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Réunion de territoire

Garder le lait en Chartreuse

Lors de l'assemblée de secteur de la FDSEA en Chartreuse, il a longuement été question de la baisse de la production de lait.
Garder le lait en Chartreuse

Comment motiver les adhérents ? En Chartreuse, la FDSEA a du mal à faire connaître son action, alors que les avancées profitent pourtant au plus grand nombre.

Des fermes qui ont grandi, une charge de travail trop importante par exploitant, pas assez de retour sur investissement pour ceux qui s'impliquent... « Ca use les gars », constatait un des participants à la réunion de secteur qui s'est déroulée début décembre à Saint-Laurent-du-Pont. « Il y a un burn-out collectif sur la Chartreuse », s'est inquiété Frédéric Descotes-Genon.

La principale préoccupation des agriculteurs de Chartreuse est la disparition du lait, par cessation d'activité ou parce que certains font le choix de la viande, pas plus rémunérateur, mais moins contraignant. « C'est une situation connue depuis 10 ans. Et ce sera pire dans les années à venir. Il y a un épuisement des adhérents, analysait le président de secteur. Les gens prennent des décisions radicales et arrêtent plutôt que de passer de 70 à 50 vaches et de produire mieux. » « C'est le résultat de la course au volume. Les gens n'y arrivent plus, ne sont plus entreprenants dans nos filières et on laisse faire l'agroalimentaire », a déclaré Jérôme Crozat, le président de la FDSEA Isère. Passer en bio ? Tout le monde ne le souhaite pas forcément, d'autant que les MAEC bio n'ont pas toutes été versées (les MAEC bio surfaciques 2016 devaient être versées le 21 décembre et les dernières MAEC bio, soit 2016 et 2017, devraient être liquidées en avril 2019). Et les agriculteurs se plaignent du prix du lait qui n'a pas bougé alors que la sécheresse les a touchés. Certes, pour compenser la baisse de fourrages, les éleveurs ont fait de l'ensilage maïs, et ont donc pu alimenter le bétail. En revanche, ils ont stocké des céréales habituellement dédiées à la vente. La Chartreuse devrait faire partie du périmètre de reconnaissance de calamité sécheresse. A ce titre, les éleveurs pourraient recevoir une aide de l'Etat entre 500 à 2 000 euros et bénéficier de l'aide de 15 millions d'euros débloquée par la Région, qui se déclinera sous la forme de prise en charge d'emprunts.

Relocaliser le lait

Avec la mise en œuvre de la loi sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, les agriculteurs devront encore se montrer vigilants, notamment les éleveurs. « Nous devrons nous battre dans nos OP et avoir la bonne stratégie », a poursuivi le président du syndicat. Il pense plus particulièrement à la segmentation du marché du lait, certains industriels ayant tendance à profiter de l'arrêt des exploitaitons laitières pour ne pas redistribuer les volumes en Isère. Pour Jérôme Crozat, il y aurait un intérêt à  « relocaliser le lait là où il y a le consommateur ». Avec près de 1,3 million d'habitants, les besoins de l'Isère sont importants. Aux professionnels de « se réapproprier la transformation. Nous devons agir par phase, une opération après l'autre. Et aller chercher des compétences », a-t-il ajouté.

Enfin, le président de la FDSEA a insisté sur l'intérêt d'investir dans les comices et le concours d'élevage - avec l'appui souhaité des intercommunalités - afin d'ouvrir l'agriculture au grand public. Ce sont les lieux privilégiés pour « parler d'élevage, faire une lecture de paysage, argumenter sur notre métier », a assuré Jérôme Crozat.

Isabelle Doucet