d'ordre conjoncturel. Le groupe est suffisament solide pour résister ». L'objectif affiché est donc de maintenir 6 000 hectares en production. « C'est un seuil minimum. Nous savons que nous avons deux années plus compliquées à vivre compte tenu de la surproduction, mais nous nous donnons l'ambition de contractualiser avec de nouveaux donneurs d'ordres. C'est un travail commercial de longue haleine que nous démarrons », explique Georges Boixo.

Isabelle Brenguier

Il a fait rêver

« Faire un pas de côté et s'aérer l'esprit ». C'est ce qu'ont souhaité faire Jean-Yves Colomb, et le conseil d'administration de La Dauphinoise en invitant, pour leur assemblée générale, organisée le 20 janvier à Montmélian, Marc Thiercelin, grand navigateur breton et skipper professionnel, au palmarés impressionnant (cinq tours du monde en solitaire, dont deux fois deuxième en Vendée Globe, 22 Transatlantiques, quatre Cap Horn en solitaire).
« Nous aurions pu inviter un spécialiste de la question agricole. Mais la conjoncture nous la connaissons. Nous avons préféré sortir du milieu, en découvrir un autre, qui observe cependant des similitudes. Les marins ont des caps. Ils doivent emmener leur bateau, être réactifs, traverser des moments durs, faire face à la météo. Nous autres agricultureurs aussi, nous devons avoir un état d'esprit de marin. Nous avons voulu faire en sorte que les adhérents passent un bon moment, qu'ils sortent un peu de leur quotidien », explique Jean-Yves Colomb.
Marc Thiercelin a honoré la commande. Le navigateur est revenu avec simplicité sur son parcours hors du commun et a fait partager son expérience. Son témoignage a suscité de nombreuses questions et beaucoup d'admiration. Le temps d'un après-midi, il a fait rêver.
IB